Tchad-Soudan:"le groupe de contact les a exhortés à cesser dorénavant toute déclaration médiatique de nature à aggraver leurs différends".

Publié le par Hamid K.

 

Les médiateurs du conflit tchado-soudanais ont appelé jeudi ces deux pays à respecter les accords signés depuis 2006 et ont promis une "mise en place rapide" d'une force d'observation à la frontière, lors d'une réunion à Libreville du comité de suivi du processus de paix.

Selon le communiqué final de sa première réunion, ce "groupe de contact" a "unanimement appelé les deux chefs d'Etat (le Tchadien Idriss Deby Itno et le Soudanais Omar el-Béchir) à consolider leur réconciliation comme ils en ont pris l'engagement".

Après avoir exprimé sa "préoccupation face au regain de tension", "le groupe de contact les a exhortés à cesser dorénavant toute déclaration médiatique de nature à aggraver leurs différends".

La prochaine rencontre de cette instance ministérielle, censée se réunir une fois par mois, aura lieu "début mai" en Libye. Elle sera précédée, le 28 avril, par une réunion "des experts en matière de défense, de sécurité et de renseignement, afin d'étudier et de planifier la mise en place rapide de la force de paix et de sécurité", selon le communiqué.

Cette force est prévue depuis le premier accord de paix entre le Tchad et le Soudan, signé le 8 février 2006 à Tripoli, et la nécessité de son déploiement a été réitérée dans le dernier traité, conclu le 13 mars à Dakar. Mais elle n'a jamais vu le jour et ses contours n'ont pas été définis.

Selon le groupe de contact, la réunion technique, à laquelle participeront aussi des experts des Nations unies et de l'Union européenne (UE), devra établie le "mode opératoire" de la force, ainsi que le nombre d'hommes et les moyens logistiques et financiers nécessaires.

Interrogé par la presse, le ministre congolais des Affaires étrangères Basile Ikouebé, qui copréside le groupe de contact avec la Libye, a expliqué qu'il s'agirait d'une "force d'observation pour la sécurisation de la frontière Tchad-Soudan, pour surveiller les mouvements".

L'UE déploie actuellement une force de 3.700 hommes dans l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique limitrophes du Soudan, tandis qu'au Darfour, côté soudanais, l'ONU et l'Union africaine (UA) tentent de déployer une mission de paix de 26.000 éléments.

Le groupe de contact se réunissait sur fond de nouvelles accusations, N'Djamena dénonçant notamment une "imminente attaque" des rebelles hostiles au président Deby, préparée selon le Tchad par le Soudan voisin.

Cette instance est prévue par l'accord de Dakar. Outre les coprésidents et les pays belligérants, elle comprend le Gabon, le Sénégal et l'Erythrée.

Des représentants des Nations unies, de l'UA, de l'UE, de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC), de l'Organisation de la conférence islamique (OCI), de la France et des Etats-Unis étaient également présents.

"Si vous êtes prêts à faire la paix (...), nous sommes tous prêts à vous donner tout ce dont vous aurez besoin, nous sommes prêts à vous aider", avait déclaré le ministre libyen des Affaires étrangères Abdelrahman Chalgham à l'ouverture de la réunion.

"Mais tout dépend de vous, si vous en avez la volonté", a-t-il ajouté. "Voulez-vous la stabilité pour vos pays, voulez-vous le développement? (...) Si vous n'en voulez pas, nous ne pouvons rien faire".

source : AFP

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