TCHAD: "Ils nous ont tué": peur et nostalgie des déplacés tchadiens de Goz Beïda

Publié le par Hamid K.

Par Angolapress

GOUROUNKOUN (Tchad), 08/05 - "Ils nous ont tués. Nous avons des orphelins avec nous. Nous ne pouvons pas rentrer chez nous", raconte Adoum Moursal, un chef du village de déplacés de Gourounkoun dans le sud-est du Tchad, qui a reçu mercredi Javier Solana, le chef de la diplomatie européenne.

Ces 16.000 membres de la communauté dadjo font partie des 178.000 Tchadiens déplacés à l`intérieur de leur pays qui accueille, également dans l`Est, quelque 240.000 réfugiés soudanais du Darfour voisin. Le village est situé juste à côté de Goz Beïda, où est aussi installé un camp de réfugiés soudanais.

Tous ont fui les janjawids - terme générique utilisé par les déplacés pour désigner les miliciens armés et pilleurs arabes du Soudan voisin -, mais aussi les "coupeurs de route" et autres bandits qui sèment la terreur dans l`Est du Tchad que l`Eufor, la force européenne, a pour mission de sécuriser.

"Nous voulons que le gouvernement chasse ceux qui nous ont chassés", ajoute Adoum Moursal, d`un ton monocorde. "Nous sommes des éleveurs, des commerçants, des cultivateurs, et ils viennent violer nos femmes, tuer nos enfants, voler notre bétail", ajoute Mahamat Seid, un autre chef. "Nous sommes civilisés mais eux nous prennent tout".

Les villageois de Gourounkoun ont fui leurs terres à 180 km de là, il y a maintenant deux ans, après trois ans de harcèlement incessant. "Cinq ans de malheur", résume Adoum Moursal.La zone de la frontière tchado-soudanaise est le théâtre d`innombrables incursions de rebelles et miliciens de part et d`autres. C`est une région particulièrement instable qui a notamment vu la mort de trois employés d`ONG, dont un Français, depuis janvier.



Source : Angolapress

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