Tchad: un chef rebelle menace d'attaquer le sud pétrolier, un autre dément

Publié le par WALDARI WA AKHBAARA

petrole-1-.jpgLIBREVILLE (AFP) - dimanche 16 mars 2008 - 21h10 - Un des principaux chefs rebelles tchadien Timan Erdimi a menacé dimanche d'attaquer le "sud pétrolier" du Tchad alors qu'à l'inverse un autre important chef rebelle, le général Mahamat Nouri a estimé qu'il fallait "préserver le secteur pétrolier".

 

"Nous pouvons attaquer le sud pétrolier, nous pouvons transporter le désordre au sud pour faire comprendre à la France et aux Etats-Unis qu'il n'est pas leur intérêt de soutenir" le président Idriss Deby Itno, a affirmé à l'AFP Timan Erdimi, leader du Rassemblement des forces pour le changement (RFC), joint par téléphone depuis Libreville.

"Nous sommes en train d'y réfléchir (attaquer le sud). M. Deby s'entête à ne pas négocier avec l'opposition politico-militaire (rébellion). Et, il le fait parce qu'il bénéficie du parapluie français et américain. Mais, M. Deby ne contrôle que N'Djamena et en partie Abéché (est). On (la rébellion) peut se déployer au nord, au sud, comme on veut", a poursuivi ce chef rebelle.

M. Erdimi avait participé à l'alliance des mouvements de rébellion qui ont failli renverser le président Deby, pénétrant dans N'Djamena début février, avant d'être repoussés in extremis.

"On peut très bien attaquer le sud et le pétrole. Mais, je ne peux pas vous donner de détails" sur les formes que prendraient ces attaques, a-t-il ajouté, en soulignant qu'il "allait en parler" avec les autres mouvements de la rébellion.

Interrogé sur ces propos au téléphone également depuis Libreville, le général Mahamat Nouri, qui dirige l'Alliance Nationale (AN), regroupant plusieurs mouvements de rébellion, a estimé qu'il fallait "préserver le secteur pétrolier".

"Ses déclarations (de M. Erdimi) n'engagent que lui. Il ne faut pas menacer comme cela. Le secteur pétrolier est pour tous les Tchadiens. Il faut le préserver et ne pas faire de chantage", a affirmé M. Nouri.

"Deby est suffisamment affaibli", a ajouté M. Nouri, réaffirmant sa volonté de renverser le régime.

Le mouvement de la rébellion qui avait présenté un front uni lors de l'attaque sur la capitale tchadienne s'est à nouveau divisé depuis.

L'AN est composée de l'Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) du général Nouri, de l'UFDD Fondamentale (UFDD-F) d'Abdelwahid Aboud Makaye, et du Front pour le salut de la République (FSR) d'Ahmat Soubiane.

Le RFC de Timan Erdimi avait quitté l'alliance après l'offensive.

Par ailleurs, des membres du RFC en désaccord avec Timan Erdimi sont sur le point de créer un nouveau groupe, a récemment déclaré à l'AFP l'un de ces dissidents, qui a requis l'anonymat. Il a accusé le RFC d'avoir "refusé de rester dans l'alliance uniquement pour des motifs tribaux".

Début février, partis de bases arrière au Soudan, les rebelles avaient lancé une offensive pour renverser le président Deby qu'ils ont acculé dans son palais présidentiel de N'Djamena les 2 et 3 février. Le président Deby, soutenu par la France, avait repoussé in extremis l'attaque des rebelles qui avaient notamment manqué de munition.

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