Tchad: Paris doit faire pression pour la tenue d'un dialogue national, selon Yorongar

Publié le par waldar

Tchad: Paris doit faire pression pour la tenue d'un dialogue national, selon Yorongar
L'opposant tchadien Ngarlejy Yorongar, à son arrivée en France, le 6 mars 2008 (© AFP - Martin Bureau)
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PARIS (AFP) - L'opposant tchadien Ngarlejy Yorongar, en exil à Paris, a appelé vendredi le président français Nicolas Sarkozy à "faire pression" sur N'Djamena pour le retour de "tous les opposants" au Tchad, et la tenue d'un "dialogue" intertchadien incluant même les mouvements armés.
"C'est la seule solution", a-t-il assuré dans un entretien téléphonique à l'AFP. "Il faut un accord politique qui regroupe tous les acteurs tchadiens autour d'une même table pour discuter de l'avenir du pays".

Ngarlejy Yorongar, porté disparu pendant près d'un mois avant de réapparaître le week-end dernier au Cameroun, est arrivé jeudi à Paris, où il a affirmé qu'Ibni Oumar Mahamat Saleh, autre figure de l'opposition tchadienne disparue dans des circonstances similaires, était probablement "mort".

Accusé "d'affabulations" par N'Djamena, M. Yorongar a répondu: "C'est le gouvernement tchadien qui se livre à une manipulation. Il veut rouler tout le monde dans la farine par des tissus de mensonges".

"C'est la garde présidentielle du président de la république qui m'a enlevé", le 3 février, dernier jour d'une offensive rebelle sur N'Djamena repoussée notamment grace à Paris, allié de M. Deby, a-t-il assuré.

"Ibni est mort", a-t-il répété à l'AFP, expliquant avoir été détenu dans une cellule adjacente à celle de l'opposant. "La panique qui s'est emparée de nos geoliers ne souffre d'aucune ambiguité", a-t-il encore dit, sans apporter plus de preuve sur la mort supposée de M. Mahamat Saleh.

"Idriss Deby voulait faire un nettoyage politique. S'il y a une élection transparente, il ne sera pas élu, ni aura de députés", a estimé le chef de la Fédération action pour la République (FAR), plusieurs fois candidat à la présidentielle tchadienne.

"En ce moment, l'opposition tchadienne est liquidée. Les opposants crédibles sont tous hors du Tchad. C'est ce qu'Idriss Deby cherche et c'est pour ça que j'en appelle à (...) M. Sarkozy pour faire la pression nécessaire pour que tous rentrent, pour un dialogue inclusif avec les mouvements armés, les partis politiques, la société civile et la diaspora", a-t-il déclaré.

M. Yorongar, à qui la France s'est dite prête à accorder le statut de réfugié politique, a indiqué disposer d'un visa de trois mois. "Je resterai (en France) pendant les trois mois. Le reste, je verrai après", a-t-il dit.

Pour l'heure, l'opposant assure ne s'être entretenu avec aucun responsable français. "J'ai demandé à rencontrer le ministre (Bernard) Kouchner (chef de la diplomatie française), j'attends la réponse", a-t-il dit.


"Si les autorités françaises estiment qu'elles peuvent me rencontrer, je suis prêt à sauter dans une voiture, ou dans le métro, pour y aller", a-t-il ajouté.

Interrogé sur les raisons qui l'ont amené à choisir la France, alliée de M. Deby, comme terre d'exil, M. Yorongar a répondu: "Je n'ai pas de réponse à vous donner", avant d'avancer qu'il y a fait des études et qu'il y est déjà venu pour s'y faire soigner.

En arrivant à l'aéroport jeudi, M. Yorongar avait déclaré qu'il allait "très mal" et qu'il craignait avoir été "empoisonné". Interrogé sur ce point, l'opposant a indiqué qu'il verrait son médecin lundi.
Publié le: 08/03/2008 à 18:48:57 GMT Source : AFP
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