La pénurie de ciment perdure au Cameroun, imaginons au TCHAD!

Publié le par Hamid K.


ECONOMIE - La pénurie de ciment qui s'est installée au Cameroun depuis la fin de l'année dernière persiste, en dépit des actions gouvernementales, la vente du précieux produit se faisant de nuit, en cachette, a constaté la PANA sur place.

Au cours des six derniers mois, des travaux de construction de bâtiments ont dû être arrêtés, alors que certaines quincailleries ne fonctionnent que la nuit et que d'autres ont tout simplement cessé de vendre du ciment.

De nombreux maçons ou tâcherons sont aujourd'hui contraints au chômage forcé, comme Sylvestre Owona, qui a dû se reconvertir dans le transport par moto-taxi.

Aujourd'hui, pour acheter du ciment, il faut être bien introduit dans le réseau des spéculateurs, qui, bien que disposant du produit, refusent de se conformer aux prix homologués par le gouvernement.

Le prix homologué par le ministère du Commerce est de 5.500 FCFA, le sac de 50 kg à Yaoundé, la capitale. Cependant, il est impossible de l'obtenir à moins de 7.500 FCFA.

Il y a un mois, le ministère du Commerce a mis en place un système de contrôle des distributions des Cimenteries du Cameroun (CIMENCAM), la seule cimenterie du pays, en attendant la construction de la prochaine.

Le système consistait à rester en contact permanent avec CIMENCAM, qui communique les quantités et les destinations du ciment sorti de l'usine de Douala pour Yaoundé.

Les équipes de contrôleurs de prix convoyaient alors la cargaison jusque dans les différentes quincailleries.

Cette méthode n'a marché que pour quelque temps, les spéculateurs ayant mis à leur tour en place un système bien huilé pour la contourner.

Des distributeurs accusent la CIMENCAM de favoriser la pénurie en préférant vendre sur les marchés de la sous-région (Gabon, Tchad et Guinée Equatoriale) où les marges seraient plus intéressantes.

La direction générale de la CIMENCAM, après l'avoir fait savoir au ministre du Commerce qui s'y est opposé, a pris le 25 février dernier la décision d'augmenter le prix du ciment, en raison des charges à l'importation de la matière première.

Le président Paul Biya a pris le 07 mars 2008, un acte baissant de 10% les droits de douanes sur l'importation du klinker, principale matière première dans la fabrication du ciment, ce qui normalement devait maintenir le prix du ciment ou alors le baisser.

Mais, selon certains responsables régionaux de cette entreprise, les installations sont restées les mêmes tandis que la demande intérieure augmente de 9,5 pour cent par an.

CIMENCAM produit environ 1,2 million de tonnes par an alors que la demande se situe à 1,5 million.

Le gouvernement, espérant briser le monopole de la CIMENCAM, a récemment autorisé l'importation du ciment. Mais les opérateurs n'ont pas suivi.
 
Yaoundé - 03/05/2008

Panapress

 

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