N'Djamena en appelle à la communauté internationale aprés le forfait !

Publié le par Hamid K.

Crise Tchad/Soudan: N'Djamena en appelle à la communauté internationale

N'DJAMENA - Le ministre tchadien des Affaires étrangères Moussa Faki a appelé mercredi la communauté internationale "à faire comprendre raison" au Soudan, lui demandant également d'accélérer la mise en place au Darfour de la force conjointe de l'ONU et de l'Union africaine (Minuad).

"Il est temps que la communauté internationale fasse comprendre raison au Soudan pour qu'il règle le problème du Darfour", province du Soudan voisine du Tchad, a affirmé M. Faki, lors d'un entretien avec l'AFP.

"Il faut déployer la force hybride (Minuad). On a l'impression que les choses n'avancent pas alors que les conséquences ont largement dépassé les frontières du théâtre originel", a ajouté M. Faki, ancien Premier ministre et un des ministres-clé du nouveau gouvernement d'ouverture tchadien.

La Minuad, chargée du maintien de la paix au Darfour, province de l'Ouest du Soudan dévastée depuis 2003 par la guerre civile, doit compter au total 26.000 hommes.

Le gouvernement soudanais traîne les pieds pour permettre l'inclusion d'unités non africaines dans ses rangs et argue que l'ONU devrait d'abord épuiser les possibilités de recruter des troupes africaines.

 

Concernant l'attaque menée samedi près de Khartoum par un groupe rebelle soudanais du Darfour, le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), M. Faki a estimé "On veut faire porter la responsabilité de l'attaque sur le Tchad. Peut-être que ça passe mieux dans l'opinion soudanaise". "Le Tchad peine déjà à assurer la sécurité de ses frontières et a subi plusieurs attaques en provenance du Soudan, il ne va pas s'aventurer à plus de 3.000 km pour aller attaquer Omdurman. Le Tchad n'en a ni les moyens, ni le mobile. C'est un problème soudano-soudanais", a poursuivi M. Kaki. "Chercher à faire porter la responsabilité au Tchad, c'est de la propagande, c'est ne pas reconnaître les problèmes au Darfour", a-t-il précisé.

"Les Tchadiens n'ont rien à avoir ni de loin, ni de près avec ce qui s'est passé à Omdurman. C'est regrettable de chercher un bouc émissaire", a-t-il ajouté.

 

Le Soudan a rompu ses relations diplomatiques dimanche avec le Tchad qui avait nié "toute implication" dans cette attaque. Le Tchad a riposté lundi en annonçant la fermeture de sa frontière et le gel de ses relations économiques avec son voisin.

M. Faki a également souligné que des dispositions militaires avaient été prises pour défendre "l'intégrité du territoire tchadien" en cas d'attaque. "Les menaces (contre le Tchad) sont claires. Elles ont été proférées par la personne la plus autorisée, le président soudanais", a-t-il conclu.

 

Les deux pays, qui entretiennent depuis cinq ans des relations très tendues et tumultueuses, s'accusent mutuellement notamment de déstabilisation par groupes armés interposés

 

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