Koulamallah conteste la fameuse conversation et met au défi Deby d'apporter la preuve

Publié le par Hamid K.





N'Djamena doit "reconnaître la réalité de la rébellion" (chef rebelle)

Un leader de la rébellion tchadienne a affirmé jeudi que les membres du groupe de contact chargé de superviser l'accord de paix signé entre le Soudan et le Tchad devaient faire "reconnaître" au président tchadien Idriss Deby Itno "la réalité de la rébellion".

 

 

"Il faut que les participants, les pays présents fassent comprendre à Deby qu'il doit reconnaître la réalité de la rébellion tchadienne", a affirmé à l'AFP, Abderaman Koulamallah, un des dirigeants de l'Alliance nationale, qui rassemble les principaux groupes rebelles.

"Il faut que Deby cesse de nous (rébellion armée) traiter de mercenaires à la solde du Soudan", a souligné le dirigeant rebelle, joint depuis Libreville où devait s'ouvrir la première réunion du groupe de contact après l'accord du 13 mars signé à Dakar entre le Tchad et le Soudan.

"Il y a un problème qui est un problème intérieur tchadien. Il faut que Deby lance un processus de paix et de réconciliation nationale", a-t-il ajouté.

"Il faut qu'il lance un processus pour créer des structures politiques et démocratiques au Tchad. Tant qu'il y aura une dictature, tant que ce sera le diktat de Deby, de son clan et de sa famille, nous ne déposerons pas les armes. Je le répète: c'est un problème intérieur tchadien et il faut le faire comprendre à Deby", a poursuivi Abderaman Koulamallah.

Le Tchad et le Soudan ont signé le 13 mars à Dakar un énième accord de paix les engageant notamment à ne pas soutenir des groupes armés hostiles au pays voisin. Le Tchad a depuis accusé à plusieurs reprises le Soudan de continuer à soutenir les rebelles dans l'est du Tchad, publiant notamment des transcriptions de "conversations téléphoniques" entre le chef des services de renseignement soudanais Salah Gosh et le principal chef rebelle tchadien Mahamat Nouri.

Dans ces échanges non authentifiés des 19 et 20 mars, le Soudanais appelle le Tchadien à "bouger" rapidement contre le président Deby. "Attaquez vite. Faites vite, vite", lance Salah Gosh. "Bien entendu", répond le général Nouri.

Abderaman Koulamallah a affirmé que ces transcriptions ne "tenaient pas la route". "La présidence dit qu'il va diffuser l'enregistrement: nous le mettons au défi de le faire. Les propos rapportés n'ont jamais eu lieu. Cela n'existe pas", a expliqué le chef rebelle, concédant toutefois qu'il y avait bien eu des contacts téléphoniques entre le général Nouri et Salah Gosh.

"C'est un secret de polichinelle. Nous sommes en contact avec le Soudan comme nous sommes en contact avec la Libye dans le cadre des accords de Syrte", un des accords de paix signé en 2007 sous l'auspice du colonel Mouammar Kadhafi, a indiqué Abderaman Koulamallah.

"Nous démentons catégoriquement le contenu de ces transcriptions. Cela n'a rien à avoir avec ce qui a été dit", a-t-il souligné.

Présenté comme la grande innovation de l'accord de Dakar, le groupe de contact doit réunir jeudi à Libreville les ministres des Affaires étrangères des deux pays concernés, ainsi que des délégués de pays médiateurs - Libye, Sénégal, Congo, Gabon et Erythrée.

Des représentants des Nations unies, de l'Union européenne (UE), de l'Union africaine (UA), des Etats-Unis et de la France sont aussi attendus.



Source: afp. lemonde.fr

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