FRANCOPHONIE : Que gagne l'Afrique?

Publié le par Hamid K.







Trente-huit ans après sa naissance sous l'appellation ACCT (Agence de coopération culturelle et technique), la Francophonie semble marquer le pas. Parce que le continent qui porte ce noble projet, l'Afrique, se sent quelque peu grugé, il y a comme un désintérêt croissant pour la langue de Molière et la civilisation qu'elle incarne. L'Afrique a le plus grand nombre de locuteurs francophones. A ce titre, elle permet à la langue française de se revivifier, de se renouveler, d'exister hors de ses terres d'origine. Mais en retour, que gagne-t-elle pour son apport au rayonnement de cette langue et de la France? Il est clair que la balance pèse en faveur de la France dont la promotion est faite à moindres frais. Paris, épicentre de la Francophonie, n'est pas très juste avec l'Afrique. La solidarité voulue par les pères fondateurs comme Hamani Diori, Léopold Sédar Senghor et Habib Bourguiba s'exprime très peu. Au nom de considérations de politique intérieure, la France développe une phobie de l'étranger dont les Africains francophones sont les premières victimes. Pour Sarkozy et son équipe, la France passe avant toute autre forme de communauté linguistique internationale, fût-ce au détriment de sa propre image et de celle de son pays. Et de fait, la politique française est suicidaire pour la francophonie si elle n'accorde pas une place de choix aux relations humaines. Un phénomène de désintérêt pour la France est d'ailleurs perceptible chez les jeunes Africains dont beaucoup rêvent désormais de l'Amérique. Même ceux qui choisissent la destination Europe préfèrent d'autres pays que la France. Tous ces jeunes adoptent bien sûr la langue et donc la culture de leurs nouveaux pays d'accueil, avec une prédominance de l'anglais. Si donc la France et le français ne font rien dans le sens d'encourager les francophones africains à rester dans leur giron et faire leur promotion, le choix est désormais clair pour les jeunes : aller vers des cieux plus cléments et adieu Molière.




Par Mahorou KANAZOE ( le pays)

 

 

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