L’opération Deby/Khalil a fait lamentablement pschitt

Publié le par Hamid K.

Deby/Dr Khalil, les mauvais calculs
Par Mahamat Ahmat / Tchadactuel

Deby a réalisé son rêve le plus cher, celui « d’allumer le régime soudanais en plein Khartoum ». « Il m’a allumé à deux reprises, il faut que je le lui retournerai », ne répétait-il pas souvent en parlant du président soudanais ? Deby et son homme de main, Dr Khalil Ibrahim ont pris leurs rêves pour des réalités. En attaquant Khartoum, chacun des compères a ses propres objectifs.

 

Pour avoir un appui massif et inconditionnel de Deby, Dr Khalil a fait savoir à son mentor que la majorité absolue des soudanais sont des tourabistes càd les partisans ou soutiens endormis du MJE et qu’il suffit d’une petite diversion à Khartoum pour déclencher une insurrection populaire qui emportera sans aucun doute le régime impopulaire d’Oumar El Béchir. Tel un os brandit au nez d’un chien affamé, Deby fut pris par l’appât. Dès lors tout est mis à la disposition du MJE. Loin du brouhaha de N’djamena, à Amdjaress où il a établi son QG, le MJE a tout préparé et pratiquement tout reçu : véhicules, armes lourdes y compris des armes libyennes. En effet les services secrets libyens, par l’intermédiaire d’Abdallah Senoussi, discrètement mais très efficacement ont appuyé l’opération.

Le carburant a été transporté directement de Koufra et déposé à Am djaress. Quand l’opération a pris forme, Deby a fait savoir à son poulain de Dr ses priorités : outre le renversement du régime, il faut démanteler la rébellion tchadienne. Dans le sillage de l’insurrection il faut supprimer tous les chefs ou autres personnalités rebelles, dont les domiciles ont été préalablement identifiés un à un à Khartoum, Omdourman, Nyala et Eldjineina. Dès le début de l’insurrection populaire, l’armée tchadienne déguisée en éléments du MJE doit rentrer dans la ville d’Eldjineina, considérée comme le fief de la rébellion tchadienne.

Entre Deby et les rebelles d’une part et Deby et le Soudan d’autre part, il n’y a aucun secret ; tout se sait à la minute. Les rebelles et Deby sont les chacals de la même forêt, disait déjà quelqu’un, si bien que l’opération Deby/MJE est connue et suivie par tout ce monde. Le départ des éléments du MJE de N’djamena, au moment où une nouvelle offensive des rebelles était persistance, avait déjà alerté les différents protagonistes.

L’opération a finalement eu lieu. Les soudanais qui suivaient à la loupe les déplacements du MJE, l’ont laissé venir. Repérés à 160 KM de Khartoum, l’aviation soudanaise a commencé à pilonner systématiquement les éléments du MJE. Ceux-ci, ne pouvant plus faire demi-tour n’ont fait que foncer sur Omdourman dans le seul but de s’abriter des bombardements de l’aviation gouvernementale, laissant de coté tous les plans et calculs préalablement mis en place. Ce sont des éléments apeurés, désorganisés et poursuivis qui sont rentrés dans Omdourman. Le reste, on le sait.

Un témoin de deux événements constate amèrement : « C’est exactement un remake du 13 avril ; on fait plus de mille KM pour venir laisser des vehicules, des armes, des enfants étrangers à la ville et surtout des morts ». L’opération Deby/Khalil pour le renversement du régime soudanais et suivi du démantèlement de la rébellion a fait lamentablement pschitt. Dans Omdourman dévasté, il n’est pas bon aujourd’hui d’être un ressortissant de Darfour et particulièrement un zaghawa. La traque est massive et violente. En laissant venir le MJE, le Soudan poursuivait deux objectifs : affaiblir le mouvement et démanteler les réseaux de soutien urbains. Apparemment objectifs atteints.

Deby a suivi en direct les événements. Entouré de sa proche bouffonnerie, une télécommande à la main, un téléphone collé à l’oreille, il exultait. Il passait de la Télé soudanaise, à la télé El Djazira sans cesse et suivait les commentaires de Dr Khalil, terré dans la maison de Timan Deby à Bahaï. Deby appelait sans interruption les garnisons militaires de l’Est. Les commentaires fusaient de son entourage, aux anges, sur les immenses capacités de stratège de leur maître et surtout la fin sûre et certaine prochaine de la rébellion Tchadienne. Au fur et à mesure que le temps passe, les nouvelles relayées par les deux chaines deviennent inquiétantes et la communication avec Bahaï, embrouillé. A 21h, Deby constate l’évidence : PSSCHIT !!! Alors il demande au Ministre de communication de condamner l’attaque et rentre chez lui pour s’enfermer, injoignable pour plus de 48h. Il a réapparu ce lundi pour interdire l’écoute de la musique soudanaise sur toute l’étendue du territoire tchadien !

Mahamat Ahmat
N'djamena

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