Tchad : activité des rebelles et de l'armée dans l'est du pays

Publié le par Hamid K.

Paris (AFP)

En plein regain de tension entre le Tchad et le Soudan, l'armée tchadienne a "vraisemblablement" mené une
"action préventive" vendredi dans une région de l'Est où se regroupent habituellement les rebelles, selon une source militaire française, information démentie par la rébellion.

Le commandant de l'Eufor, la force européenne chargée de sécuriser l'Est du Tchad et le Nord-Est de la Centrafrique, a de son côté fait état d'un regain d'activité de rebelles tchadiens dans l'Est du pays, selon une source militaire européenne à Bruxelles.
"Trois hélicoptères de l'armée tchadienne ont décollé à 05H30 et 05H45 d'Abéché" (Est du Tchad), dont un a tiré des roquettes avant de regagner son point de départ, a précisé la source française.
Ces trois hélicoptères - un hélicoptère de transport MI-171 et deux d'attaque MI-35 - étaient tous équipés de "paniers lance-roquettes".
Habituellement stationnés à N'Djamena, ils avaient été "prépositionnés" à Abéché et seraient intervenus dans la région située entre Adré et Adé, qui borde la frontière avec le Soudan.
La rébellion tchadienne a "fermement" démenti, par la voix d'un porte-parole, avoir été bombardée.
"Nous démentons de manière ferme, précise et officielle le bombardement de nos positions" dans la région d'Adé proche de la frontière soudanaise, a déclaré Abderaman Koulamallah, joint par téléphone depuis Libreville.
M. Koulamallah a même affirmé que la rébellion "se préparait à une bataille avec N'Djamena", et a fait état d'un "mouvement" d'éléments rebelles. "Le mouvement que nous effectuons n'a pas forcément pour objectif N'Djamena actuellement", a-t-il ajouté.
Les militaires français ne disposaient pas, quant à eux, "d'informations sur des mouvements de rebelles tchadiens", a assuré la source française.

Paris dispose de quelque 1.250 militaires au Tchad dans le cadre de l'opération Epervier, dont une partie stationnés à Abéché. 1.200 autres participent à l'Eufor, dont le quartier-général opérationnel au Tchad est également à Abéché.

L'Eufor a entamé à la mi-mars le mandat d'un an que lui a confié l'ONU de faciliter le travail des humanitaires et protéger les réfugiés du Darfour et les déplacés internes tchadiens et centrafricains, soit plus de 450.000 personnes au total.
Quelque 2.500 des 3.700 soldats qu'elle doit déployer sont déjà sur place.

En raison de l'escalade de violences dans l'Est du Tchad depuis trois mois, le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a annoncé vendredi avoir restreint ses activités et "les mouvements du personnel par mesure de précaution".

Lors d'une réunion à Bruxelles, le général irlandais Patrick Nash, commandant de l'Eufor, "a évoqué un événement impliquant des rebelles ce matin dans l'Est du Tchad, sans préciser s'ils venaient du Soudan", selon une autre source militaire européenne vendredi.

Le Tchad et le Soudan s'accusent régulièrement de soutenir les rébellions en lutte contre leur régime respectif.

Le Soudan a rompu dimanche ses relations diplomatiques avec le Tchad au lendemain d'une attaque menée samedi près de Khartoum par un groupe rebelle soudanais du Darfour, le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM). N'Djamena avait nié "toute implication".

Début février, des rebelles tchadiens partis de leurs bases arrière au Darfour (ouest du Soudan), avaient mené une offensive jusqu'à N'Djamena et avaient failli renverser le président tchadien Idriss Deby Itno avant d'être repoussés. Le Soudan avait nié toute implication.

"L'armée tchadienne s'était beaucoup renforcée au cours du dernier mois non loin de la frontière est" où des "infiltrations" rebelles avaient été observées, selon des sources militaires européennes.

"Les Tchadiens s'attendaient visiblement à une possible attaque des rebelles avant la saison des pluies. Cette fois-ci, ils voulaient éviter que les rebelles n'aillent jusqu'à N'Djamena", selon une de ces sources.

Une autre a une fois de plus souligné la neutralité de l'Eufor. "Nous n'avons à intervenir que si les rebelles attaquaient des populations civiles".


16/05/2008 16:51:09 - PARIS (AFP)



Source : jeuneafrique.com

Publié dans Actualités

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