Tchad:Les menaces de Erdimi suscitent l'embarras au sein du RFC - rfi.fr

Publié le par WALDARI WA AKHBAARA

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Timane Erdimi, président du RFC.
(Photo : L. Correau/RFI)
                        Le chef rebelle Timane Erdimi a déclaré ce lundi à RFI qu'il était prêt à attaquer les zones pétrolifères du sud du Tchad si le gouvernement refusait de réunir une conférence nationale. Pour le ministre tchadien de l'intérieur, Ahmat Mahamat Bashir, il ne faut pas prendre de telles menaces au sérieux. Les menaces de Timane Erdimi provoquent au mieux de l'embarras, au pire de la colère, dans les rangs de son mouvement, le RFC.

Le Rassemblement des forces pour le changement (RFC) dit ne pas se sentir concerné par l'accord signé la semaine dernière entre Ndjamena et Khartoum au Sénégal. C'est un accord entre Etats, dit le RFC, qui continue de son côté à réclamer un dialogue inclusif au Tchad. Et à en croire son chef, Timane Erdimi, le mouvement rebelle envisagerait désormais d'attaquer la région pétrolière de Doba, dans le sud du Tchad, si la France et les Etats-Unis ne font pas pression sur Idriss Déby pour le contraindre au dialogue.

Timan Erdimi:Président du Rassemblement des forces pour le changement

« Les Américains et les Français ont des armes pour obliger Déby à s'asseoir avec nous à la table des négociations ».

Pour le ministre Tchadien de l'Intérieur, Ahmat Mahamat Bashir, il ne faut pas prendre de telles menaces au sérieux. « Nos vaillantes forces de défense et de sécurité contrôlent l'ensemble du territoire national. »

Dans les rangs du mouvement de Timane Erdimi, le RFC, on fait en tout cas bien comprendre qu'il ne faut pas leur accorder plus d'importance que cela. « Ca n'est pas une position du mouvement, nous n'avons jamais menacé les intérêts tchadiens », estime un cadre du mouvement. « C'est de la fanfaronnade », estime même un autre.

Polémique dans au sein du RFC

« Certains cadres se plaignent de pas avoir été consultés avant que le chef rebelle ne lance ses menaces depuis Khartoum. »

Les réactions, au sein même du Rassemblement des forces pour le changement sont d'autant plus mitigées que, selon nos informations, le RFC a engagé des contacts avec le gouvernement tchadien depuis que Mahamat Nouri a été placé à la tête de l'Alliance nationale par les Soudanais. Le RFC a présenté quatre préalables lors d'un premier contact qui a eu lieu récemment :

- Médiation d'un pays africain et de la communauté internationale
- Dédommagement des combattants du RFC
- Participation du RFC à la gestion de la chose publique
- Forum national pour parler de la crise tchadienne.

Dans l'entourage de Timane Erdimi, on cherche manifestement à sauver les apparences en expliquant que le président du RFC a voulu appuyer ce processus de dialogue par ses déclarations. « Il faut que la France et les Etats-Unis fassent pression sur Idriss Déby pour qu'il accepte une solution négociée », explique un proche de Timane Erdimi.

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