Tchad – Inquiétudes face à l’escalade de la violence dans l’Est

Publié le par Hamid K.

Nous sommes très inquiets de l’escalade de violence dans l’est du Tchad, notamment après une attaque mortelle contre des gendarmes près d’un camp de réfugiés et l’augmentation du nombre de vols avec violence de véhicules. Nous craignons aussi que l’attaque menée par des rebelles contre la capitale soudanaise Khartoum, le week-end dernier, ne déstabilise encore la situation sécuritaire dans l’est et ne nous contraigne à réduire nos activités et les déplacements de nos personnels dans le cadre de mesures de précaution.

Mercredi, nous avons été très choqués par le dernier incident en date, près du camp de réfugiés de Touloum au cours duquel deux gendarmes assurant la sécurité du camp ont été attaqués et tués par trois hommes armés à trois kilomètres du camp. Deux autres gendarmes ont été grièvement blessés lors de cet incident, au cours duquel l’un des attaquants a été tué et un autre grièvement blessé. Les agresseurs, des Tchadiens, ont été arrêtés par la police. Les gendarmes travaillent avec la Commission nationale pour l’accueil et la réinsertion des réfugiés (CNAR), une organisation gouvernementale tchadienne, pour assurer la sécurité des réfugiés.

Après l’attaque meurtrière de mercredi, deux vols de véhicules avec violence ont eu lieu jeudi. Près du camp de Touloum, trois hommes armés ont volé un véhicule appartenant à l’un de nos partenaires opérationnels, ils sont ensuite dirigés à bord de ce véhicule vers le camp de réfugiés d’Am Nabak à 45 kilomètres au sud d’Iriba, où ils ont volé un autre véhicule appartenant à une ONG locale. Les gendarmes de Touloum ont pourchassé ces agresseurs, qui ont finalement abandonné les véhicules et se sont enfuis.

Au cours des trois derniers mois, nous avons été témoins d’un nombre croissant d’incidents sécuritaires. Le 1er mai, le chef de la mission Save the Children a été tué; en avril, un chauffeur de cette même ONG a été tué près de Farchana et, en février, deux gendarmes de la CNAR ont été tués à Farchana et à Bahai. Nous avons également été témoins d’un nombre accru de tentatives de vol de véhicules avec violence.
Des enceintes d’ONG ont été prises d’assaut par des voleurs armés à Goz Beida et à Abéché. Entre octobre 2005 et mars 2008, un total de 82 véhicules ont été volés dans l’est du Tchad, et seulement 23 ont été retrouvés.

 

L’UNHCR et la communauté humanitaire travaillent avec le Gouvernement tchadien, l’EUFOR et la MINURCAT pour mettre fin à l’impunité dans l’est du Tchad. Des mesures de sécurité supplémentaires sont actuellement mises en place. Aucune autre information n’est disponible à ce sujet.

L’attaque contre Khartoum menée par des rebelles pourrait provoquer des problèmes
sécuritaires supplémentaires dans l’est du Tchad et avoir un impact sur l’assistance
humanitaire apportée aux réfugiés et aux personnes déplacées dans la région. Dans le cadre de mesures de précaution, nous avons réduit les déplacements de nos personnels et nous ne nous déplaçons que pour des tâches essentielles comme le suivi de cas de protection, des distributions alimentaires et d’eau ainsi que l’assistance médicale. Dimanche 11 mai, un Antonov a été vu survolant le camp de réfugiés d’Oure Cassoni près de Bahai, effrayant les réfugiés. Le camp accueille 28 000 réfugiés et se trouve à six kilomètres de la frontière instable entre le Tchad et le Soudan.

Pendant ce temps, dans la région de Guéréda, environ 8 000 des 13 500 réfugiés soudanais arrivés dans l’est du Tchad en février et mars derniers vivent toujours en plein air à Birak, à environ 70 kilomètres à l’est de Guéréda près de la frontière avec le Soudan. Parmi eux se trouvent un grand nombre de femmes et d’enfants, qui attendent d’être transférés vers le camp de réfugiés de Mile mais nous avons dû reporter leur transfert il y a deux semaines à cause de la situation sécuritaire extrêmement instable dans cette région frontalière. En mars, nous avons transféré 5 287 nouveaux arrivants depuis la région de Birak vers le camp de réfugiés de Kounoungou, qui est situé près de Guéréda et qui a maintenant atteint sa capacité maximum de 19 000 réfugiés. En avril, nous n’avons pu transférer que 200 réfugiés vers le camp de réfugiés de Mile.

L’UNHCR et ses partenaires portent assistance à quelque 60 000 réfugiés venus de la région du Darfour au Soudan dans les trois camps de la région d’Iriba – 23 500 au camp de Touloum à environ 20 kilomètres au sud d’Iriba ; 18 500 au camp d’Iridimi et 16 705 réfugiés au camp d’Am Nabak. Au total, on compte 250 000 réfugiés soudanais qui sont hébergés dans 12 camps de réfugiés dans l’est du Tchad et quelque 180 000 Tchadiens déplacés internes.


APA

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