Soudan/Tchad: signature d'un nouvel accord de paix mercredi à Dakar

Publié le par WALDAR WAL AKHBAAR

 

Le Soudan et le Tchad doivent signer mercredi à Dakar un accord pour une "solution définitive" à leur conflit qui perdure depuis 2003, mais demeurent prudents sur l'impact futur de cette signature après plusieurs tentatives de pacification ratées.

S'ils assurent avoir accepté son principe, Khartoum et N'Djamena n'ont pas encore pris d'engagement ferme en vue de cet accord qui doit être paraphé sous l'égide du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon à la veille du sommet de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) dans la capitale sénégalaise. Les présidents tchadien Idriss Deby Itno et soudanais Omar el-Béchir ont déjà signé par le passé plusieurs accords les engageant à ne plus soutenir les rebelles de l'autre pays, notamment sous l'égide de leur voisin libyen Mouammar Kadhafi, mais aucun n'a véritablement été respecté par les parties depuis. La dernière crise en date est intervenue début février avec une tentative de renversement du régime du président tchadien par des rebelles venus de bases arrières au Soudan, accusé aujourd'hui par N'Djamena de continuer à leur fournir armes et renforts.
En annonçant la signature de l'accord la semaine dernière à Paris, le président sénégalais Abdoulaye Wade a assuré que les deux parties étaient déjà "d'accord sur l'accord général" après des négociations qui "ont duré un mois" sous sa médiation pour une "solution définitive" au conflit. Pour la partie "mise en oeuvre" de l'accord, nouveauté initiée par le président sénégalais, une des parties "n'a pas encore donné son sentiment", avait-il toutefois précisé. A Khartoum, les autorités se félicitent de cette médiation, mais précisent qu'aucun engagement ferme n'a encore été pris. "Nous ne pouvons pas affirmer qu'un accord sera signé", mais "si le Tchad s'est engagé à relancer le processus (de paix), nous en serions très heureux", a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères Ali al-Sadiq.
Ce dernier a encore précisé que "rien n'a été arrêté noir sur blanc, et que le président (el-Béchir) a (seulement) accepté de rencontrer le président tchadien".
En outre, selon lui, "le Tchad devrait avoir tiré des enseignements après la récente expérience d'un coup d'Etat à demi réussi" contre le régime de M. Deby".
Côté tchadien, le ton reste optimiste, même si on s'en remet surtout à la bonne volonté soudanaise. "Le Tchad va à cette conférence avec l'espoir qu'enfin, le président soudanais prendra des engagements de bonne foi et qu'il les appliquera", a déclaré à l'AFP le ministre tchadien des Affaires étrangères Ahmad Allam-Mi, déjà présent à Dakar. "Sur le plan intérieur, le Tchad s'engage à appliquer tous les accords signés", a indiqué par ailleurs un proche collaborateur du président Deby. Le contenu de l'accord stipule "que chacun s'engage à cesser de soutenir les opposants de l'autre sur son propre territoire" et prévoit "le désarmement de tous les mouvements, à l'exception des armées des Etats", selon M. Wade. En annonçant la tenue de ce "mini-sommet", le président sénégalais avait affirmé le 2 mars que l'échec de précédents accords de paix signés entre les deux pays était dû au fait qu'ils "n'avaient pas prévu de dispositif de mise en oeuvre".
Trois jours plus tôt, il avait affirmé avoir reçu le soutien de l'Egypte et de la Libye pour conduire la médiation entre les deux pays, entamée selon lui sur demande du président tchadien. En février 2007, le Soudan, le Tchad et la Centrafrique avaient déjà signé un accord les engageant à ne pas soutenir de rébellions à partir de leur territoire en marge du sommet Afrique-France à Cannes (sud de la France). Aujourd'hui, la guerre civile se poursuit au Darfour, région de l'ouest du Soudan, depuis février 2003, et les tentatives de déstabilisation se multiplient contre de régime de M. Deby, soutenu par les militaires français stationnés au Tchad.

source :  tageblatt

Commenter cet article