YSA exclut toute négocition avec les rebelles:

Publié le par Hamid K.

Youssouf Saleh Abbas investi par l'Assemblée Nationale 


N'DJAMENA (AFP) - Le nouveau Premier ministre tchadien Youssouf Saleh Abbas, un ex-rebelle rallié au président Idriss Deby Itno qui a composé un gouvernement d'ouverture avec quatre membres de l'opposition, a été investi mardi par l'Assemblée nationale où il a souhaité la paix "pour le peuple".


Cent-huit des 113 députés présents, dont de nombreux opposants comme l'ancien président Lol Mahamat Choua, ont voté l'investiture rappelant toutefois qu'ils "jugeraient par la suite, sur les actes".

Youssouf Saleh Abbas, un ancien chef rebelle et ex-opposant en exil qui a rallié le pouvoir actuel en 2006, devenant le conseiller diplomatique du président Deby, a été nommé au poste de chef du gouvernement le 16 avril en remplacement de Delwa Kassiré Coumakoye.

"La paix n'est pas seulement pour le pouvoir, (...) c'est pour le peuple. Dans vos circonscriptions, prêchez la paix, prêchez la paix, prêchez la paix!" a insisté le Premier ministre en conclusion de son discours d'investiture devant les députés.

Il a en revanche affirmé qu'il refuserait de négocier avec "l'opposition politico-militaire", en référence aux rebelles tchadiens qui ont failli renverser le président Deby les 2 et 3 février à N'Djamena.

"Ne nous voilons pas la face. Si vous connaissiez leurs revendications, vous verriez qu'il s'agit d'intérêts personnels. Il n'y a pas de Tchad là-dedans", a ajouté Youssouf Saleh Abbas.

Leur présence à la table de négociations "n'est pas une garantie ni pour la paix ni pour la stabilité", a-t-il poursuivi.

La principale coalition de l'opposition, la Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution (CPDC), dont quatre membres font partie de ce gouvernement, souhaite l'organisation d'un forum réunissant le pouvoir, les opposants non armés, mais aussi les rebelles.

La CPDC a conclu le 13 août 2007 un accord avec les autorités en vue d'élections démocratiques en 2009.

Mais depuis le raid rebelle sur N'Djamena et la "disparition" de son porte-parole Ibni Oumar Mahamat Saleh, arrêté le 3 février par les services de sécurité tchadiens selon des témoignages concordants, la coalition avait suspendu sa participation au comité de suivi de cet accord, réclamant sa "libération" et une enquête "indépendante" et "internationale".

Dans son discours d'investiture, le Premier ministre a notamment promis que le gouvernement chercherait "la vérité, toute la vérité" sur le sort d'Ibni Oumar Mahamat Saleh.

"Ce n'est pas seulement le problème d'un groupe, nous chercherons ensemble", a-t-il dit.

Le gouvernement français et l'Union européenne (UE), parrain de l'accord du 13 août, avaient salué la nomination de M. Saleh Abbas fin avril estimant que cela allait "dans le bon sens".

La CPDC a d'ailleurs décidé lundi de réintégrer le comité de suivi de cet accord

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