Obama attend pour crier victoire

Publié le par Hamid K.

Par Marianne ENAULT
leJDD.fr


 Clinton vs Obama, encore. Les électeurs démocrates du Kentucky et de l'Oregon ont à leur tour rendez-vous avec les urnes mardi. Le sénateur de l'Illinois, donné vainqueur en Oregon, avait un temps envisagé d'annoncer sa victoire finale dans la course à l'investiture démocrate, au soir des résultats. Mais il a semble-t-il fait machine arrière, face à la détermination de sa rivale.

Barack Obama se déclarant victorieux dans la course à l'investiture démocrate au soir des primaires dans le Kentucky et en Oregon: c'était le scénario rêvé depuis des semaines par son équipe de campagne. Et celui envisagé depuis quelques jours par les médias américains. "Souvenez-vous de la date: le 20 mai. C'est ce soir-là que l'équipe de campagne du sénateur Barack Obama a décidé d'annoncer sa victoire", écrivait ainsi Newsweek le 6 mai dernier.

Le sénateur de l'Illinois s'est dès lors pris au jeu, se comportant de plus en plus comme un candidat investi. Il a par exemple dit qu'il était prêt à débattre avec John McCain, qui est lui, depuis bien longtemps, le candidat officiel du parti républicain. Dimanche, Barack Obama avait même fait savoir qu'il fêterait sa victoire annoncée en Oregon dans... l'Iowa, làmême où il avait remporté ses premiers caucus, le 3 janvier dernier. Tout un symbole. "Une façon formidable de boucler la boucle", pour le candidat. Pour tous, l'affaire était donc tranchée: le candidat se déclarerait vainqueur le 20 mai, sans attendre les trois derniers scrutins, le 1er juin à Porto Rico, puis le 3 juin dans le Montana et le Dakota du Sud.

"Laisser le jeu se poursuivre"

Oui, mais voilà, c'était sans compter sur la détermination sans faille d'Hillary Clinton. "C'est loin d'être fini", a-t-elle encore déclaré mardi, mettant en garde le camp d'en face contre toute célébration prématurée de victoire. "Aucun de nous n'aura le nombre de délégués requis pour obtenir l'investiture, mais je constate que mon adversaire et ses partisans s'apprêtent à le revendiquer", a-t-elle ainsi déclaré.

Hillary Clinton, qui devrait surement l'emporter dans le Kentucky, n'étant toujours pas prête à s'avouer vaincue, Barack Obama a préféré attendre. Après les résultats mardi, il devrait simplement revendiquer avoir atteint la majorité des délégués attribués par le vote populaire, soit 1 627, avec l'espoir, tenace, de convaincre les super-délégués encore indécis. De "façon formidable de boucler la boucle", le rendez-vous politique du jour s'est donc transformé, dans la bouche d'Obama, en date "importante", à l'issue de laquelle il entend "laisser le jeu se poursuivre". Et de déclarer, plus clairement : "Je ne serai pas investi tant que je n'aurai pas une combinaison suffisante de délégués et de super-délégués."

Dans le camp Obama, la prudence prévaut donc. Reste que dans la tête du jeune sénateur, c'est déjà fait. La plupart des 796 super-délégués ont déjà fait connaître leur choix et Barack Obama est en tête. Et puis, pour lui, quoi de plus logique: les super-délégués encore hésitant, qui feront la différence lors de la Convention de Denver fin août, porteront nécessairement leur choix sur le candidat qui aura remporté le plus de voix et de délégués lors des primaires. Lui-même, donc.

Pas si simple, pense-t-on toutefois dans le camp Clinton. Depuis le début de cette harassante course, la sénatrice de New York croit dur comme fer que les super-délégués la choisiront ; elle qui ferait un bien meilleur candidat qu'Obama face à McCain, en raison de ses victoires dans plusieurs grands Etats, a-t-elle maintes fois expliqué. La candidate espère toujours que l'on prenne en compte les primaires de Floride et du Michigan. Ces deux Etats avaient avancé la date de leurs primaires, au mépris du règlement du parti démocrate. Ce dernier avait donc décidé de ne pas prendre en compte les résultats du scrutin et de leur retirer leurs délégations. Hillary Clinton doit présenter sa requête le 31 mai prochain devant le comité national du parti. D'ici là, Barack Obama espère s'imposer, sinon dans les urnes, du moins dans les esprits, comme le candidat du parti démocrate.

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