Séisme en Chine: 15.000 morts, des dizaines de milliers de disparus

Publié le par Hamid K.

Par François BOUGON


DUJIANGYAN (AFP) - Le séisme qui a frappé le sud-ouest de la Chine, le plus violent depuis plus de trente ans, a officiellement fait près de 15.000 morts et des dizaines de milliers de disparus, que l'armée tentait de retrouver mercredi au milieu des décombres.
Le dernier bilan, établi mercredi à 14h00 (06h00 GMT), était de 14.866 morts, dont 14.463 morts dans la seule province du Sichuan, ravagée lundi par le tremblement de terre de magnitude 7,9 sur l'échelle de Richter.

Ce bilan était encore très provisoire, ne prenant pas en compte certains chiffres donnés au niveau local, comme dans la ville de Yingxiu où 7.700 morts ont été recensés.

De plus, des dizaines de milliers de personnes étaient toujours portées disparues, comme dans la ville de Shifang, située près de l'épicentre du séisme, où plus de 30.000 personnes étaient portées disparues ou injoignables, selon les médias officiels.

Les pertes en vies humaines ne cessent de s'aggraver au fur et à mesure que parviennent des informations en provenance des zones les plus reculées.

Selon la police armée, rattachée au ministère de la Défense et citée par les médias officiels, plusieurs villes situées autour de Wenchuan, épicentre du séisme, ont été complètement "rasées".

"Il n'y a plus de maisons dans plusieurs villes et bourgs. Tout a été rasé", a affirmé Wang Yi, chef d'une unité de la police armée, cité par un site internet.

A Yingxiu, des cris s'élevaient d'amoncellements de béton et de poutrelles d'acier sur les lieux d'une école totalement détruite. Mais les habitants de la bourgade, dans le district montagneux de Wenchuan, en étaient réduits à fouiller les décombres à mains nues, a raconté l'agence de presse officielle Xinhua (Chine Nouvelle).

"La situation est pire que ce qu'on craignait", a déclaré un responsable local, parvenu sur les lieux en escaladant la montagne.

La plupart des routes ont été endommagées par les secousses ou rendues impraticables par des éboulements et des glissements de terrain. Les sauveteurs sont contraints de progresser à pied pour accéder aux localités disséminées dans cette zone montagneuse du Sichuan, ce qui limite le volume de vivres et de médicaments transportés.

Près du lycée de Dujiangyan, Li Jun, un ouvrier sidérurgique de 20 ans, regardait les familles qui veillaient les enfants morts. "Je n'ai plus de maison, elle s'est effondrée, il n'y a plus rien, maintenant j'attends que le gouvernement vienne reconstruire", déclarait-il à un journaliste de l'AFP.

Li Haijun, 29 ans, dont le petit frère se trouvait sous les décombres, se plaignait de la lenteur des travaux et des secours, apostrophant les militaires. "On a besoin d'eau, de nourriture, on n'a plus d'endroit où vivre", déclarait-il.

Le mauvais temps a encore ralenti le travail des sauveteurs et l'acheminement de produits de première nécessité et de matériels d'excavation.

En première ligne sur le front des secours, l'Armée Populaire de Libération (APL) a néanmoins réussi mercredi à dépêcher des hélicoptères chargés de vivres et de médicaments vers ces zones, comme sur la ville de Wenchuan, et a procédé à des parachutages.

Xinhua a annoncé que l'APL avait accompli mercredi sa plus grande opération de transport aérien sur une seule journée, avec 79 vols et près de 11.500 soldats transportés.

Les télévisions chinoises diffusent en continu des images de corps retirés des décombres, mais aussi de survivants, souvent grièvement blessés dans l'effondrement des écoles, des usines, des hôpitaux et des habitations.

Une fillette de 3 ans a été retrouvée vivante après avoir passé plus de 40 heures sous les corps de ses parents ensevelis sous des tonnes de décombres. Selon des sites internet, une femme enceinte de huit mois aurait été localisée à Dujiangyan et les sauveteurs s'activaient mercredi pour la sortir des décombres.

Le Premier ministre chinois Wen Jiabao, qui supervise les opérations menées depuis la ville de Dujiangyan, n'a pas caché son impatience devant la lenteur des secours.

Lors d'une visite dans le district de Beichuan, il a annoncé aux survivants que 100.000 et policiers armés participaient désormais aux recherches et aux secours, soit le double du nombre de soldats initialement mobilisés.

Une équipe de 1.300 médecins et infirmiers de l'armée, accompagnée de soldats, avait réussi mardi à rejoindre à pied le district de Wenchuan. L'APL a annoncé mercredi l'envoi de 50 autres équipes médicales, soit au total 1.500 hommes, venant des hôpitaux militaires de Pékin, Shanghai et Xi'an (centre-nord).

Ce séisme est le plus grave qu'ait connu la Chine depuis celui de Tangshan, près de Pékin, en 1976, qui avait fait 242.000 morts selon le bilan officiel.

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