Soupçon de cout d'Etat ?

Publié le par Hamid K.


Par Zakaria Ahmat
Les démarches entreprises par Adoum Togoï au nom du gouvernement tchadien cachent d’autres finalités. Le 13 mars dernier Idriss Deby avait dépêché une délégation en vue de trouver un accord à l'amiable avec les rebelles du RFC dont la responsabilité concernant l’échec de l’alliance rebelle dans sa tentative de renverser le pouvoir de N’djamena est aujourd’hui plus qu’évidente. La délégation conduite par Adoum Togoï, apôtre de la scène insurrectionnelle tchadienne, et le leader du RFC Timan Erdimi avaient unanimement confirmé cette prise de contact.

« Le gouvernement a demandé à nous rencontrer, donc on a rencontré la délégation gouvernementale » avait alors laissé entendre Timan Erdimi. Des sources concordantes avaient alors annoncé que les membres de la délégation gouvernementale étaient« essentiellement des membres du clan zaghawa du président Idriss Deby Itno ». Mais que cache en réalité cette initiative souterraine très sournoise par ailleurs et réunissant exclusivement des proches collaborateurs de Deby ?
Pourquoi des personnes proches du clan au Pouvoir étaient envoyées au compte de l’Etat tchadien pour renouer le dialogue avec un groupe rebelle dont le leader est si couvert de honte ? Pourquoi l’on attribue une telle tâche à Adoum Togoï ?

Il faut rappeler que Timan Erdimi avant de claquer la porte de l’alliance rebelle avait émis un certain nombre de préalables qui n’ont guère retenu l’assentiment des différents groupes rebelles. Ce dernier pour l’adhésion de son groupe à l’alliance rebelle avait posé comme principale condition l’attribution de la direction de celle-ci au RFC ceci dans l’optique de mettre prétendument en confiance les Zaghawa, groupe ethnique majoritairement affilié à son mouvement. Cette proposition a fortement indigné bon nombre des combattants de l’alliance qui étaient profondément convaincus du dévouement de l’individu Timan et des mobiles de son engagement dans la résistance. Selon des sources dignes de foi, Timan Erdimi, Adoum Togoï, Mahamat Ali Abdallah, Général Kalimi, Issakha Bachar (beau frère à Adoum Togoï) seraient en train de préparer, activement, une action de subversion d’une très grande envergure contre Idriss Deby Itno.

Certains parlent même d’un coup d’Etat dont les cerveaux appartiennent au cercle présidentiel. L’action est commanditée de l’extérieur du pays, d’un pays européen ayant de liens historiques avec le Tchad.

Pendant que Lol Mahamat Choua et N’garlejy Yorongar se livrent à l’expectative dans la capitale française, les ténors du pouvoir MPS réfléchissent activement sur les conditions de pérennisation du système actuel. L’opposition politico-militaire au pluriel, la société civile, les formations politiques de l’opposition, la diaspora tchadienne – celle qui œuvre sans cesse pour la tenue d’un dialogue inclusif entre les fils et filles du Tchad - doivent prendre leurs entières responsabilités face à ces manœuvres de confiscation du pouvoir par un clan exclusiviste et loin d’être représentatif des entités ethniques de notre nation.

Pour ne pas subir encore deux décennies de dictature, d’oppression et de terreur, le peuple tchadien dans un élan de solidarité agissante, doit être vigilant et mettre en échec toute action visant à mettre en cause ses droits fondamentaux.

Source. tchado.com

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