Grandeur et décadence du bon docteur (Kouchner) - agoravox.fr

Publié le par WALDARI WA AKHBAARA


JoëlP (St Ju)

Le bon docteur K. avait à son actif un départ de carrière fulgurant. Il est devenu rapidement une figure de l’humanitaire puis un promoteur du devoir d’ingérence. Aujourd’hui il siège dans un gouvernement de droite dur... pour les faibles. Confronté à un conflit d’intérêt avec la nomination de sa compagne à la direction de France-Monde, sera-t-il encore ministre après les municipales ?

Il était une fois un jeune docteur très ambitieux bien décidé à sortir de la médecine de quartier ou plus exactement à ne pas y entrer. En mai 68, il monte sur les barricades du comité de grève de la fac de médecine. Puis il fonde une association humanitaire, médecin sans frontières MSF, il s’engage dans l’humanitaire au Biafra où sévit une guerre post-coloniale très meurtrière.

En 1979 il quitte MSF pour fonder Médecins du monde. Les missions se multiplient, en Ouganda, au Liban, au Tchad, en Erythrée, au Soudan, en Afghanistan, au Salvador, au Bangladesh... Un beau parcours.

 Jean-François Revel, en 1979, invente la formule "le droit d’ingérence", qui sous la plume de Bernard Kouchner devient en 1987 "le devoir d’ingérence".

Tenté par la politique politicienne, il devient en 1988 Secrétaire d’Etat chargé de l’insertion sociale, puis Secrétaire d’Etat à l’action humanitaire, puis Ministre de la santé. Mari de Christine Ockrent, il commence à agacer sérieux. Fin 1992, il s’exhibe avec un sac de riz sur le dos, en Somalie. C’est pour la photo, que pour la photo. L’ego que l’on n’avait feint de ne pas trop remarquer se met à gonfler, gonfler...

Paraphrasant Boris Vian qui s’attaquait un autre docteur humanitaire de l’époque, j’avais envie de gueuler de plus en plus fort :  

Qu’il soit midi, qu’il soit minuit,
Vous me faites chier, docteur Kouchner
Si vous entrez dans la légende
Mettez des semelles de caoutchouc
Vos godasses de vieux trappeur
Ça fait du bruit sur les cailloux.

Après l’effondrement électoral du PS en 1993 il devient député européen sur la liste PS de M. Michel Rocard puis adhère au Parti radical en 1996, dont il devient président délégué, mais échoue dès le premier tour à une élection législative partielle. Après la dissolution de 1997 il revient vers les socialistes, et c’est in extremis qu’il est nommé Secrétaire d’Etat à la santé dans le gouvernement Jospin, sous la férule de Martine Aubry ... Il étouffe.

 

En juillet 1999, il devient, à 60 ans, haut commissaire chargé de l’administration civile au Kosovo. La tâche sera rude. Il quitte le Kosovo en janvier 2001, épuisé après avoir construit la Grande Albanie et sans doute laissé quelques belles sources de conflits pour les années à venir. En 2001, il est nommé ministre délégué de la santé, sous l’autorité d’Elizabeth Guigou. En 2003 il fait un rapport sur le comportement de Total en Birmanie. Un rapport très discutable et discuté.

 

Le déclin continue... BK soutient l’invasion de l’Irak par les américains qui lui décernent le titre de héros. De plus en plus, l’homme qui s’était investi dans l’humanitaire devient une baudruche ea28a9e6736ca51581a35cabfdcfa098.gifd’ego gonflée de vent. En 2007 il soutient la candidature de Ségolène Royal. Il voudrait une alliance avec François Bayrou. Il critique Nicolas Sarkozy, puis devient le ministre des Affaires Etrangères de celui-ci. Il cautionne les expulsions d’étrangers manu militari de son proche collègue Brice Hortefeux. Il sert la soupe de la politique internationale pro américaine et pro sioniste de son président.

 

Sa compagne Christine, la reine des ménages, est nommée à la direction de France Monde. Bernard sera-til victime du petit remaniement post-municipal de son ami Nicolas ? Qu’importe, de toutes façons, c’est le déclin... Un déclin bien triste pour quelqu’un qui avait la chance d’avoir à 40 ans une si belle image.





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