Françafrique: et si Nicolas Sarkozy n’était qu’un tragicomédien à la solde des dictateurs africains…

Publié le par Hamid K.

Par Valentin Siméon Zinga


Le tout dernier remaniement du gouvernement français a créé une situation sans précédent en France : ce sont les dictateurs africains qui choisissent désormais le ministre de la Coopération française. Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat à la Coopération de l’ancien gouvernement, a donc fait les frais du choix ou de la décision de Omar Bongo et Sassou Nguesso de le voir quitter au plus vite la Coopération. Un signe inquiétant de faiblesse de la part de Nicolas Sarkozy et de la France. Décryptage !

Sans interpréter sa rétrogradation comme une sanction de Nicolas Sarkozy pour ses prises de position sur la ”Françafrique”, dont il avait appelé de tous ses vœux la signature de l’acte de décès, Jean-Marie Bockel affirmé le 20 mars dernier ”ne pas retirer un mot” ce qu’il avait pu dire sur les relations entre la France et les régimes africains au secrétariat d’Etat à la Coopération. Le moins que l’on puisse dire, à notre plus grand étonnement, c’est que Nicolas Sarkozy vient de montrer à la face du monde qu’il est un tragique plaisantin à la solde des dictateurs africains dont les plus influents sont Omar Bongo Ondimba et Sassou Nguesso (un curieux hasard fait que ces deux chefs d’Etat soient ceux qui viennent d’être épinglés et dénoncés par la police et la presse française comme étant parmi les plus grands propriétaires immobiliers en France).

Certains membres du tout nouveau gouvernement français ont analysé le changement de portefeuille de M. Bockel comme une ”rétrogradation” due pour partie à ses prises de positions sur la ”Françafrique”, dont il avait appelé M. Sarkozy à ”signer l’acte de décès”.
Le commentaire du gouvernement gabonais ne laisse planer aucun doute sur les pressions qu’auraient faites les autorités gabonaises sur Nicolas Sarkozy. Son départ a notamment été bien accueilli à Libreville et le porte-parole du gouvernement gabonais ne s’est pas fait prier pour qualifier son retrait de la Coopération comme un signe intéressant : ”Pour nous, c’est un signe intéressant”, a déclaré mercredi le porte-parole du gouvernement gabonais René Ndemezo Obiang. ”M. Bockel avait pris des positions assez particulières, c’est le moins qu’on puisse dire et nous notons qu’il n’est plus à ce poste-là”, a-t-il ajouté, selon l’AFP. La classe politique française et les Français apprécieront !

La réaction très diplomatique (il ne pouvait en être autrement !) et teintée d’agacement du Quai d’Orsay, sur les pressions qu’auraient faits des chefs d’Etat africains, conforte la thèse de celles-ci : ”Je n’ai pas de commentaire à faire sur ce point”, a déclaré à la presse la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Pascale Andréani, interrogée pour savoir si des pays africains avaient demandé le départ de M. Bockel (là encore, je m’appuie sur une dépêche de l’AFP).

Selon une source proche du pouvoir gabonais, ”Libreville a bien demandé un changement de tête à la Coopération ”. Une source diplomatique à Paris ne l’infirme pas. Celle-ci a indiqué à l’AFP qu’”il y a eu des pressions de chefs d’Etat africains au plus haut niveau pour avoir la tête de Bockel”, citant notamment le Gabon et le Congo. Enfin et selon l’AFP toujours, un ministre français ayant requis l’anonymat n’a pas exclu mercredi ”qu’il y ait eu des pressions, notamment d’Omar Bongo, pour faire partir Bockel du Quai d’Orsay”.

La reculade de Nicolas Sarkozy

On peut dès lors se demander de quelle rupture a parlé Sarkozy durant ses dernières pérégrinations en Afrique bouclées par un discours assez expressif sur son désir d’assainir la coopération entre la France et l’Afrique et de rompre avec des pratiques moyenâgeuses. Lors de son passage au Cap, capitale législative d’Afrique du Sud, il y a quelques semaines, il indiqua à la face du monde qu’il engagerait sans délai la ”renégociation de tous les accords militaires entre la France et l’Afrique”. ll promit, dans la foulé de cette étape sud africaine, un changement important des politiques de la France pour le continent africain, où la France a joué un rôle colonial clé jusque dans les années 1960.

Sarkozy martela que la France ne jouera jamais un ”rôle politique” en Afrique, et qu’elle aidera le continent à se lancer dans la mondialisation. Dans son discours devant le Parlement sud-africain au Cap, M. Sarkozy indiqua que : ”Les accords de défense doivent refléter l’Afrique d’aujourd’hui, pas d’hier (…) Nous sommes maintenant au 21e siècle contrairement au 20e siècle. Il est incroyable que l’armée française doive participer aux conflits domestiques”, précisa-t-il.

Nous avons cru qu’il s’agissait là d’un tournant décisif et irréversible des politiques controversées de la France en Afrique, qui dispose encore de plusieurs milliers de troupes dans ses anciennes colonies, telles que Djibouti, le Sénégal, le Gabon, la Côte d’Ivoire, le Tchad et la Centrafrique.
Dans un entretien avec le journal de Johannesburg, Star, M. Sarkozy n’y alla pas du dos de la cuillère pour dire que les choses ont changé : ”Je crois que les temps ont changé et que la France ne doit pas nécessairement jouer le rôle de gendarme en Afrique.” Se voulant plus précis et concret : ”C’est le rôle de l’Union africaine (UA) et des organisations régionales africaines”, indiqua-t-il, avant d’ajoutant que la France est prête à aider l’Union Africaine et ses organisations ”à jouer un rôle plus actif et décisif dans le maintien de la paix en Afrique.” Quoi de plus logique.

Nous avons eu la faiblesse de croire que c’était un pas important franchi par la France pour rompre définitivement avec les soutiens aveugles aux dictateurs qui ont droit de vie ou de mort sur les populations et qui ne sont maintenus au pouvoir que grâce à l’appui militaire et logistique de la France. Nous avons voulu croire que cette démarche du président français est significative pour la décolonisation totale de l’Afrique. Et ce n’est pas le président sud africain Thabo Mbeki qui me démentirait : “ C’est un message important pour nous en tant qu’Africains ”, déclara-t-il à chaud au message sarkosien.

Mais le fait que, toute honte bue, Nicolas Sarkozy ait reculé face aux pressions des chefs d’Etat africains montre bien que la fin de la “ colonisation ” française en Afrique noire francophone et des accords indécents avec des dictateurs africains n’est pas pour bientôt. On peut bien se dire, avec stupeur, que la splendeur de notre désillusion est bien plus qu’à la hauteur des espoirs placés en Nicolas Sakozy au lendemain de son engagement de rompre avec la francafrique.
Mais toute la question est de savoir quelle est la contrepartie de cette décision de Sarkozy de “ baisser la culotte ” devant Bongo Ondimba ? Car l’acte qu’il vient de poser en sortant Marie Bockel de la Coopération (pour une rétrogradation latérale au Secrétariat d’Etat aux Anciens Combattants) parce que celui-ci empêchait des chefs d’Etat “ totos & gourmands ” tels Bongo, Sassou, Biya ou Déby de dormir est un signe de faiblesse de la part de Nicolas Sarkozy et de la France. Hélas !

Par Bertrand Feumetio (*)
(*) Bertrand Feumetio est Economiste à Bruxelles et par ailleurs écrivain engagé. Et son tout nouveau livre “ Le Gabon un pays si riche…mais très pauvre ”, présenté il y a quelques jours à la Foire du Livre de Bruxelles et au salon du Livre de Paris, vient de paraître aux éditions Publibook à Paris.

SOURCE:  la nouvelle expression

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julie 15/04/2008 18:26

j'ai trouvé cette pétition pour la déstitution de sarko, je la trouve intéréssante, j'ai signé et je vous invite a signé www.antisarkozysme.com

leblanc 31/03/2008 02:53

Pétition pour la déstitution de nicolas sarkozy de ses fonctions de présidents de la république,
Plus nous serons nombreux à signer cette pétition et plus, avec le secours de l'Assemblée Nationale, du Sénat, du Conseil Constitutionnel et de tous les corps constitués réunis, nous pourrons, nous le peuple, ensemble, mettre un terme au gâchis :
pétition a signer sur : http://www.antisarkozysme.com