Le Tchad ferme sa frontière avec le Soudan

Publié le par Hamid K.

Par Dany Padire AP

 

 


N'DJAMENA, Tchad - Regain de tension entre N'Djamena et Khartoum: le
Tchad a annoncé lundi soir la fermeture de sa frontière et la rupture de toutes ses relations économiques avec le Soudan, au lendemain de la décision de son voisin de rompre ses relations diplomatiques avec lui.

Le Tchad a également interdit la diffusion et la vente de toute musique soudanaise sur son territoire, a précisé le ministre des Communications Mahamat Hissene à l'issue d'un Conseil des ministres présidé par le président tchadien Idriss Deby.

"Après la décision unilatérale du Soudan de rompre ses relations, le gouvernement tchadien a le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de son territoire et de ses citoyens et pour protéger ses intérêts économiques et culturels afin d'éviter toute surprise", a déclaré M. Hissene dans une déclaration lue à la radio-télévision d'Etat.

"Dans le domaine de la sécurité, le gouvernement a décidé de fermer complètement la frontière afin d'éviter toute infiltration et tout mouvement suspect", a ajouté le ministre tchadien.

Dimanche, le président soudanais Omar el-Béchir avait annoncé la rupture des relations diplomatiques avec le Tchad, accusé par lui de soutenir les rebelles du Darfour qui ont attaqué samedi la capitale soudanaise, Khartoum.

Samedi, des centaines de rebelles du Darfour (ouest du Soudan) se sont affrontés avec les forces de sécurité soudanaises dans les faubourgs de Khartoum. Jamais avant les insurgés ne s'étaient approchés aussi près de la capitale, située à des milliers de kilomètres à l'est de leur secteur d'opérations habituel.

Le Soudan a accusé le Tchad de soutenir les rebelles du Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE), qui ont pris les armes au Darfour. La guerre dans cette région de l'ouest du Soudan a fait plus de 200.000 morts et 2,5 millions de déplacés depuis le début 2003 et nombre d'atrocités sont imputées aux milices Janjawid alliées au gouvernement.

Le Tchad de son côté accuse Khartoum d'armer les rebelles qui ont tenté de s'emparer de N'Djamena en février. Pourtant, les deux pays avaient signé un accord de paix en mars, s'engageant à empêcher des groupes armés d'opérer sur leurs frontières. AP

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