Tchad : Deby se résout à appâter la rébellion et jure de cantonner son armée à l’intérieur des frontières du Tchad.

Publié le par Hamid K.

Dans un communiqué signé hier par son directeur de cabinet, Deby concède le statut des « politico-militaires » à l’opposition armée et se déclare favorable à une ouverture en vers eux mais aussi en direction de l’opposition intérieure, les opposants en exil et la société civil. Notre cher Idriss Deby Itno se découvre et découvre que « nous tous (sans exclusion) cherchons la paix, et la concorde nationale ».  link

 

    a)   Le grand pas

Dans un communiqué signé hier par son directeur de cabinet, Deby concède le statut des « politico-militaires » à l’opposition armée et se déclare favorable à une ouverture en vers eux mais aussi en direction de l’opposition intérieure, les opposants en exil et la société civil. Notre cher Idriss Deby Itno se découvre et découvre que « nous tous (sans exclusion) cherchons la paix, et la concorde nationale ».

On peut remarquer que contrairement aux canaux habituels (Doumgor ou Direction Générale de la Com PR), ce communiqué est signé par Mahamat Hissein, le patron du parti présidentiel le Mouvement Patriotique du Salut (MPS).  

Malgré la contorsion des mots dans derrière ce texte, il y a en filigrane quelque chose qui ressemble à ce que les autres qualifient toujours d’inclusif (ve).

 Est-ce un véritable fléchissement de position de régime ou une fallacieuse posture pour amortir les pressions externes notamment du parrain Français ?

On se souvient qu’il y a quelques jours, on qualifie les politico-militaires des mercenaires et que la chose inclusive est anticonstitutionnelle par qu’elle cherche à associer les hors la loi.

La prochaine étape est la définition du contour de cette ouverture. Ce qui fera probablement par une prochaine interview de Mahamat Hissein à RFI.  

En tout cas l’ouverture inclusive est maintenant acquise. Puisque selon les termes du communiqué, elle est en direction tous les acteurs de la vie politique tchadienne.

Il reste maintenant à définir, les modalités du processus qui doit être forcement inclusif, et qui aboutira à la mise en œuvre effective de l’ouverture.

  

b)      Le recule dans les frontières.

De toute évidence, ce communiqué est l’acte le plus réfléchis du régime de Deby de très long temps. Les temps des propos belliqueux et du langage guerrier est révolu. Non seulement Deby concède une éventuelle ouverture à l’ensemble de l’opposition mais il déclare très poliment que désormais «  l’armée tchadienne se cantonnera à l’intérieur de ses frontières pour défendre l’intégrité du territoire national ». On se félicite de l’accord de Dakar. Oublié le droit de poursuite à l’intérieur du Soudan ! Les mots sont choisit et les propos sont mesurés.

Hélas, malgré sa richesse ce communiqué d’ouverture si tardive, ne peut empêcher la reprise des hostilités dans les prochains jours. Les tchadiens, incrédules face à cette  situation se préparent déjà à pleurer leurs morts.

 Contrairement au processus de l’ouverture, celui du préparatif de la guerre est trop avenacé de deux coté.

Hier quand Deby ordonne la publication du dit communiqué, il a déjà  donné l’ordre de creuser du coté de Lamadji, une nouvelle tranchée pour barrer la route à l’attaque imminente des rebelles.

Monsieur Abdoulaye Wade aurait dû se pencher avec beaucoup d’attention  sur l’histoire politico-militaire du Tchad, pour proposer un plan de sortie de crise au lieu de se contenter d’un vulgaire accord entre le Tchad et le soudan, qui exclut les premiers concernés.

la redaction

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