"Les officiels de l’Eufor fournissent de précieux renseignements à Idriss Deby" sur les forces de la rébellion tchadienne

Publié le par Hamid Kelley

L’EUFOR: Bouclier de protection du dictateur Deby

Par la rédaction de tchadvision

L
es signaux que renvoient depuis peu les hauts gradés de l’Eufor sur les manœuvres de l’opposition armée à l’Est trahit la position partisane de ce dispositif militaire pro- N’djamena.

 

L’histoire du Tchad se réécrit fatalement dans le même scénario politico-militaire et géostratégique, et cela sous l’instigation de la France. Les soldats mobilisés dans les bases militaires françaises au Tchad, sous le prétexte d’accord de la défense de l’intégrité du territoire d’un Etat « indépendant » ou de coopération militaire déguisé en accord de défense, ne sont en réalité depuis Tombalbaye à Deby que des postes stratégiques de défense des intérêts financiers et géostratégiques des impérialistes. Dans des bains de sang, ces forces françaises n’hésitent pas à noyer les soulèvements populaires dirigés contre les dictateurs africains qui préservent jalousement les intérêts de Paris. La participation directe de l’armée française dans l’offensive des forces de la résistance nationale lancée contre le palais rose en février dernier illustre cette vérité de Lapalissade. La neutralité de l’Eufor « Force Européenne » est plus que jamais remise en doute, à l’heure où, d’un côté de la frontière comme de l’autre entre le Tchad et le Soudan; de grandes manœuvres militaires sont perceptible après la tentative avortée de renversement du président soudanais Omar Al Bachir par le MJE (soutenu et armé par N’Djamena).

Epervier-Eufor-Deby


L’envoi des troupes de l’Eufor à la frontière avec le Soudan (Darfour) ne laisse plus l’ombre d’un doute sur sa mission secrète. Officiellement et selon la résolution 1778 du Conseil de Sécurité qui autorise sa création, les troupes occidentales - constituées à 55% de soldats français, doivent contribuer à la protection des civils, faciliter l’acheminement de l’aide internationale et protéger les personnels de l’Onu sur place. Des analystes se sont accordés à dire que ce déploiement vise à renforcer la présence militaire française déjà sur le terrain, à travers l’opération Epervier, dans sa mission de protection de la farouche dictature de Deby.
Les connivences entre L’Epervier et l’Eufor sont aux couleurs de l’impérialisme français. Stationnés d’ordinaire dans la capitale N’Djamena pour des raisons de sécurité, les 600 soldats de l’Epervier sont annoncés au sein même de l’Eufor dont le champ d’action se trouve à l’Est autour d’Abéché. En réalité dans le conflit tchado-tchadien, l’Eufor est l’œil de Deby et des hauts gradés français de l’opération Epervier. Dans cette vaste région de l’Est, point de départ de la résistance hostile au régime, les troupes européennes font plus que la protection des civils. Les officiels de l’Eufor fournissent de précieux renseignements à Idriss Deby. Des rapports « top secret » ont été envoyés cette semaine à l’état-major du dictateur de N’Djamena. Ces informations transmises par les hauts gradés européens signalent d’importants mouvements, signes de grandes manœuvres des forces de l’Alliance Nationale. L’armée de Deby, fort de ces informations, soi-disant d’attaques imminentes, a menée une « action préventive » le 16 mai dernier, selon un officier supérieur fidèle à Deby. Trois hélicoptères de l’armée tchadienne de fabrication soviétique (un MI-171 destiné au transport et deux MI- 35- d’attaque) ont décollé d’Abéché et l’un a tiré des roquettes avant de regagner son point de départ, selon une source française contactée par l’AFP. Selon la même source, les militaires français n’avaient pas « d’informations sur des mouvements de rebelles tchadiens ».Un mensonge de plus. A la vérité, les hauts gradés de l’Epervier échangent des informations classées « secret défense » avec les services de renseignements de N’Djamena. Preuve de ce mariage d’intérêt tchado- français, des informations parcellaires et orientées données à l’Agence France Presse par des sources militaires…françaises au sujet des manœuvres de la résistance nationale stationnée à l’Est.
L’Epervier – L’Eufor acquis à la cause de Deby n’a pas vu se déplacer d’Abéché- son quartier général, les troupes armées du MJE qui ont lancé un assaut sur la ville d’Omdourman au Soudan les 9 et 10 mai dernier. Curieux !

Le bluff de neutralité


Le général français Jean-Philippe Ganascia, commandant de la « force européenne » Eufor a affirmé le 9 février dernier que le contingent ne prendra pas partie dans les affrontements entre le régime d'Idriss Deby et les rebelles, mais que les civils seront toujours protégés. Le général Ganascia donnait ainsi des gages de neutralité à la communauté internationale et l’opposition tchadienne après les vives critiques formulées au sujet de son droit de réserve dans le conflit tchado-tchadien. Revirement à 190°: le chef opérationnel de l’Eufor laisse entendre par la suite qu’il attaquera les factions rebelles. L'Eufor n'hésitera pas à attaquer quiconque menace les civils dans l'Est tchadien, prévenait le général français dans une interview accordée à Reuters : "Si j'ai tous les renseignements nécessaires pour savoir que les gens que j'ai en face de moi (les rebelles de l’Est) vont attaquer quelqu’un (y compris Deby), je les attaquerai », fin de citation. De déclarations en déclarations, Ganascia vend la mèche. Il a précisé que l'Eufor entreprendrait de sécuriser l'axe reliant son QG d’Abéché, dans l’Est du Tchad, à N'Djamena. Au bout de cette logique des officiers français: sécuriser les entées principales de la capitale face à l’assaut des mouvements des forces de la résistance nationale.

L’alliance Epervier-Eufor-Deby à laquelle il faut ajouter les mouvements soudanais (MJE et MLS) armés par N’Djamena préfigure, selon un observateur politique tchadien de la balkanisation du Soudan, avec un intérêt géostratégique et économique pour la région du Darfour. La Belgique, l’Italie et la Grande Bretagne ont ouvertement désavoué l’attitude ambiguë de Paris.


La Rédaction de Tchadvision

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