Mahamat Nouri : je ne peux pas dire quand nous allons attaquer

Publié le par Hamid K.

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                                        (mutations 27 mars 2008)


Le chef rebelle parle des rumeurs qui circulent autour d'une éventuelle attaque des rebelles.

Une rumeur d'une imminente attaque des rebelles circule en ce moment à N'Djamena, vous confirmez ?
Je ne peux pas confirmer, parce que les rebelles quand ils veulent attaquer, ils vont attaquer.

Mais à N'djamena, une attaque imminente des rebelles est à l'ordre du jour…
Je ne sais pas si cette attaque se déroulera d'un moment à l'autre. Incessamment ou pas. Mais je puis vous dire que l'objectif final, c'est N'Djamena. Je ne peux pas vous dire quand nous allons attaquer. Est-ce que nous sommes prêts ou pas. Mais l'objectif, c'est N'Djamena.

Des dispositions sont en train d'être prises à N'Djamena pour rendre difficile votre incursion dans la capitale…
Je ne pense pas que les fosses minées peuvent empêcher aux rebelles d'entrer dans la capitale. Je crois que le fait de tout balayer devant la présidence, couper les arbres, racler les bâtiments ne suffit pas pour repousser les rebelles.

Vous parliez dans ces mêmes colonnes il y a quelques semaines, d'un repli stratégique suite à l'échec de votre attaque de février dernier. Il tient toujours ce repli?
Absolument, parce que ce que nous faisons est stratégique.

Vous avez les moyens pour attaquer N'Djamena ? Puisqu'on sait qu'en février, c'est le volet air de l'armée Tchadienne qui avait embarrassé vos troupes...
Evidement, on ne peut pas dire que nous avons des moyens proportionnels à ceux de l'armée tchadienne, parce que c'est une armée régulière. Le Tchad c'est un pays qui a son armée et aussi l'appui de la France. On ne peut pas avoir les mêmes moyens que l'armée tchadienne. Mais nous avons suffisamment d'hommes et des hommes aguerris. C'est ça la différence.

Un pacte de non agression a été signé il y a quelques jours au Sénégal entre Omar El Béchir et Idriss Déby Itno. A-t-il les chances d'être appliqué ?

C'est le énième accord signé entre Idriss Déby et le gouvernement soudanais. De tous ces accords, aucun n'a été respecté. Nous pensons que c'est un accord de plus qui ne peut être respecté pour les raisons suivantes. La première raison, c'est que cet accord ne prend pas en compte les vrais problèmes qui opposent le gouvernement du Soudan à celui de Déby. D'abord, Idriss a soutenu la rébellion soudanaise contre Khartoum. Et Khartoum a aidé la rébellion tchadienne contre N'Djamena. C'est cela d'abord qu'il faut reconnaître. La 2ème raison qui nous fonde à dire que cet accord n'aboutira pas parce qu'il ne prend pas en compte cette fois là, le fond du problème tchadien. Le fond du problème tchadien, c'est un problème politique. Il y a un conflit intérieur, un conflit Tchado-tchadien que cet accord n'a pas pris en compte. Il y a aussi on doit le reconnaître le problème du Darfour, beaucoup plus complexe que le problème tchadien, qui n'a pas été pris en compte. A mon avis, je crois que si on veut résoudre un problème, on doit le faire dans le fond.

Est-ce qu'à ce jour, votre rébellion continue de recevoir le soutien du Soudan?
Au jour d'aujourd'hui, je dis non. Le gouvernement Soudanais a demandé aux différentes rebellions tchadiennes de quitter son territoire. Nous avons quitté le Soudan pour notre pays.

Vous confirmez que vous êtes au Tchad ?
Oui nous sommes au Tchad. Depuis février, nous sommes au Tchad.

Vous parliez il y a un instant d'un conflit Tchado-Tchadien. Comment appréciez-vous, le rôle de la France dans le conflit qui vous oppose au régime de votre ami d'hier Idriss Déby ?
Le soutien des français à Idriss Déby est absolument injustifiable et injustifié. Parce que personne ne comprend les raisons profondes de ce soutien au Tchad du Président français. Il est évident que des hélicoptères français nous ont bombardés autour de N'Djamena. Au grand jour, les français ont manifesté leur soutien. Peut être que les français, eux ils comprennent. Mais nous en tout cas, nous ne comprenons pas. Le commentaire que nous nous allons faire, c'est que le gouvernement français fait une très grosse erreur.

Recueillis au téléphone par Dieudonné Gaïbaï

source: quodtidienmutations.info

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Moussa 28/03/2008 09:23

Et puis quoi encore! Décidement il n'y a que ce type de language qui est connu des Tchadiens?! Mon Général, calmez-vous et assumez les conséquences de Février 2008.