Après OK→Omdourman↔Khartoum, Idriss Deby KO ?

Publié le par Hamid K.

 

Un célèbre proverbe tchadien dit « il faut toujours chercher à tuer le rusé et le brave viendra périr de lui-même ».        

Contrairement à l’opinion répandue, Idriss Deby n’a jamais été un officier exceptionnel dans sa carrière « FANISTE ». Les spécialistes étrangers et autres nous ont  présenté comme celui qui avait sauvé par sa stratégie et conduire les restes des éléments de Habré à Koulbous, après la débâcle de FAN en décembre 1980 à N’Djaména, comme si c’était lui qui commandait les forces de FAN.

Or à l’époque, Idriss Deby n’était qu’un petit aspirant qui avait été affecté à l’intendance pour s’occuper de la cantine des soldats, en remplacement du courageux Ousmane Hassan, un autre Bideyat mort dans les combats de N'Djaména. 

Malgré son certificat de pilote professionnel, c’était un mioche face aux grands officiers aguerris de FAN, qui ont fait leurs bagages avec Habré depuis INYI ARAMIGA (le rocher d’Arami aux confins de Tibesti en 1972) en passant par Aramkolé, jusqu’à l’arrivée du petit Deby en 1979. Les officicers comme le brave Ahmat Dongolong n'hésitait pas à le qualifier de "non circoncis" (akhlaff en arabe). Terme habituellement utilisé pour exprimer l'immaturité de quelqu'un. Pour cela, d'ailleurs la responsabilité de Deby est mise en cause dans la mort des plusieurs officiers de Fant dont Ahmat Dongolong  à Ounianga en 1983, par ce que Deby les a abandonner en cours de cambat.

 C’est à partir de 1982 que Deby a commencé à monter dans la hiérarchie des FAN, grâce au dosage ethnique. Il faut savoir que pour combler les pertes subies pendant la guerre des neuf (9) mois, Habré avait mis en place en 1981, une nouvelle stratégie de recrutement parmi les autres ethnies. En particulier les Zagawas se sont massivement engagés, à l’aide notamment des nouveaux cadres Zagawas. C’est ainsi que les deux grands (Itno et Djamous) ont été désigné  membres du BE et le petit Deby a été promis Com Chef 2ème Adjoint. Au début, il a été affecté à Ourouba (dans son fief natal) pour s'occuper d'une battaillon composée essentiellement des Bidéats qui ménacaient de rallier le FAP. Pour cela il n'avait presque pas participer à la conquête du pouvoir par le FAN en 1982. D'ailleurs, même lorqu'il rejoingna le front, son autorité a été contesté, a tel point que lors de combat de Quatrefalatta c'est Hissein Hamita qui commandait les troupes malgré la présence de Deby, qui a été rélégué aux rang de soldat.
Il n'a été titularisé qu'en 1983 après l’entrée au Gouvernement du titulaire Gouara Lassou et le 1er adjoint Tahir Guinassou. Pendant les trois (3) années (83-86) à la tête des FANT, Idriss Deby, n’avait jamais démontré des capacités de bravoures exceptionnelles. Au contraire, il avait prouvé sa capacité exceptionnelle de ruser pendant la guerre même s’il n’a jamais remporté des combats décisifs. Pendant cette période Deby s’était fait remarquer surtout par son caractère d’ignoble criminel qui exécute lâchement les prisonniers désarmés après la guerre. C’est aussi bref que ça, toute la carrière de notre prétendu grand seigneur de guerre «le Napoléon Toumïque » au sein de FANT de Habré. Je ne pas besoin de raconter la suite, Yorongar nous en a presque tout dit sur leur collaboration à la tête  du commissariat à la sécurité de l’UNIR.

 

En réalité, beaucoup des observateurs étrangers, et même la quasi-totalité des tchadiens ne se sont jamais posé cette simple question suivante: Pourquoi et comment parmi les trublions (Itno, Djamous et Deby) du complot de 01 avril 1989, seul le petit Idriss, a pu survivre et devenir président de la République ? Alors qu’a priori, il était le maillon faible du cénacle.

Certains fatalistes l’ont simplement attribué à la prédilection divine et d’autres se sont convaincus qu’il est le résultat de son conditionnement lors de son séjour hexagonal.

 

En fait, c’est le proverbe tchadien cité plus haut qui nous donne la bonne explication du pourquoi le petit Idriss est devenu ce qu’il est aujourd’hui et les deux autres ont péri. Le brave Hassan Djamouss et le grand frère Brahim Itno ont péri par ce qu’ils ne sont pas rusés comme Idriss Deby.

 

Non seulement Idriss Deby a réussi à sortir du lot parmi ses compères par ce qu’il est le plus rusé mais il a réussi à battre tous les records de longévité au pouvoir au Tchad grâce cette capacité exceptionnelle de tromper. Dans sa vie, Idriss Deby n’a jamais dit la VERITE un jour.

 

Paradoxelment, La ruse - ce moyen qu’on qu’on s’en sert pour tromper - si elle est condamnable sur le plan moral, ce n’est pas du tout le cas sur le plan militaire et politique. Dans ce dernier cas, on peut aisément qualifier une personne rusée d’astucieux, de stratège ou d’ingénieux etc.….

 

Ainsi, même si on condamne Idriss le rusé, il faut lui reconnaitre sa qualité de stratège sur le plan politique et militaire. En effet, si le petit Deby n’a été qu’un piètre officier alcoolique, délinquant et ignoble criminel dans sa carrière « faniste », il a su démontré des qualités exceptionnelles depuis le jour où il a pris la tête de la rébellion en 1989 contre son ancien mentor.

D’abord, par son habilité politique(combiné de ruse beiensur), il a réussi à fédérer autour de lui une force hétéroclites (Arabe, Zagawa, Hadjaraï, Tama..). En suite, par une extraordinaire stratégie de harcèlement guerrière, il est parvenu à défaire la grande FANT de Hissein Habré et prendre le pouvoir le 01/12/1990. Il faut souligner que le grand homme d’état, Hissein Habré était avant tout un grand administrateur plutôt qu'un straége militaire.

 

De même, après la prise du pouvoir, Deby a eu affaire à plusieurs mouvements armés : Du MDD en décembre 1991 au CMU en février 2008, Deby a incroyablement réussi à tenir grâce à sa stratégie, mais aussi avec  une bonne dose de soutien infaillible français.

 

Sur le plan politique, il a réussi à mener en bateau depuis 17 ans, toute la moribonde classe politique tchadienne. Sur ce plan, il faut plutôt relever que Deby a réussi plus par la défaillance des hommes politiques que par ses propres qualités.

 

Néanmoins, sa décision d’aider la rébellion soudanaise à aller attaquer la capitale soudanaise relève de la cécité politique et une stratégie suicidaire sur le plan militaire.   

 

Contrairement aux idées reçues, il faut savoir que sachant les conséquences d’une telle aventure, au départ Deby était contre le soutien à la rébellion du Darfour. Jusqu’au milieu de l’année 2005, Deby a tout fait pour ne pas apparaitre aux yeux des soudanais comme le mentor des rebelles soudanais.

Sur ce point, Deby a été entrainé dans cette ce piste par la volonté de certains notables et officiers Zagawa. On peut l’accuser de son incapacité à empêcher son entourage, de soutenir une rébellion étrangère à cause d’une affinité ethnique, sans prendre en compte la réaction de l’Etat contre lequel cette rébellion lutte.

Même si Deby a décidé de soutenir les Toroboros depuis que le Soudan soutien ouvertement la rébellion tchadienne, il a toujours gardé un espoir de trouver une solution avec le régime soudanais. Car au fond Deby soutenais la rébellion soudanaise n’ont pas pour l’aider à renverser le régime soudanais mais pour les utilisés contre la rébellion tchadienne.

 

Dans cette affaire et Deby, et le Soudan sont  victimes de la volonté des certains Zagawas tchadiens qui ont cru naïvement à réitérer l’exploit de décembre 1990 et prendre le pouvoir dans les deux pays.

 

Ainsi, les soudanais ne croyant pas à la sincérité de Deby, qui se démenait jusqu’à fin 2005 pour joué le rôle de médiateur dans le conflit soudanais, ont commencé à aider ouvertement la rébellion tchadienne. Et Deby à son tours contraint de soutenir les Toroboros, ne serait c’est que pour pouvoir les utiliser contre sa propre rébellion. C’est ce qu’il a réussi à faire jusqu’à là. On sait qu’en février dernier, c’est grâce notamment à l’aide du MJE que Deby a réussi sauver son trône. Malgré tout, il a continué à nier et a cherché par tout les moyens à se réconcilier avec le Soudan. Tous les accords qui ont été signé sont à la demande du Tchad.

 

Cependant, si Deby si était retissant à venir en aide a ses frères Zagawas rebelles, ce n’était pas par un certain souci de respect de la souveraineté du Soudan mais plutôt par ce qu'il craignait par dessus tout, ce qu’il n’a pu empêcher par la suite : les représailles soudanaises. Il sait qu’il ne peut rien contre ce grand voisin, qui est plus puissant que lui surtout les plans : militaire, économique et même diplomatique.

 

Et les Soudanais aussi de leur côté aussi ont toujours nié leur aide à la rébellion tchadienne. Ce qui veut dire que les deux parties pourront un jour trouver une solution, du moment où aucune d’entre elles ne voulait assumer ce qu’elle faisait.

 

Mais soudainement, sans aucun changement des fondements dans les variables stratégiques, qui ont amené Deby jusqu’à là a ne pas s’enfoncer dans le gouffre, il décide de s’embarquer avec Khalil Ibrahim dans une aventure dont la fin prévisible a été dans les périphériques de Khartoum.

     

Le stratège Deby a-t-il commis l’erreur fatale en liquidant son plus précieux allié à ce prix ?

 

Comment Deby, le grand stratège s'est laisser convaincre que ces Toroboros, peuvent vaincre la puissante armée soudanaise, avec ses chars et avions. Est-ce qu’il a imaginé ce qu’ils deviendront en cas d’échec ? A-t-il mesuré les conséquences de la perte définitive de cette précieuse carte conte le Soudant et cette puissante armée contre la rébellion tchadienne ?  

 

En fin de compte, le grand perdant  dans cette aventure c’est forcement Idriss Deby lui-même. En envoyant les Toroboros se faire massacrer par la puissante armée soudanaise, Deby a perdu 50% de sa puissance armée contre la rébellion tchadienne.

Si depuis sa création, cette dernière ne s’aventure jamais au nord est (vers Tiné, Bahaï et Fada), c’est par ce que les rebelles craignent avant tout d’être prise en tenaille par les Toroboros qui sont présent dans cette zone. Si la rébellion tchadienne n’a jamais pu prendre la ville D’Adré, c’est toujours par ce que les Toroboros étaient venu en renfort aux forces Debyennes. Jamais, les rebelles tchadiens ne peuvent concevoir une stratégie d’attaque sans intégré la variable Toroboros. Sans l’aide des rebelles soudanais du MJE, Deby serait parti en février 2008. On se frotte les mains déjà du coté de la rébellion.

 

Et le régime soudanais, auréolé de cette victoire contre la plus puissant de différents mouvements du Darfour, se sente plus que jamais dans son légitime droit de se défendre contre un régime tchadien qui osa pousser ses poulains jusqu’à la porte de Khartoum.  Plus qu’avant, le régime soudanais va avoir le soutien total de son opinion public et même le soutien des autres pays arabes.

Il faut se souvenir de la virulence des réactions des ces derniers quand Habré osa franchir la frontière libyenne en attaquant MATEN AL SARA.  

 

Désormais, le Soudan se décomplexera de son soutien en catimini à la rébellion tchadienne et il va surement l’accroitre substantiellement.  Ainsi, on peut se demander si Deby ne pas déjà KO après le raid OK (Omdourman-Karthoum) du MJE. On parle déjà de panique au sein des bouffons du régime. Il semble qu’on a ressorti les vieux chars pour les mettre devant la fameuse présidence. En tout cas, ça va se chauffer à N’djaména, ça c’est sur! Ce n'est pas en prenant des mesures genre l'interdiction d'écoute de la musique soudanaise qu'on peut pallier à une faute stratégique.

Idriss Deby chutera. Sauf si, nos presque moins bons chefs de la coalion rebelle parviendraient à nous réediter leur exploit de 2 février, en se querellant sur celui qui deviendra président aprés Deby. 

 

Le « Napoléon Toumaïque » cher aux médias français est il redevenu le simple officier alcoolique. Comment un vrais stratège militaire (et même politique) peut concevoir une pareille stratégie suicidaire ? Même le Capitaine Mahamat Nour à qui on attribut cette fameuse stratégie de rezzou à la tchadienne, était contre à l’époque du 13 avril mais son chef d’état major décida d’aller se faire tuer à la porte de N’Djaména. Pour le raid du 01 février ce différent. La coalition rebelle tchadienne en février connaissait ce qu’elle représente comme force militaire et elle connaissait exactement ce que représente la force de Deby. N’eut été leurs divisions politiques, les rebelles tchadiens auraient pu chasser Deby en février 2008.



La Rédaction de Waldar 
  

 

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