Sommet tchado-soudanais à Dakar sous l'égide d'Abdoulaye Wade

Publié le par WALDARI WA AKHBAARA

Par  Pascal Fletcher et Diadié Bâ  

Les présidents soudanais Omar Hassan el Béchir et tchadien Idriss Déby se sont rencontrés jeudi à Dakar en marge du sommet de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) pour tenter de désamorcer la tension entre les deux pays.

Les dirigeants du Soudan et du Tchad débattent, sous la médiation de leur homologue sénégalais Abdoulaye Wade, des termes d'un pacte de non-agression. "Il y a du travail. Ils discutent des détails d'un texte", a indiqué une source proche des pourparlers.
En début de matinée, le gouvernement de N'Djamena avait fait état d'une nouvelle incursion armée de rebelles tchadiens en provenance du Soudan - une accusation rejetée par Khartoum, qui a parlé à son sujet d'"absurdité". La confrontation entre les deux pays a occulté l'ouverture du sommet de l'OCI.

Wade, qui cherche à jouer un rôle de médiateur dans plusieurs conflits africains, a élaboré un projet d'accord de non-agression entre le Tchad et le Soudan qui, dans l'esprit du médiateur sénégalais, devrait être paraphé à Dakar en marge du sommet islamique.

Mais les Soudanais ont déjà fait part de leur scepticisme quant à l'utilité d'un tel accord, dont les cinq précédents signés sous l'égide de la Libye ou de l'Arabie saoudite sont restés lettre morte.

L'entrevue entre Béchir et Déby, qui a repoussé in extremis, début février, une offensive rebelle au coeur de N'Djamena, devait d'abord avoir lieu mercredi.

Elle a dû être reportée de 24 heures en l'absence du président soudanais qui, invoquant une migraine, a fait attendre pour rien pendant près de trois heures les officiels au palais présidentiel.

UNE "ABSURDITÉ" SELON KHARTOUM

Pour le moment, l'accusation de N'Djamena n'a reçu aucune confirmation de source indépendante. Mais des sources internationales basées au Darfour ont signalé que des rebelles tchadiens s'étaient massés en début de semaine dans le secteur.

"Le gouvernement tchadien informe l'opinion nationale et internationale que le Soudan a lancé mercredi 12 mars 2008 plusieurs colonnes fortement armées contre le Tchad", a affirmé jeudi matin N'Djamena, dont le communiqué parle de "mercenaires", terme habituellement utilisé par le régime tchadien pour désigner les rebelles.

D'après le gouvernement, les insurgés ont franchi la frontière à Moudeina, localité frontalière du Darfour.

"C'est absurde. Je peux vous assurer que c'est une absurdité", a martelé devant la presse le ministre d'Etat soudanais aux Affaires étrangères, Al Samani al Ouassilia. "Il n'existe aucune force d'opposition (tchadienne) au Soudan. Nous avons fermé complètement nos frontières à ces forces."

De leur côté, les rebelles tchadiens de l'Alliance nationale ont opposé un démenti aux informations du gouvernement, affirmant qu'ils opéraient déjà à partir du territoire tchadien.

Pour les chancelleries, l'ouest du Darfour sert régulièrement de base arrière aux rebelles tchadiens pour des incursions transfrontalières. En retour, Khartoum accuse N'Djamena de soutenir les rebelles du Darfour.

source: Reuters

Version française Jean-Loup Fiévet

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