COMMISSION D'ENQUETE AU TCHAD:Vers l’enterrement du dossier de Saleh - (le pays)

Publié le par Hamid K.

Idriss Déby vient de sonner le glas de la Commission d’enquête internationale qui devait faire la lumière sur les événements des 2 et 3 février derniers, et principalement sur la disparition des opposants tchadiens arrêtés lors de l’assaut rebelle sur N’Djamena. Cette commission n’aura plus un caractère international, mais elle se limitera à un strict cadre national. Ainsi en a décidé le président tchadien qui, manifestement, n’a pas le souci de l’impartialité ni de la crédibilité de la structure devant conduire l’opération. On peut, à présent, dire qu’on s’achemine vers l’enterrement de première classe du dossier de l’opposant Ibni Oumar Mahamat Saleh, dont on est jusque-là sans nouvelles. Ce brusque retournement de Déby surprend-il vraiment ? Rien n’est moins sûr. D’autant que l’idée de la création d’une Commission d’enquête internationale sur les événements tragiques de février n’est pas l’émanation de l’homme fort de N’Djamena. Son homologue français Nicolas Sarkozy a dû lui forcer la main. Si Déby a accepté cela, il a su compter sur le temps, espérant que l’étau se desserrerait autour de lui, et que le temps lui permettrait de reprendre la main. L’orage est passé et Déby reprend les manettes.

Avec une commission nationale, le président tchadien est aujourd’hui certain de donner une autre orientation à la Commission voulue par Sarkozy… pour en faire un instrument à sa dévotion. Le rôle de simple observateur qu’il entend faire jouer aux représentants de la Commission européenne, de la France et de la Croix-Rouge participe sans doute de cette stratégie. Et en la matière, cette stratégie n’est pas une nouvelle trouvaille sur ce continent où la meilleure façon, pour les gouvernants, d’enterrer une affaire, est justement la création d’une commission d’enquête. Idriss Déby tente donc d’étouffer l’affaire Ibni Oumar Mahamat Saleh, toute chose qui laisse transparaître un aveu de culpabilité.

Sarkory avait souhaité que sa "commission" fût dirigée par le président de l'Assemblée nationale tchadienne. Un souhait sur lequel certains avaient déjà émis des réserves. L’histoire semble leur donner raison, avec l’intention de Déby de faire son propre récit des événements.



Cheick Beldh’or SIGUE









 

 

 

Commenter cet article