18-Juin: Le Tchadien répond à l'Appel

Publié le par Waldar

Il y a 70 ans, le général de Gaulle lançait l'Appel du 18-Juin. «Le Tchad y a répondu le premier», martèle Abdel-Nasser, un étudiant tchadien à Lannion. Fier de raconter l'épopée de son grand-père avec le général Leclerc

 

 

Depuis plusieurs jours, Abdel-Nasser Garboa lit tout ce qui s'écrit sur la commémoration de l'Appel du 18-Juin. Mais une chose l'agace. «Vous oubliez de dire que le Tchad a été le premier territoire à répondre à l'appel du général De Gaulle», lance ce Tchadien, âgé de 29ans, étudiant en licence de communication à l'IUT de Lannion. Cette histoire, Abdel-Nasser la connaît visiblement par coeur. «Le gouverneur du Tchad, Félix Éboué, a pris la décision de rallier la France Libre, dès le 26août 1940. C'est du Tchad que le général Leclerc est parti, pour lancer la première bataille de la France Libre, à Koufra,uneoasis dans le désert libyen».

La guerre de son grand-père

Et parmi ceux qui suivirent le général Leclerc dans cette épopée qui devait les mener jusqu'en Allemagne, il y avait AliBarka, son grand-père. «Il était un soldat, l'un des premiers engagés dans la colonne de marche du Tchad, qu'on a appelée colonne Leclerc.» Une force composée «de 4.000hommes dont 600 Français», explique Nasser, pour soulignerquela majorité était desAfricains. «Mon grand-père a débarqué en Normandie, il est allé à Paris. Les premiers qui sont entrés dans Paris, c'était la force de Leclerc, c'étaient des Noirs!» Un aspect enfoui de la Seconde Guerre mondiale, que le jeune Tchadien veut faire ressortir, comme l'afaitrécemment le film «Indigènes». Abdel-Nasser a étudié de près cette période de l'Histoire. Il a aussi entendu son grand-père, décédé lorsqu'il avait 10 ans, la raconter. «Pour eux, la guerre ce n'était pas les tranchées. Ils partaient à l'assaut. Pour mon grand-père, la France était le meilleur pays qui soit.»

Sur la place du Général-Leclerc

Pour sa première sortie à Lannion, en début d'année universitaire, Abdel-Nasser a découvert le bar Le Flambard, sur la place que tous les Lannionnais appellent du Centre. Mais où le Tchadien a immédiatement remarqué la plaque «place du général-Leclerc». «J'ai dit à mes amis: si vous avez cette plaque, c'est parce que la France a eu le Tchad. Si le général Leclercn'avait pas lancé son épopée, laFrance n'aurait pas été libérée.»

Indépendant depuis 50 ans

Alors que le Tchad célèbre cette année le cinquantenaire de son indépendance, Abdel-Nasser a coché une date sur son calendrier: celle du 17juillet, à Strasbourg, où un hommage sera rendu aux combattants de la Marche du Tchad. «J'irai à Strasbourg. C'est une affaire personnelle, pour moi.» Avant d'envisager un autre combat: obtenir une pension pour sagrand-mère, veuve d'ancien combattant mais qui ne reçoitaujourd'hui rien de la France.

  • Jean-Luc Le Roux

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