Tchad: le PM offre des ministères à l'opposition pour "restaurer la paix"

Publié le par Hamid K.

N'DJAMENA - Le nouveau Premier ministre tchadien Youssouf Saleh Abbas a offert vendredi à l'opposition "d'entrer dans son gouvernement" pour travailler à "la restauration de la paix" lors de consultations préliminaires à la formation de celui-ci, selon un membre de l'opposition.

"Je prendrai certains d'entre vous dans mon gouvernement pour que nous puissions résoudre tous les problèmes des Tchadiens et travailler ensemble notamment à la restauration de la paix", a indiqué M. Youssouf Saleh Abbas à des membres de la Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution (CPDC), principale coalition de l'opposition.

Ancien conseiller diplomatique du président Idriss Deby Itno, le nouveau Premier ministre, nommé mercredi en remplacement de Delwa Kassiré Coumakoye, limogé, a commencé vendredi ses consultations en vue de la formation d'un gouvernement "de large ouverture", selon la primature.

Youssouf Saleh Abbas a aussi exprimé à l'opposition sa "ferme détermination d'aller de l'avant".

Le jour de sa nomination Youssouf Saleh Abbas avait déjà affirmé que sa "première priorité" était "de former un gouvernement d'ouverture". Je vais aller vers les partis politiques pour pouvoir travailler ensemble", avait-il affirmé à la radio nationale.

Le Premier ministre a aussi rencontré des membres du Mouvement Patriotique du salut (MPS), le parti majoritaire du président Deby. Il devait poursuivre ses consultations samedi avec d'autres partis politiques ainsi que des associations de la société civile.

Un responsable tchadien, qui a requis l'anonymat, avait expliqué mercredi que M. "Kassiré a été relevé de ses fonctions parce qu'il s'oppose à la mise en oeuvre de l'accord du 13 août 2007 entre la majorité présidentielle et l'opposition".

Cet accord prévoit le "renforcement du processus démocratique au Tchad", ainsi que des élections libres et transparentes en 2009.

La CPDC boude son comité de suivi depuis l'attaque rebelle ratée des 2 et 3 février à N'Djamena, au cours de laquelle un front de groupes armés a failli renverser le président Deby.

Dans le sillage du retrait des rebelles de la capitale, trois dirigeants de l'opposition avaient été arrêtés par les services de sécurité tchadiens, selon des témoignages concordants. Deux d'entre eux ont depuis retrouvé la liberté, mais le troisième, le porte-parole de la CPDC Ibni Oumar Mahamat Saleh, est toujours porté "disparu".

La CPDC réclame sa "libération immédiate et conditionnelle", ainsi que la mise en place d'une commission d'enquête "réellement indépendante et réellement internationale" sur les arrestations d'opposants en lieu et place de l'instance créée par le président Deby.



Source: AFP

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