Ainsi va le monde des Arabes...

Publié le par Hamid K.

Chronique / Businessnews.com

La semaine dernière a été chargée dans le monde des Arabes. Ceux de l’Orient, pas chez nous au Maghreb. Ici, c’est le calme. On travaille, on s’occupe du foot et des chansons en vogue et on attend sagement l’été et ses festivités.

Pendant ce temps là, au Liban, on guerroie. Cette fois ce sont les Chiites contre les Sunnites et les autres. Les Libanais, l’ensemble des Libanais, qu’ils soient Chiites, Sunnites, orthodoxes, catholiques ou athées ont un ennemi commun qui s’appelle Israël. N’ayant pu faire la paix avec l’Etat sioniste, ne pouvant pas, non plus, lui déclarer la guerre et le vaincre, alors ils ont décidé de se faire la guerre entre eux.

L’idée semble bonne, a fait tilt et a inspiré d’autres. Les Soudanais ont ainsi décidé de faire de même et de se déclarer, eux aussi, une petite guéguerre. Là, ce sont des rebelles du Darfour qui ont attaqué le pouvoir central. Ce dernier a accusé le Tchad qui ne tarderait pas à réagir après avoir démenti en bloc. Dans cette contrée aussi, on a un ennemi commun. Plutôt des ennemis communs : la faim, la famine, l’analphabétisme, la bêtise. Cette dernière a eu raison de tout.

Pendant que tout ce monde-là guerroie, la météo a décidé de faire des siennes en Birmanie. C’est où la Birmanie déjà ? Ceci ne nous regarde pas vraisemblablement. C’est loin et ce ne sont pas nos affaires. Ni nos frères. Jouer aux humanitaires est une mode occidentale. Pour les Arabes, la tendance est à la guerre.

Je reprends donc. Pendant que tout ce monde-là guerroie, le pétrole grimpe. Il grimpe et il grimpe et nous, on regarde nos matchs de foot. Il est à 125 ou 126. Je ne sais plus. Arrivé à ce degré d’indécence, je ne sais plus compter.
Nos frères marocains ont réussi à décrocher un don de 500 millions de dollars de chez nos autres "frères" Saoudiens. Une pacotille inférieure au prix de l’A380 acheté il y a quelques mois par un émir. Les Tunisiens se débrouilleront tous seuls et compteront sur eux-mêmes. Comme d’habitude. « Vous vivez mieux que nous », m’a répondu une fois un Algérien à qui j’ai osé faire remarquer nos grandes difficultés face à la facture pétrolière. Ca en dit long sur la fratrie dont on nous gave depuis 1.500 ans.

Pire que les tanks, les Kalachnikovs et autres armes lourdes, ce pétrole grimpant est une annonce de guerre réelle. C’est peut-être même la guerre la plus dangereuse de toutes. Elle attaque le développement, elle attaque l’éducation, elle attaque les ventres, elle attaque les tous premiers droits de l’Homme. Les droits essentiels.
Les uns meurent de faim, les autres croulent sous les balles et d’autres coulent sous des pétrodollars.
Ainsi va le monde des Arabes… !

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