TCHAD - Fin de la grève de la presse : Les journaux indépendants de nouveau dans les kiosques cette semaine - lequotidien.sn

Publié le par WALDARI WA AKHBAARA

ndj-hebdo.jpgLes journaux indépendants tchadiens ont décidé de mettre fin, cette semaine, au mouvement de grève déclenché il y a un mois pour protester contre l’’état d’’urgence et la censure, a appris Apa des sources autorisées. Cette décision a, semble-t-il, été motivée par la fin de l’’état d’urgence, décrété le 15 février par le président de la République, au lendemain de l’’attaque de la capitale tchadienne par une colonne rebelle en provenance de l’est du pays.

Outre la mise sur pied d’un comité de censure contre les médias, indépendants surtout, l’état d’urgence a été marqué par des perquisitions et des arrestations sans mandat, le renforcement des contrôles sur les aéroports, les routes et les frontières. Dans un communiqué rendu public samedi 15 mars, le gouvernement tchadien a déclaré la fin de l’état d’urgence et des mesures draconiennes et privatives des libertés qui l’accompagnaient. L’Association des éditeurs de la presse privée du Tchad (Aept), qui avait appelé le 16 février les journaux membres à cesser toute parution jusqu’à la fin de l’état d’urgence, a donc aussi décidé de lever son mot d’ordre de grève. Seul le journal progouvernemental Le Progrès, pourtant membre de l’Aept, n’a pas respecté le mot d’ordre et a continué de paraître durant la période de grève.

La fin du mouvement de grève a été décidée par l’Aept alors que la plupart des responsables des différents journaux indépendants se trouvent encore hors du pays. Ils ont fui le Tchad au plus fort des combats qui ont fait rage à N’Djamena du 1er au 3 février, à cause des menaces multiformes qui pesaient sur eux.

Les journaux indépendants emboîtent ainsi le pas aux radios privées, qui ont suspendu, dès dimanche 16 mars, la grève déclenchée pour protester l’état d’urgence, une mesure prorogée le 1er mars dernier pour deux semaines par l’Assemblée nationale.

Toutefois, c’est dans un nouveau cadre institutionnel totalement hostile que la presse indépendante tchadienne devra désormais travailler. En effet, le pouvoir exécutif tchadien, qui entretenait déjà des relations très tendues avec la presse indépendante, a profité de l’état d’urgence pour abroger la loi sur la communication au Tchad et la remplacer par une ordonnance très répressive contre la presse indépendante.

 

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