De Ramallah à Gaza, les Palestiniens commémorent la « Nakba »

Publié le par Hamid K.

Par lorient-lejour

Les Palestiniens ont manifesté hier pour marquer l’anniversaire de la « Nakba », la « catastrophe » que fut pour eux la création d’Israël en 1948 sur trois quarts de la Palestine historique.
« Soixante ans sont passés depuis la “Nakba” de notre peuple, lorsque des centaines de milliers de Palestiniens ont été déracinés de leur patrie, leurs maisons et leurs terres, et poussés à l’exode. Aujourd’hui, ils sont des millions », a déclaré le président palestinien, Mahmoud Abbas, dans un discours radiodiffusé. « La sécurité d’Israël est tributaire de notre indépendance et de notre sécurité. La poursuite de l’occupation et de la “Nakba” n’apportera la sécurité à personne », a-t-il ajouté. Il a également répété son intention de poursuivre les négociations avec Israël, relancées en novembre, pour parvenir à un accord sur la création d’un État palestinien. Le président Abbas a cependant averti que la poursuite de la colonisation juive pourrait saper les pourparlers.
Des milliers de Palestiniens ont participé à des manifestations en Cisjordanie et dans la bande de Gaza au moment même où le président Bush participait en Israël aux célébrations du 60e anniversaire de la création de l’État juif. La principale manifestation a eu lieu à Ramallah, en Cisjordanie. Les manifestants se sont recueillis sur la tombe du chef historique des Palestiniens, Yasser Arafat, dans le QG de l’Autorité palestinienne, avant d’achever leur marche place al-Manara, où plusieurs orateurs ont pris la parole. Vêtus de tee-shirts noirs portant l’inscription : « 1948, 60 ans de “Nakba” », de nombreux manifestants agitaient des drapeaux noirs ou de la Palestine. À midi, les sirènes d’alarme ont retenti. Les automobilistes et les passants se sont immobilisés pour une minute de silence.
Parmi les manifestants, une vieille femme au visage mangé par les rides montre le titre de propriété décrépit de la maison dont elle fut chassée avec sa famille par les forces israéliennes en 1948. Une autre, Bahiya Hamed, 55 ans, exhibe dans un cadre la clé de la maison de ses parents dans le village de Lifta, près de Jérusalem, partiellement détruit à la création d’Israël. « On a encadré la clé pour que nos petits-enfants puissent un jour s’en servir pour réclamer le droit au retour sur les terres de leurs grands-parents », explique-t-elle.
Des haut-parleurs, sur des camions, crachent des chants nationalistes. L’hymne national Biladi, Biladi (ma patrie) est chaleureusement applaudi. Tambour battant, des troupes de scouts ouvrent la marche. À Ramallah ainsi qu’ailleurs en Cisjordanie, 21 915 ballons noirs au total – le nombre de jours qui se sont écoulés depuis la « Nakba » –, ont été lâchés.
Dans la bande de Gaza, des centaines de manifestants, dont des dirigeants du Hamas, se sont rassemblés à quelques kilomètres du passage d’Erez, à la frontière avec Israël, pour commémorer la « Nakba » et protester contre le blocus israélien imposé au territoire. « Nous disons à Bush : retourne chez toi car ni toi ni l’ennemi sioniste n’avez votre place chez nous », a déclaré en haranguant les manifestants un chef du Hamas, Fathi Hammad. Des dizaines de manifestants, notamment des femmes et des enfants, se sont approchés d’Erez et des soldats israéliens ont tiré en l’air et lancé des grenades lacrymogènes pour les sommer de s’éloigner, selon un journaliste de l’AFP sur place.
En Israël, neuf députés arabes israéliens ont boycotté un discours du président américain au Parlement, l’accusant de fermer les yeux sur la « Nakba ».
Quelque 760 000 Palestiniens – aujourd’hui quelque 5 millions avec leurs descendants – ont été poussés à l’exode lors de la création d’Israël, qui refuse d’entendre parler de leur retour. En 1967, Israël a occupé la Cisjordanie et la bande de Gaza où les Palestiniens se sont résignés à créer leur futur État.





Source: www.lorient-lejour.com.lb

Commenter cet article