L'Etat, la Kalache et la Loi

Publié le par Hamid K.

Par SABOUN

Ce papier ne vise aucune ethnie, aucune race, aucune religion mais concerne à tous les tchadiens.
Pourquoi disons-nous que nous sommes tchadiens ? Parce qu'on a la nationalité de ce pays ? Parce que nos aïeux viennent de ce pays ? Parce qu'on a toujours été là ? ??
Le concept d'Etat bien, qu'il soit une abstraction n'est pas une impression ou simplement un sentiment mais une construction juridique pour laquelle d'imminents penseurs ont consacré leur vie et l'humanité leur en est éternellement reconnaissante.
Il implique que les populations données d'un territoire donné vivent sous un pouvoir politique. Les deux premiers éléments ne posent aucune objection bien que des améliorations puissent être apporté (ce pourrait être l'objet d'une autre thématique et non des moindres : la nation tchadienne) mais c'est le dernier élément qui est la cause de la souffrance des tchadiens.
La quête du pouvoir dans ce pays s'est toujours faite comme si ce n'est pas le peuple qui était dépositaire de la souveraineté de désigner la personne à même de prendre en charge les affaires publiques.
Si l'on peut se permettre un petit détour historique et ce n'est un secret pour personne, le Tchad est une composition, une mosaïque d'ethnies, de races et de religions que le colonisateur a rassemblé dans ce qu'on appelle aujourd'hui le Tchad sans que l'avis des groupements antérieurement existants soient nécessaire.
Or, à la base de ce pouvoir de gérer les affaires publiques existent un préalable : un contrat. Les conceptions de ce contrat social à la base de chaque Etat sont de différentes lectures mais on s'accorde sur le principe que c'est le socle des Etats. "Pour sa propre survie l'homme doit vivre en paix avec ses semblables et cela signifie qu'il doit être gouverné par certaines règles. L'homme ne possède pas l'instinct qui pousse les fourmis et les abeilles à remplir un certain rôle social ; les hommes sont dotés d'un caractère indépendant et d'un esprit critique, de sorte que même s'ils doivent en société, ils ne peuvent le faire que si des règles existent."
Cela implique que le contrat social, seul garant de la continuité et de la pérennité de l'Etat doit être sacré et à la base de la réunion des tchadiens. A vue d'il, il n'en est rien au Tchad et cela ne date pas d'aujourd'hui d’où l'éternelle révolte des tchadiens. En ont-ils le droit ? Cette question fut posé par John Locke depuis 1690 en ces termes: " Mais si ceux qui objectent que ce que nous avons dit est propre à produire des rebellions entendent par là qu'enseigner aux peuples qu'ils sont absous du devoir d'obéissance, et qu'ils peuvent s'opposer à la violence et aux injustices de leurs princes et de leurs magistrats, lorsque ces princes et ces magistrats font des entreprises illicites contre eux, qu'ils s'en prennent à leurs libertés, qu'ils ravissent ce qui leur appartient en propre, qu'ils font des choses contraire à la confiance qu'on avait prisent en leurs personnes, et à la nature de l'autorité dont on les avait revêtus si, dis je, ces messieurs entendent que cette doctrine ne peut que donner occasion à des guerres civiles, à des brouilleries intestines; qu'elle ne tend qu'à détruire la paix dans le monde, et que par conséquent elle ne doit être approuvée et soufferte; ils peuvent dire, avec autant de sujet, et sur le même fondement, que les honnêtes gens ne doivent pas s'opposer aux voleurs et aux pirates, parce que cela pourrait donner occasion à des désordres et à l'effusion de sang.
Toutes les nations et principalement occidentales se sont basées sur cette école de pensé pour asseoir des Etats qui prennent en considérations les aspirations de leurs peuples et les respectent. Pourquoi les tchadiens n'ont-ils pas ce droit ? N'ont-ils pas le droit au bonheur ? Ne peuvent-ils pas appréhender ces concepts ?
Et bien si, le peuple tchadien est conscient de son droit inaliénable au bonheur, à la liberté et à l'égalité. Le peuple tchadien ne se reposera que quand ses droits humains seraient reconnus et respectés. Il se reposera quand il pourra choisir en toute liberté la personne digne de sa confiance pour la destinée des affaires publiques.
La révolte n'est pas un droit, c'est une obligation de tout être humain dans sa pleine dignité.

Par Saboun

doudmourra@hotmail.fr

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