Inédit : Idriss Deby tourmenté,il cherche le confort auprès des ses députés décretés depuis 8 ans

Publié le par Hamid K.

Deby dénonce "l'obstination" de Khartoum à vouloir "détruire" le Tchad
Par lemonde.fr / AFP

Le président tchadien Idriss Deby Itno a dénoncé mardi l'"obstination" du régime soudanais à vouloir "détruire" le Tchad et d'"embraser toute la région", mais a souligné qu'il accueillait "toute initiative" pour normaliser ses relations avec Khartoum.

 

"La politique obscurantiste de déstabilisation que mène le régime de Khartoum contre notre pays, ne cesse d'affecter les relations de paix", a affirmé M. Deby dans un message lu à l'Assemblée nationale tchadienne.

"Malgré l'obstination d'(Omar) El-Béchir (le président soudanais) à vouloir détruire notre pays, notre désir de paix et de coexistence pacifique, nous a déterminé à accueillir favorablement et à répondre promptement à toute initiative tendant à la normalisation des relations entre nos deux pays", a toutefois ajouté M. Deby.

Le Tchad et le Soudan traversent une nouvelle crise depuis qu'un mouvement rebelle soudanais le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) a attaqué le 10 mai Omdurman, ville jumelle de Khartoum qui a en attribué "toute la responsabilité" au Tchad, menaçant son voisin de représailles.

Khartoum a rompu ses relations diplomatiques avec N'Djamena, qui a démenti "toute implication", fermé sa frontière et gelé ses relations économiques avec son voisin à la suite de cette attaque.

Dans ce message, le président Deby a également affirmé que M. Béchir avait "toujours orchestré des menées subversives dirigées" contre le Tchad.

"Bien que la Communauté internationale peine à résoudre cette crise, je demeure convaincu que les pressions nécessaires exercées sur toutes les parties soudanaises" pourront permettre "de mettre fin à la violence et aux atrocités en vue du retour des milliers de réfugiés (du Darfour soudanais voisin) que nous accueillons sur notre territoire", a-t-il ajouté.

M. Deby a nié à nouveau toute implication tchadienne dans l'attaque rebelle sur Omdurman "regrettant la décision" du Soudan de rompre unilatéralement les relations diplomatiques".

Le président tchadien a aussi "réaffirmé" que le Tchad "n'a aucun intérêt à déstabiliser ce pays voisin et frère, avec lequel nous sommes liés par l'histoire et la géographie", a-t-il dit, ajoutant qu'il ne ménagerait "aucun effort pour mettre en échec le rouleau compresseur de l'agression programmée de note pays".

Selon M. Deby, depuis 2005, le Tchad a subi 27 attaques venant du Soudan dont celles contre N'Djamena le 13 avril 2006 et les 2 et 3 février 2008.

Le Tchad et le Soudan entretiennent depuis cinq ans des relations très tendues et tumultueuses. Ces deux pays voisins s'accusent notamment de déstabilisation par groupes armés interposés.

En 2006, ils avaient déjà rompu pendant quatre mois leurs relations diplomatique après l'"agression programmée à partir de Khartoum", à la suite d'une offensive de rebelles tchadiens sur N'Djamena et dans l'Est du pays, selon N'Djamena. Le Soudan avait démenti toute implication.

Au début de cette année, N'Djamena avait accusé le Soudan d'avoir "ordonné" aux rebelles tchadiens installés au Darfour voisin de franchir la frontière pour attaquer l'armée tchadienne et de les avoir poussés à tenter de renverser le régime à N'Djamena les 2 et 3 février.

Ces tensions entre les deux pays trouvent aussi en partie leur origine dans la présence au Tchad, où ils se sont réfugiés, de plus de 240.000 Soudanais fuyant la guerre civile au Darfour.

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