Tchad : le gros dilemme, faire la paix une fois pour toute ou continuer la guerre pour toujours ?

Publié le par Hamid K.






Somme-nous prêts à contribuer par notre patrimoine commun, à donner nos vies, à user notre santé pour aider un camp plutôt qu’un autre? Allons-nous nous engager dans cette guerre, impossible à justifier

moralement, pour défendre les intérêts d’un groupe, au comportement de secte, qui n’hésitera pas à cracher sur nos cadavres ou en abandonner aux vautours?

Le débat fait rage, les sentiments divergent au sein des Tchadiens, il y a ceux qui aspirent a la paix et ceux qui tirent leur épingle du jeu dans la situation chaotique du pays, enjambant des centaines de cadavres pour accéder à leur havre de bonheur qui se crée dans le terreau fertile de la souffrance des autres. Idriss DEBY, sa famille, ses proches, ses ouailles et opportunistes de tout poil ont en tout cas su avidement joindre l’écrémage de la consécration abjecte, volant le bonheur et le bien-être social de leurs compatriotes qui croupissent, par leur faute, dans une misère noire, incomparable et cyniquement mortelle.

Au sujet du conflit qui perdure au Tchad, nombreux sont ceux qui ont pris position soit pour maintenir une telle situation qui les favorisent et d’autres par contre, sont stoïquement opposés à la poursuite de la guerre. Des anathèmes, des attaques au vitriol, des actes de délations, le proxénétisme, le tribalisme, le clanisme cher à DEBY, le barbarisme, la cruauté et le cynisme dont font montre les uns sur les autres, sont en fait une véritable course la recherche pour chacun de se placer dans l’échiquier ou de maintenir sa position. Au Tchad, il faut être criminel économique ou de sang pour pouvoir jouir de la béatitude et des nombreux avantages qu’offre le régime pilleur de Ndjamena.

On parle de traîtres, des tribus, de régions, d’ethnies, de rebelles, d’apatrides, de généraux, de Toroboros, d’agression Soudanaise sans pour autant cerner les véritables problèmes du Tchad : l’injustice, l’impunité et l’exclusion. Ceux qui soutiendraient l'action d’Idriss DEBY seraient complices un jour devant l’histoire d’avoir soutenus un régime machiavélique innommable qui pour sa survie, n’a pas hésité à mettre dans une situation précaire, à l’approche des saisons des pluies, plusieurs milliers de familles Tchadiennes démunies, déguerpies sans remords. C’est l’œuvre de DEBY à travers la main zélée du très servile Mahamat Zene Bada, qui a réussi à s’inscrire dans la macabre liste de ceux qui attise les feux de la guerre en sacrifiant des vies d'innocents et la liberté. Aujourd’hui, au Tchad, beaucoup pensent que ceux qui militeraient « pour la paix », pour la bonne gouvernance, les respects des Droits humains et des libertés seraient les alliés objectifs de la rébellion donc, opposant au régime. Que nenni, nous nous opposerons à tous ceux qui prônent la négation de la dignité de la vie humaine, inviolable et sacrée. Que le dictateur DEBY qui rennes du pouvoir, nous nous opposerons à toute personne qui refuserait d’appliquer les règles de bonne gouvernance. Nous nous battrons haut et fort pour relayer en écho, les Droits de l’Homme et les libertés. Nous mettrons une passerelle pour que les Hommes de presse fassent librement, sans contrainte aucune, leurs missions. Nous nous battrons corps et âme contre le tribalisme, l’injustice, l’exclusion, le clanisme cher à DEBY, les massacres, les tortures, les tristement célèbres «supplices de l’arbatachar ». Qu’il n y ait plus au Tchad, un souvenir genre DDS, CRCR ou ANS. Plus jamais de police politique, plus jamais de violation de Droits de l’Homme et des libertés, tel est notre credo ! Le Président Deby et ses protecteurs Européens de l’EUFOR, dans leur exhibitionnisme néocoloniale veulent réécrire l’histoire; soutenir les dictatures africaines sous la bannière de l’ONU ou l’Union Africaine et ce, pour éviter les foudres des défenseurs des Droits de l’Homme et de leurs opinions publiques. En réalité, la guerre permettrait de museler toute velléité contre l’influence Européenne en Afrique. Le Tsunami Chinois fait les siennes. La France en premier suivit des pays Européens engagés au Tchad ne pensent qu’à la reconduction et à la pérennisation du régime criminel de DEBY qui, en réalité mériterait toutes les foudres de la communauté internationale. Il faut imposer, dans les bref délais, un embargo sur les armes et s’il ya lieu, sur le pétrole afin de contraindre Idriss Deby à ouvrir la porte à un véritable dialogue inclusif.

Les pays Européens, surtout les compères de l’EUFOR, tout comme le régime de Ndjamena, sont responsables à divers degrés dans le conflit du Tchad, de la Centrafrique et du Darfour. Pour sauver la vie des millions de personnes, il ne doit y avoir aucun parti pris. Or, la France, ferme les yeux sur les agissements condamnables du régime de DEBY comme si la vie des millions de Tchadiens, de Centrafricains ou Soudanais du Darfour ne vaut pas un centième de celle d’Ingrid Betancourt, prisonnière des FARC de Colombie. C’est ainsi la notion de l’ingérence de la France quant il s’agit d’un sujet Français ou Africain, d’un noir ou d’un blanc. L’exemple du Rwanda est encore vivace avec tout le mérite macabre qui revient à la France. Elle a laissé le génocide Rwandais murir pour engendre ce monstre qui a montré son visage au monde en 1994 au Rwanda. Hier, c’était derrière une mission Onusienne et aujourd’hui, c’est derrière une européenne. Que Dieu nous épargne cette démence meurtrière des hommes.

L’EUFOR est un rempart à un gouvernement autoritaire affaibli qui refuse tout dialogue avec son opposition. Pire, ce régime arrête, enlève et tue brutalement ses opposants, les Hommes de presse et défenseurs des Droits de l’homme. Cette présence est avant tout une manière de légitimer la violence en peignant le régime de Ndjamena comme victime par opposition à la violence d'agression prônée par les rebelles et les Soudanais. Les Européens feignent de ne rien voir et refusent de comprendre que Deby est l’initiateur, le financier et le donneur des ordres aux rebelles Toroboros basés au Tchad. La France n’a aucune morale pour la tragédie du Darfour et du Tchad. Elle n’a aucune leçon à donner à personne.

Il faut le dire, le Tchad n’a jamais eu un si grand nombre d’exilés, de réfugiés et de mécontents pacifiques ou armés que sous le règne de DEBY. A ces milliers de Tchadiens, viennent s’ajouter plusieurs autres milliers de familles expropriées et jetées dans les rues à la merci de toutes les précarités : de logements, d’eau, de nourriture, malaria, cholera (saison des pluies), typhoïde, etc. Est-ce une manière, pour Deby, de décider du bien de ses citoyens? À mon avis, pour le régime de Ndjamena, décider du bien des Tchadiens ne fait pas partie de ses devoirs et obligations. Le peuple subit pire pour que soient sauvegardés les privilèges de quelques individus.

Moralement, on ne peut pas dire qu’il faille sacrifier des arbres, des vies, des quartiers et creuser des tranchés dignes des bunkers de Hitler pour soit disant se maintenir au pouvoir, bien que les fosses peuvent un certain temps freiner l’ardeur des combattants adverses. Ceux qui ont conçu ces tranchées, ont-ils songé aussi à creuser des tranchées pour faire face à leur mort futur, celle venant de Dieu ? Sont-ils obnubilés par leur pouvoir ?

Les peuples du Darfour, de la Centrafrique et du Tchad ne choisiraient pas entre la guerre, le SIDA, le déguerpissement des habitants mais plutôt ils choisiraient plutôt la PAIX. La guerre, quel que soit les causes, est une fatalité, hautement toxique dans tous ses états. Mais ce qui importe dans ces conflits sont nos actes concrets, notre refus de faire le lit de la violence, notre refus d’apporter un quelconque soutien à la dictature, de poursuivre ses ambitions sadiques et sanguinaires. Aussi, s'il fallait choisir un camp entre la guerre et la paix, si demain, on m'obligeait à m'enrôler d'un côté ou de l'autre jusqu'à la fin du conflit, alors je réitérais mon choix pour le camp des pacifistes, des défenseurs des Droits humains, celui de ceux qui luttent sincèrement pour un nouvel ordre social au Tchad. Je crois fermement à la victoire de la raison sur la dictature, du triomphe du sentiment d’appartenance à une nation sur la notion du clanisme, du tribalisme, du régionalisme, du confessionnalisme et de l’Etat de droit Ad vitam aeternam.

Le président Deby a eu, en 18 ans de magistère, le mérite de battre tous les records, palmarès de massacres, de cruauté, violences, de détournement des deniers publics, d’ingérence dans les affaires des autres pays, faux monnayage, Docteur Honoris causa en corruption, fervent militant des violations des accords, adversaire farouche du dialogue national inclusif et un véritable casus belli. Aujourd’hui, le mérite est plutôt grand pour Deby et ses éminences grises d’avoir fragmenter le Tchad en un véritable terreau de chao ou « laboratoire à pays ouvert » de clanisme, de tribalisme, de corruptions, de cruauté, de guerre incessantes, de tueries gratuites, de détournements, de vols, de viols, d’injustice, d’impunité, d’exclusion, de vendetta et tous les maux indicibles qui minent une société de se promouvoir. Idriss DEBY et les siens mesurent-ils la suite et les conséquences de leurs errements sur leur descendance ? Ce n’est pas en adoptant cette problématique d’exclusion, d’attisement continuel de la haine, de l’exclusion, de l’injustice, du maintien par la terreur que le régime de DEBY pourra se tirer de l’affaire car, il est grand temps que le général de l’armée saisisse la perche pour sortir de l’engrenage avant qu’il ne soit trop tard pour lui et ses proches.

En fin de compte, ce qui importe, ce sont les moyens pour parvenir en l’absence d’un dialogue inclusif à faire un véritable changement au Tchad, et non pas nos opinions, qui ne sont que des reflets de nos sentiments parfois empreints de considérations non objectives. Somme-nous prêts à contribuer par notre patrimoine commun, à donner nos vies, à user notre santé pour aider un camp plutôt qu’un autre?Allons-nous nous engager dans cette guerre, impossible à justifier moralement, pour défendre les intérêts d’un groupe, au comportement de secte, qui n’hésitera pas à nous mépriser et à cracher sur nos cadavres ou en abandonner aux vautours?

Pour le régime de DEBY, cette maxime sera toujours d’actualité : « tous ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous ». Y compris les défenseurs des Droits de l’Homme, les journalistes, les pacifistes, les militaires refusant de mener une guerre injuste. Pour Deby, tout ce beau monde forme un ensemble de traîtres bons pour la torture, pour ses très chères exécutions sommaires, les enlèvements et les cruautés dont ont été victimes gratuites les opposants Ngarledjy Yorongar, Lol Mahamat Choua et Ibn Oumar Mahamat Saleh. En agissant ainsi, le Président DEBY porte t-il en lui les valeurs morales d’un homme respectant la vie des autres ?

Emprunter les voies pacifiques reviendrait-il vraiment à emprunter la voie de l’abdication pure et simple ?

Inusité des inusités, dans le comportement d’un régime. Au moment où des milliers de Tchadiens pleurent encore leur mort, des centaines de blessés endurent encore la souffrance et l’abandon pur et simple par le régime dans les hôpitaux, à l’heure où des milliers de pères de familles sont jetés dans la rue avec leurs progénitures sans toit et à la merci de la dure période caniculaire du mois d’Avril, les délinquants financiers et autres mafieux du régime honni de Ndjamena persistent dans leur insolente vie somptuaire. Le mariage avec faste, tambour et trompette de Ahmat Mahamat Bachir, Ministre de la sécurité publique et de l’immigration en dit long qu’Idriss Deby et ses ouailles, ne méritent même pas un regard de la part des Tchadiens.

DEBY, certainement le plus gros problème du Tchad, sans remord pour des milliers de morts sur son sillage, se permet l’insolence de refuser tout dialogue national inclusif, préférant des forums bordéliques où viennent faire déférence des opportunistes en mal de poste, de numéraire et de grade. 



Abbas Kayangar,
source:librafrique.com

 

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