Qui est Youssouf Saleh Abbas ?

Publié le par Hamid K.

 











Youssouf Saleh Abbas, nommé Premier ministre mercredi à N’Djamena, est le douzième chef du gouvernement du président Idriss Deby Itno au pouvoir depuis 1990, et le deuxième Premier ministre non originaire du sud, région de son prédécesseur limogé Nouradine Delwa Kassiré Coumakoye.

Né en 1952 à Abéché, dans l’est du Tchad, Saleh Abbas, après l’obtention de son baccalauréat en 1973, a quitté le pays natal pour effectuer des études supérieures, d’abord en Union soviétique, puis en France, où il a obtenu un master en droit international.

De retour au pays, il est affecté au ministère des relations Extérieures. Il y a occupé plusieurs postes de responsabilité: directeur de la coopération internationale, conseiller du directeur général de ce même département, directeur de cabinet de l’ancien président de la République Goukouni Weddeye….

Vice-président du présidium de la conférence nationale souveraine de 1993, Youssouf Saleh Abbas a aussi été directeur général du ministère du plan, puis conseiller spécial du Chef de l’Etat auprès de l’EUFOR et de la Mission des Nations unies en Centrafrique et au Tchad (MINURCAT), poste qu’il occupait jusqu’à sa nomination à la tête du gouvernement, mercredi.

Homme réservé, le nouveau Premier ministre tchadien n’est pas très connu du grand public. En revanche, il est très populaire dans les milieux politiques où il est respecté et écouté. Il avait dirigé en son temps la conférence des cadres en 1981, après la guerre de 1979 et 1980.

Entré en disgrâce auprès du président Déby peu après la conférence nationale souveraine, Youssouf a vécu plusieurs années en exil en France où il militait aux côtés du MDJT de Youssouf Togoïmi. Il est rentré au pays peu après un accord obtenu après moult négociations avec le pouvoir en place à N’Djamena.

La nomination de Youssouf Saleh Abbas comme Premier ministre tient à sa valeur intrinsèque certes mais surtout à ses origines dans le Ouaddaï (est), une région frontalière du Soudan, où s’activent des mouvements rebelles hostiles au pouvoir du président Déby.

Ex-chef rebelle rallié au pouvoir en 2006, Youssouf devrait, du moins, mieux que son prédécesseur Nouradine Delwa Kassiré Coumakoye, sensibiliser les groupes rebelles et les amener à la table des négociations, en vue de l’application de l’accord de paix conclu, le 13 mars dernier à Dakar, par le Tchad et le Soudan, deux pays qui s’accusent mutuellement de soutenir les rebelles hostiles à l’un et l’autre régime.

Par sa nomination, le président Idriss Déby Ino vient de donner un signal fort dans le sens de la normalisation avec son voisin soudanais, en sortant du schéma classique d’un Premier ministre sudiste, qui a toujours été le sien jusqu’à présent, pour porter à la primature un homme de l’est, au risque de mécontenter le sud. Mais la paix est peut-être à ce prix. Il reste au Soudan à confirmer à son tour ses bonnes dispositions.

A quelques heures de la formation de son équipe, le nouveau Premier ministre a d’ores et déjà pris l’engagement de tendre la main à l’opposition armée ainsi que de faire rapidement la lumière sur la disparition, au cours du raid rebelle avorté sur N’Djamena les 2 et 3 février dernier, de l’opposant Ibni Oumar Mahamat Saleh qui est de la même région et de la même ethnie que lui (Ouaddaien).

Le nouveau chef du gouvernement a également pris l’engagement de s’attaquer aux problèmes quotidiens des Tchadiens. Ils sont multiples. Mais la paix passe avant tout.

source : APA

Publié dans Actualités

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