Tchad: journal commun de la presse privée contre sa "mise à mort"(AFP)

Publié le par Hamid K.

Les principaux titres de la presse privée tchadienne, qui ont cessé de paraître mi-février à cause des restrictions draconiennes imposées après une attaque rebelle ratée à N'Djamena, ont publié jeudi un journal commun en forme de plaidoyer contre leur "mise à mort".

 

Le "Journal des journaux", conçu par les équipes de six médias (N'Djamena Bi-Hebdo, Le Temps, Notre temps, L'Observateur, Le Miroir et la radio FL-Liberté) avec le soutien de l'ONG Reporters sans frontières (RSF), dédie sa manchette de "une" à la "mise à mort de la presse".

Les journalistes visent essentiellement la nouvelle loi sur la presse, adoptée par l'ordonnance "05" du 20 février à la faveur de l'état d'urgence décrété après le raid rebelle des 2 et 3 février.

Cette nouvelle loi, qui abroge celle de 1994, aggrave les peines prévues pour les délits de presse, prévoyant jusqu'à cinq ans de prison pour "offense au président de la République", et complique les conditions pour créer et diriger un journal.

Elle a été assortie de mesures interdisant de couvrir "les activités de l'opposition armée".

La presse privée avait donc décidé de cesser de paraître.

Le "Journal des journaux" est illustré par une caricature du président tchadien Idriss Deby Itno brandissant une arme estampillée "ordonnance 05" contre les cinq journaux privés du pays.

"Faisant fi de nos préoccupations, et bien décidé à en découdre avec la presse, le président Deby a signé une ordonnance qui est sans doute la loi la plus liberticide de toute l'histoire du Tchad", déplore ce numéro spécial dans un éditorial.

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