"Quelle est l’utilité de l’opposition politico-militaire au Tchad ?"

Publié le par Hamid K.

Par Joe Al Kongarena, librafrique.com 

 Quel est le bénéfice des bandes armées au Tchad? Quelle commodité les politico-militaires, confus et divisés, apportent-ils au peuple Tchadien ? En quoi l’insurrection armée est-elle si indispensable ? Appréciée sur le plan moral, politique, de compétence, de rendement, d’efficacité, de conviction et de légitimité, l’opposition armée Tchadienne échoue lamentablement par la faute de ses propres désordres et contradictions internes, par ses récurrentes approximations stratégiques dignes des gradés de promotions illetrés ou peu instruits et défaites absurdes, par le manque d’unité et d’un leader légitime faisant l’unanimité en son sein, par l’absence totale de gains ou un rendement trop faible pour justifier les énormes pertes humaines et dégâts matériels....

 

Les Tchadiens n’ont plus d’énergie que pour le mal. L’enfer fait ses prestiges dans ce pays de l’Afrique centrale en dépravant les consciences, tant et si bien que les lignes de démarcation entre les notions du mal et du bien ne soient plus très nettes. Les faits sont là pour attester de la dégradation des valeurs morales et du rehaussement du niveau de violences guerrières. Dans ce tourbillon de désordre total, de nombreux Tchadiens se questionnent sérieusement à savoir quel est le bénéfice des bandes armées au Tchad? Quelle plus-value les politico-militaires, confus et divisés, apportent-ils au peuple Tchadien ? En quoi l’insurrection armée est-elle si indispensable ? Nous allons tenter de répondre à ces interrogations en montrant, à la déférence pour l’évidence, que l’opposition politico-militaire  est vide de sens, ruineuse et contre-révolutionnaire.

Depuis les premiers conflits fonciers majeurs, autour des années 60, jusqu’à la forme actuelle de l’insurrection armée, le mal Tchadien se manifeste sous ses aspects réguliers: déraison de l'esprit, inconséquence politique, déprédation, rébellion sempiternelle de quelques minorités ethniques ayant manifestement une forte propension à régler les conflits par la force, corruption, égoïsme… Ce sont toujours les mêmes errements, mêmes excès, mêmes déchéances, mêmes crimes. De bandes d’anarchistes issues d’une banale affaire d’impôts à Mangalmé, un des quatre départements de la région du Guéra (les premières insurrections armées au Tchad), jusqu’aux rebelles Tchadiens contemporains basés au Soudan, une constante se dégage : c’est presque la même lignée d’individus excentriques, conservant la même logique de violence, qui s’étend et essaie de s’acclimater en ce 21e siècles.

Au sommet de cette sorte de basilique de folie meurtrière, on trouve des chefs de guerre réclamant tout haut leurs tributs de mise à mort sous la forme d’une opposition  dite politico-militaire, domaine où des opportunistes dégénérés déploient tous les délires de leur ivresse guerrière. Ivres d’anarchie et méprisant la vie humaine, politico-militaires, affairistes, criminels, repris de justice, des individus ayant perdu des privilèges indus, des égarés,  tous crient : changement politique au Tchad ! en trébuchant sur des hauts tas de cadavres, victimes Tchadiennes de l’affairisme armé. Puisqu’il s’agit de montrer que le chemin tracé par les bandes armées Tchadiennes n’est pas une voie de solution au mal qui nous dénature, allons-y : Plusieurs faits ouvrent nos yeux aux splendeurs de l’évidence que l’opposition politico-militaire au Tchad est vaine et ruineuse :

  • La signature morale des groupes armés Tchadiens offre toutes les marques distinctives de l’irresponsabilité criminelle doublée du clanisme, de la vacuité, de l’anarchie et de la déchéance. En effet, les leaders de la rébellion et le régime de Ndjamena, en toute insouciance ou en prétextant certaines obligations, se disputent le droit d’envoyer au massacre les jeunes Tchadiens. Le 13 avril 2006, les dirigeants politico-militaires, les premiers à initier au Tchad ce jeu de la mort, ont embarqué à bord des véhicules motorisés des adolescents drogués qu’ils ont livrés à la mort à Ndjamena. Un geste d’une inconséquence condamnable. Mais, étonnement, cette entreprise funeste a plutôt convaincu les rebelles et leurs partisans de louer les bienfaits de leurs actions au point de récidiver au mois de février 2008. Nous dépassons largement les 2000 morts en bilan sans compter les orphelins, les veuves, les dégâts matériels, économiques et les impacts sur l’image du Tchad dans le monde. A son tour, le régime de Ndjamena, apparemment, a lui aussi envoyé les soldats Tchadiens se faire massacrer à Khartoum et Omdurman (Mai 2008). Là, curieusement, les politico-militaires retrouvent subitement la raison et crient au meurtre. Une prise de conscience partielle déplorable pouvant se résumer en « Ne faites pas ce que nous faisons car c’est mal.» Pourquoi est-on un jour responsable et l’autre sciemment criminel convoyant des jeunes à la mort? Et si les rebelles se  disaient tout simplement «arrêtons ce que nous faisons» et aux autres « ne faites pas ce que nous faisons car c’est mal.»? N’est-ce pas qu’ils ont conscience du mal qu’ils font puisqu’ils peuvent identifier le même mal s’il est commis par autrui? Pourquoi ce double standard? Vous me comprenez quand je dis que choisir entre Deby et les politico-militaires, c’est accepter un faux choix. Le peuple Tchadien majoritairement déplore, dénonce et condamne les bévues criminelles  de certains Tchadiens qui, invoquant des soi-disant nécessités, s’accordent le droit de tuer d’autres Tchadiens en son nom.

  • L’intention, à la source, des politico-militaires est-elle exclusivement déterminée par la volonté de réaliser un devoir?  La réponse est non. Si la conduite des rebelles est vraiment motivée par un devoir alors il s’agit d’un impératif particulier, subjectif et individuel, qui se volatilise face aux largesses du gouvernement central, aux promesses des postes ministériels et des promotions professionnelles. Il suffit d’observer que l’essentiel de la logique de la politique de Deby n’a presque jamais varié d’un iota alors que les rebelles continuent d’abandonner leurs principales revendications pour se rallier sans conditions au président Tchadien. Comment expliquez-vous ces revirements? Pour éviter le sang versé et ramener la paix, tentent d’argumenter ceux qui se croient plus intelligents que certaines personnes naïves qu’ils s’hasardent de convaincre. Jusque-là, les rebelles Tchadiens n’ont jamais agi par devoir.

  • L’opposition politico-militaire est inefficace et produit un rendement très médiocre : Hormis les pertes humaines, les dégâts matériels, le nombre croissant d’orphelins et de veuves qui pèsent lourds dans leurs bilans, les politico-militaires n’ont aucun résultat positif à présenter aux Tchadiens. Sauf, peut-être, un Idriss Deby un peu incommodé par les incessants harcèlements. Et là encore, ce n’est pas le progrès ni le changement qu’attendent les Tchadiens. A l’inverse du résultat très médiocre des rebelles Tchadiens, lequel bilan réclame l’arrêt de la guerre, l’accord du 13 août 2007 entre l’opposition civile démocratique et le gouvernement est une preuve d’efficacité de dialogue pacifique. Même si l’opposition civile a aussi ses canailles, elle est moins prohibitive en vies humaines, plus conséquente, utile et productive comparée à une insurrection armée dite politico-militaire qui ne répond que par d’absurdes défaites. Nous devons rechercher le dialogue en privilégiant la force des arguments et non les arguments de la force. De cette façon, nous pouvons élaborer un contrat de société qui garantit l’égalité et respecte la liberté de tous. Seul un tel contrat constitue un véritable refleurissement  car il postule à réduire les oeuvres des inégalités sociales.

  • La guerre menée par l’opposition armée enrichit Deby et son alentour car elle justifie toutes les dépenses entreprises par le gouvernement Tchadien pour le compte de l’armée. Idriss Deby a échappé à toutes les restrictions sur les revenus pétroliers auxquelles il était soumis grâce aux attaques futiles des politico-militaires. Il ne s’attendait pas à une telle manne qui allait le rendre si rapidement puissant, riche et populaire. En réalité, ce ne sont pas quelques raids, ne répondant à aucune logique militaire, d’une confédération de troufions qui effraient Idriss Deby, un guerrier expérimenté de part son parcours et stratège confirmé d’une grande école de guerre. Dans les faits, le président Tchadien perçoit cette situation comme un harcèlement incommodant et symboliquement comme une humiliation. C’est tout. Il sait que seul le jour où l’armée française et la fraternité franc-maçonne l’abandonnent, il partira.

  • La logique incurable de l’ethnisme et le manque de réelle conviction font échouer les innombrables et vaines alliances de façades des politico-militaires qui, servent souvent d’échappatoires à quelques irréductibles revendicateurs de l’unité politique des multitudes des clans armés. Et encore si ces coalitions ne sont pas les résultats des pressions de ceux qui tirent les ficelles derrière les rebelles. En peu de mots, les politico-militaires sont esclaves, volontaires ou non, peut-être à vie, des déterminismes ethniques. Ipso facto, ils ne réaliseront, fort probablement, jamais l’unité politique nécessaire pour porter le changement qu’ils promettent aux Tchadiens. C’est dire qu’en comptant sur notre silence, ces bidasses font la promotion d’un bien qu’ils ne peuvent pas livrer.

  • Le nom de famille des troufions Tchadiens, « la résistance nationale», mis en avant par les partisans du « Tchad de guerres fratricides », incarne en réalité une suite chaotique d’aboutissements livrés aux caprices des groupes armés claniques dont les têtes pensantes sont inconnues de la majorité des Tchadiens. Celles qui sont connues le sont en raison des délits qu’ils ont commis avant d’épouser le métier d’entrepreneur « politico-militaro-affairiste ». Il n’existe pas un seul groupe armé ayant le droit moral de représenter la nation Tchadienne. Je doute qu’il soit vrai même à l’échelle réduite des ethnies. C’est la débauche de la langue qui a fait en sorte que la guerre fratricide des politico-militaires soit dépeinte comme une résistance nationale. D’ailleurs, nous savons que l’appellation «résistance nationale» est un coup de communication d’un certain (ndlr: Abbas Kayangar)  Le Gars de Mandoul, cyber-opposant très actif en 2006-2007, le premier à dire et insister dans ses écrits qu’il n’existe pas de rebelles mais plutôt de résistants partout au Tchad. Il a probablement retrouvé la raison en ouvrant les yeux sur la réalité des fléaux de la rébellion Tchadienne et a cessé de soutenir ce qu’il était le premier à appeler la résistance nationale. Il est déçu à raison!

  • L’opposition armée a des jours sombres devant elle : les nouvelles ne sont pas  du tout bonnes. L’Afrique entière, meurtrie par les guerres ethniques et les multiples rébellions et la communauté internationale rejettent tout principe d’usage des armes pour s’emparer du pouvoir. De plus, les Tchadiens, en particuliers, sont davantage conscients de la nécessité de la paix et de la sécurité. Ils ont compris que c’est une boucle folle  de violence sans possibilité d’un réel changement et se disent que, tant qu’à stagner ou même régresser, il vaut rétablir la paix et la sécurité. Être un politico-militaire ou un partisan de l’opposition armée n’est pas un métier d'avenir. Les sujets Tchadiens évoluent plus rapidement que prévus et réclament autre chose que la violence.

Appréciée sur le plan moral, politique, de compétence, de rendement, d’efficacité, de conviction et de légitimité,  l’opposition armée Tchadienne échoue lamentablement par la faute de ses propres désordres et contradictions internes, par ses récurrentes approximations stratégiques dans les opérations militaires et défaites absurdes, par le manque d’unité et d’un leader légitime faisant l’unanimité en son sein, par l’absence de rendement ou par un gain trop faible pour justifier les énormes pertes humaines et dégâts matériels. Aucun de tous ces points, ci-dessus cités, ne se dérobe à la patience d’une analyse approfondie et objective des bandes armées Tchadiennes. Et donc, soyez sans crainte de dire que cette forme opposition est d’aucune utilité significative pour l’intérêt supérieur du peuple Tchadien. Il n’y a pas de raisons de penser le contraire. Hormis le déplorable amalgame entre la bravoure et la propension des guerriers Tchadiens à provoquer le chao anarchique en tous lieux (des gens simples très impressionnés y voient le courage), rien n’autorise à espérer  que le changement politique au Tchad arrivera sur un bout des canons en provenance de l’Est. C’est à nous de travailler à bien penser, à bien juger au-delà des apparences afin de faire un choix responsable de voie pour régler nos différends. Nous devons mettre notre conduite en accord avec la raison en appuyant une forme d’opposition démocratique qui cause le moins de mal possible.  Dénonçons et condamnons la violence armée au Tchad car notre silence pourrait nous attribuer, un jour, le brevet de souveraine indifférence à la barbarie. Libérons-nous de l’emprise du monstre de guerre dont la soit du sang humain hurle  du fond des ténèbres  et l’écho nous parvient sous la forme d’un appel à soutenir la vaine et ruineuse œuvre des seigneurs de guerre Tchadiens. 



Par Joe Al Kongarena


Source : Libreafrique.com



NDLR : A propos Le gars de  Mandoul "Note:  notre résistance à Deby Itno ne prendra fin qu’à sa chute. Il ne faut pas baisser les bras car Deby ne baissera pas son épée. Nous sommes de retour et volontaires sur la première ligne. J’ai lu les articles «Cirque de mort au Tchad» et «la voie armée, un mal de plus!» publié sur www.librafrique.com où l’auteur, Joe Kongarena, nous a déclaré essoufflés par tant de haine vociférée inutilement à l’encontre de Deby Itno. Nous disons que nous sommes encore là et la résistance continue. Mobilisons-nous car nous n’avons jamais été aussi forts qu’aujourd’hui." 

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Saleh Hamza 20/05/2008 07:51

Tchad : Des Agitateurs au service de Déby.


Qui parmi les politico-militaires serait plus criminel que Deby? Vous ne trouverez personne. Qui peut mieux connaitre Deby que ses propres frères qui ont sacrifié leurs privilèges pour privilégier l'intérêt de tous les tchadiens? Pourquoi condamner ceux qui meurent pour nous quand nous ne faisons rien pour les aider vraiment? Au moins donnons-leur humblement la reconnaissance de nos voix.
Tous ceux qui s'opposent à la Résistance Nationale font le jeu de Deby. Au moment où il faut s’unir, certains tchadiens soulèvent volontairement des faux débats au sujet de compétences de seulement quelques individus. Ils aiment rappeler inutilement pour semer la discorde le passé sanglant qui pourtant a eu lieu sous Deby lui-même. Ces agitateurs visent l'éclatement de la solidarité des courageux fils du Tchad. Le dernier article de Félix Ngoussou sur wwwtchadforum.com est un exemple des individus qui se disent contre Deby mais sont paradoxalement contre les personnes qui menacent réellement Deby.

Un élève perturbateur : c’est l'appréciation de monsieur Kamane Kou-Nangué lui-même, directeur du Collège Évangélique, une prestigieuse école privée de la capitale Tchadienne, au sujet de la conduite à l'école de Joe kongarena. Demandez à ce dernier son bulletin de classe de quatrième (il était en 4e B) et vous lirez ce que je viens de vous dire. Quel est l’intérêt que je vous dise cela? Je vous demande de prendre avec mille précautions les propos de cet autre agitateur excité. Dans ses écrits, il s'en prend tantôt à la Résistance Nationale, tantôt à Deby. D'autres fois, il se veut pacifique en condamnant la guerre et parfois il appelle la jeunesse tchadienne à la révolte contre les ainés. Pour ceux qui le connaissent, c'est juste qu'il perturbe naturellement. Ses appels à la révolte contre les ainés sont en contradiction avec nos valeurs tchadiennes de respect et d'obéissance envers nos pères ou les personnes plus âgées en général. Ses prises de positions contre la courageuse Résistance Nationale tchadienne qui se sacrifie dans la douleur pour tenter de nous débarrasser de Deby sont condamnables.

Qu'ont apporté les intellectuels aux tchadiens exceptées leurs grandes tergiversations inutiles?Nous ne devons plus tolérer en silence des personnes irrésolues qui continuent de nous infecter avec messages de divisions et de haine ou des rappels douloureux du passé que les tchadiens sont prêts à pardonner ou ont même déjà pardonnés.

Nous connaissons bien ces agitateurs qui gueulent dans le vent à partir de leurs refuges en France ou ailleurs. Nous allons répondre parole sur parole pour que cesse cette haine gratuite envers nos frères de la Resistance nationale qui meurent pour un Tchad meilleur. Au moins, les résistants essaient et c’est leurs mérites. Il faut être malhonnête et menteur pour aller jusqu'à écrire au monde entier que certains tchadiens ont pris les armes contre Deby pour uniquement sécuriser leurs immenses richesses (article titré ils sont presque tous irréformables sur www.librafrique.com ). Cette affirmation a été pour moi une goutte d'eau qui a fait déborder la vase. L'auteur semble avoir besoin d'être informé sur le rôle des banques et des paradis fiscaux. De nos jours, on n’a pas de besoin de risquer de mourir à chaque instant sur un front militaire pour protéger son argent. Ce gars tente volontairement de tromper les tchadiens en mentant grossièrement.La Résistance Nationale fait un sacrifice pour l’intérêt supérieur de tous les tchadiens. Comme un chien enragé, Joe s'en prend à tout le monde sans épargner même l’opposition civile. Il a copieusement insulté le général Kamougué dans l’article mentionné précédemment.Que veux-tu exactement? Ni la Résistance Nationale, ni l'opposition civile, ni Deby, ni nos pères et ainés ni les tchadiens. Que veux-tu? Nous ne trouverons pas un seul mot sérieux sur ceux qui pillent l'argent des tchadiens pour acheter des immeubles de luxe à l'étranger ni critique sur les tueries quotidiennes et les viols de Deby. Il faut que tu arrêtes de blâmer ceux qui combattent. Ce sont les seuls tchadiens qui empêchent Deby de dormir et qui le poussent vers la sortie ou l'oblige à se corriger pour le bien de tous.

Vive la Résistance Nationale et bonne année 2008 aux résistants!! Honneur et Victoire à la Résistance. Courage aux hommes braves et à ceux qui contribuent par leurs idées, écrits ou moyens de communication à la victoire du bien sur le mal. L’histoire se souviendra de vous et aussi de agitateurs.

Saleh Hamza
Salehhamza12@yahoo.fr