Coopération ONU-UA : Les conflits à l’ordre du jour

Publié le par Hamid K.

« Je serais très déçu si nous devions aller dans un hôtel chic de Nairobi pour parler de la Somalie », a dit l’ambassadeur d’Afrique du sud. L’Afrique, c’est désormais bien connu, est la terre de tous les conflits et de toutes les calamités et même de la piraterie maritime.

La France demande, en l’occurrence, la création d’une « force internationale » sous mandat de l’ONU pour lutter contre de tels actes. Car, depuis peu, le spectre de la famine, conséquence directe de la flambée des prix des céréales et des matières premières, plane sur le continent. Toutefois, une telle situation ne constitue pas une vocation ou une fatalité comme le démontrent les efforts déployés par les Africains pour régler leurs problèmes. Même si l’aide extérieure, en-deçà des promesses comme le prouvent les chiffres de l’OCDE révélant une baisse importante de la fameuse aide pour le développement, peut dans ses différentes variantes, servir d’appoint. Mais c’est un immense besoin de paix et de stabilité qui demeure le plus pressant. Et en ce sens, de hauts dirigeants d’Afrique et des pays du Conseil de sécurité se réuniront mercredi prochain pour discuter du renforcement de la coopération entre l’ONU et l’Union africaine (UA) dans le règlement des conflits, a indiqué, vendredi dernier, l’ambassadeur d’Afrique du sud à l’ONU, Dumisani Kumalo. Le chef de l’Etat sud-africain Thabo Mbeki présidera cette rencontre, à laquelle participeront ses homologues congolais (RDC) Joseph Kabila, ivoirien Laurent Gbagbo, somalien Abdullahi Yusuf Ahmed et tanzanien Jakaya Kikwete, a ajouté M. Kumalo. Les Premiers ministres britannique Gordon Brown, italien Romano Prodi et éthiopien Meles Zenawi seront également présents. Des délégations des quinze pays membres du Conseil de sécurité et des quinze membres du Conseil de paix et de sécurité de l’UA (PSC) ont été invitées à ce débat, qui devrait donner lieu à l’adoption d’une résolution, a indiqué M. Kumalo, qui préside le Conseil ce mois-ci. Cette résolution devrait viser à renforcer les liens entre l’ONU et l’UA et approuver la décision du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, de nommer un comité de haut niveau pour étudier comment l’organisation mondiale pourrait mieux soutenir les efforts de maintien de la paix de l’organisation panafricaine. M. Kumalo a précisé que le lendemain de la réunion, jeudi, les ambassadeurs de l’UA et des pays du Conseil de sécurité poursuivraient les travaux de la veille en passant en revue « plus en détail certains conflits particuliers comme le Darfour et la Somalie ». Il a également indiqué que l’actuelle crise au Zimbabwe, consécutive à l’élection présidentielle dont les résultats n’ont toujours pas été annoncés, était susceptible d’être abordée lors de discussions bilatérales en marge de la réunion, notamment entre MM. Mbeki et Brown. S’agira-t-il encore une fois d’une simple résolution, ou bien d’engager une action vigoureuse pour imposer l’application des différents plans de paix, certains étant en panne, ou tout simplement bloqués ? La précision est importante et elle serait intéressante à connaître, et en ce sens, elle aiderait le Conseil de sécurité des Nations unies qui se prépare à effectuer en juin, une mission dans cinq pays d’Afrique, dont le Soudan et peut-être la Somalie. M. Kumalo, qui codirigera la délégation avec son homologue britannique John Sawers, a indiqué que la tournée, pour l’instant prévue du 31 mai au 10 juin, devrait mener la délégation en Somalie, au Soudan — y compris au Darfour — au Tchad, en Côte d’Ivoire et en République démocratique du Congo (RDC). Le diplomate sud-africain s’est dit déterminé à obtenir que la mission fasse une étape en Somalie, malgré les réserves exprimées par les services de sécurité de l’ONU, compte tenu de la situation très instable dans ce pays de la Corne de l’Afrique, en guerre civile depuis 1991. « Je suis toujours très ferme là-dessus », a déclaré M. Kumalo, dont le pays milite pour une plus grande implication de l’ONU en Somalie. « Je serais très déçu si nous devions aller dans un hôtel chic de Nairobi pour parler de la Somalie », a-t-il ajouté. Le mois dernier, le Conseil de sécurité a commencé à discuter d’un retour graduel de l’ONU en Somalie, qui pourrait aboutir à terme, sous certaines conditions, au déploiement d’une opération de maintien de la paix. L’ONU hésite à se réinvestir en Somalie, après l’échec d’une mission de paix dans les années 1990. Selon les diplomates, la délégation prévoit, lors de son séjour au Soudan, de se rendre à El-Facher, chef-lieu du Darfour nord et siège du quartier général de la Minuad, la force de paix conjointe de l’ONU et de l’Union africaine. C’est pourtant sa vocation d’aller au devant des conflits et assurer la paix et la stabilité. Sa doctrine le lui impose.

T. H.

source: el watan

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