L’Afrique et l’Etat hébreu (Israel)

Publié le par Hamid K.

Par Jean-Baptiste  Placca / RFI


Il avait de quoi impressionner, le faste grandiose avec lequel ont été célébrés les soixante ans de la fondation de l’Etat d’Israël ! L’occasion pour ce peuple de se vanter d’avoir réussi à bâtir, en un peu plus d’un demi-siècle, un Etat moderne et prospère.

Indépendamment du drame sans fin que constituent les relations avec les Palestiniens, il faut bien admettre que les pionniers qui ont voulu cet Etat avaient une vision claire et l’esprit de sacrifice nécessaires pour offrir un avenir viable à leur peuple.

Que d’occasions manquées pour l’Afrique, à qui, dès 1958, Golda Meir, alors chef de la diplomatie israélienne, offrait l’expérience de développement de son pays !  En agriculture, en hydrologie, en mécanique, en travaux publics, en médecine, des milliers d’experts israéliens ont accompagné les premières années de l’Afrique indépendante sur le chemin du développement.

Mais, après la guerre du Kippour, en 1973, les Africains ont rompu les relations avec Israël, par solidarité avec l’Egypte. Golda Meir dans ses mémoires parle d’ingratitude. « Il faudra à ces pays beaucoup d’efforts pour nous faire oublier l’amertume que nous a laissée leur désertion à un moment critique », écrit-elle. Depuis, tout ce que le continent désire de l’Etat hébreu, il doit l’acheter à prix d’or. Et que pensez-vous que l’Afrique achète prioritairement à ce peuple qui a su dompter la nature pour en tirer le meilleur ? La technique pour aller chercher l’eau en plein désert 900 mètres sous terre, comme dans le Negev ou dans l’Arava ? Non !

Parce que cette eau est très chaude, lorsqu’elle sort de terre, les Israéliens la pompent le soir pour la faire circuler dans des tuyaux qui réchauffent les serres durant les nuits froides du désert. Mais elle a un goût saumâtre. Alors, ils y élèvent des poissons d’eau de mer, qui absorbent l’excès de chlore et y laissent quantités d’ammoniac et de produits azotés et phosphorés, qui sont autant d’engrais naturels pour faire pousser fruits et légumes. Le meilleur de la production est exporté, et le reste est vendu sur le marché national.

Cette technologie qui fait reverdir le désert et préserve la population de la faim n’est pas ce qui intéresse les gouvernements africains chez les Israéliens. Non, ils préfèrent leur acheter les systèmes d’écoute téléphonique, ainsi que les outils les plus sophistiqués du renseignement militaire et tout ce qui va avec, pour équiper les gardes présidentielles qui protègent les chefs d’Etat… contre leurs peuples ! 

 

par Jean-Baptiste  Placca



Source: rfi.fr

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