Tchad-Soudan: retard et doutes pour un nouvel accord de paix

Publié le par WALDAR WAL AKHBAAR

DAKAR (AFP) — Un "sommet de la réconciliation" entre les présidents tchadien Idriss Deby Itno et soudanais Omar el-Béchir, suivi de la signature d'un nouvel accord de paix entre les deux pays, était toujours prévu jeudi à Dakar malgré les retards et les doutes de plus en plus importants.

Le gouvernement tchadien a en effet fait état jeudi matin d'une nouvelle offensive de rebelles venus du Soudan mais cette accusation n'a pas été confirmée par l'armée française et la force européenne déployée dans l'est du Tchad (Eufor).

Initialement prévue mercredi soir, la rencontre entre les deux chefs d'Etat a été reportée à 11H30 (locales et GMT) jeudi. Le président Béchir ne s'était pas présenté à la réunion, prétextant des "maux de tête".

Le sommet de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) s'étant ouvert avec retard, un éventuel mini-sommet Tchad/Soudan est donc retardé. A 12H45, les discours d'ouverture se poursuivaient.

"La réunion aura lieu, ils vont discuter. Le résultat dépend des discussions", a déclaré à l'AFP Mustafa Othman Ismail, ministre conseiller du président Béchir, avant l'ouverture du sommet de l'OCI. La présidence sénégalaise confirmait également cette rencontre.

Le président soudanais ne s'était pas présenté mercredi soir à la réunion à la présidence sénégalaise des chefs d'Etat tchadien, sénégalais Abdoulaye Wade et du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

Cette absence laisse planer des interrogations sur sa volonté réelle de signer un accord, d'autant que ce dernier a expliqué à son hôte sénégalais qu'il lui avait fait défaut à cause de "maux de tête".

"J'ai reçu un appel téléphonique du président el-Béchir, qui m'a dit: +président Wade, je regrette beaucoup, mais j'ai beaucoup voyagé (...) j'ai fait une trop longue distance et j'ai des maux de tête. Dans l'état où je suis, je ne peux pas venir, mais je vous demande de reporter la réunion à demain matin+", avait expliqué M. Wade.

A un journaliste qui demandait au président Wade si l'absence du président soudanais constituait un échec, M. Wade avait répondu en riant: "c'est méchant!".

A Dubaï, le président Béchir avait émis mardi des réserves sur la possibilité d'un nouvel accord de paix, expliquant que cinq accords de paix avaient déjà été signés avec le Tchad sans être respectés.

Il avait souligné qu'à l'occasion du dernier accord signé en mai à Ryad, il avait alors prié en compagnie de son homologue tchadien à l'intérieur de la kaaba, le lieu le plus sacré de La Mecque, ville sainte de l'islam.

"Si le président tchadien n'a pu honorer un accord conclu à l'intérieur de la kaaba, comment pourrait-on s'attendre à ce qu'il respecte un accord qu'il signerait à Dakar?", s'était-il demandé.

Ce sommet est prévu après une tentative de renversement du régime du président tchadien début février par des rebelles venus de bases arrière au Soudan, pays accusé par N'Djamena de continuer à leur fournir armes et renforts.

De son côté, N'Djamena soutient certaines factions de la rébellion soudanaise du Darfour, notamment le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), dirigé par des Zaghawas, l'ethnie du président Deby.

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