Barack Obama met en place sa stratégie pour gagner la présidentielle américaine

Publié le par Hamid Kelley

Par VIRGINIE ROBERT /  Lesechos.fr

Avec 1.953 délégués contre 1.770 pour Hillary Clinton, au lendemain des primaires de mardi dans le Kentucky et l'Oregon, Barack Obama est tout prêt de la ligne d'arrivée et des 2.026 délégués nécessaires pour emporter la nomination du Parti démocrate à l'élection présidentielle de novembre. Depuis une semaine, sa stratégie est d'ailleurs celle d'un candidat à la présidentielle et non plus à l'investiture. Il parcourt dorénavant les Etats importants pour l'élection du 4 novembre. Il se trouvait mardi soir dans l'Iowa, l'Etat qui l'a mis sur orbite, d'où il a déclaré que sa nomination était désormais « à portée de la main ». Il prévoit d'aller bientôt en Floride - un Etat dont le vote n'a pas été comptabilisé par le parti et qui a voté en masse pour Hillary Clinton - puis dans les Etats de l'Ouest.

Unifier, rassurer

Les défis du sénateur de l'Illinois ne sont pas minces. Il lui faut unifier un parti qui s'est clairement scindé entre les deux candidats et accroître son ascendant auprès de quelques communautés ciblées comme les hispaniques et les « cols bleus ». Il doit aussi s'attacher à rassurer l'électorat juif, préoccupé par la politique internationale qu'il pourrait engager. Barack Obama a les ressources pour poursuivre la campagne qu'il désire dorénavant mener. C'est à nouveau le candidat qui a levé le plus d'argent en avril (31,3 millions de dollars), même si c'est en deçà des 40 millions réunis en mars. Désormais, ses attaques sont essentiellement dirigées contre John McCain, le candidat républicain à la Maison-Blanche.

Pour les médias, l'issue du combat entre les deux sénateurs démocrates est certaine. Mais Hillary Clinton continue de s'accrocher et espère encore forcer la main du Parti démocrate pour arracher l'investiture. Elle a emporté haut la main la primaire du Kentucky par 65 %, contre 30 % pour Barack Obama, et voit dans cette victoire un nouvel argument pour imposer ses vues aux dirigeants du parti. Plus que jamais, elle estime représenter l'électorat traditionnel démocrate (ouvriers et employés). Et ce n'est pas la victoire d'Obama dans l'Oregon (58 % à 42%), l'un des Etats les plus blancs et les plus éduqués du pays, qui pourra la contredire. En effet, elle estime pouvoir être la plus à même d'emporter les Etats qui risquent d'être en ballottage avec les républicains. Elle mise sur la durée, sachant qu'un candidat est toujours à la merci de turbulences inédites dans une campagne et que Barack Obama peut avoir à souffrir d'une nouvelle controverse.

Celle qui veut « briser le plafond de verre le plus résistant du pays pour une femme » n'hésite donc pas à accentuer le bras de fer qui l'oppose aux dirigeants démocrates alors qu'approche la réunion du « rules committee » du parti, le 31 mai. Celui-ci doit décider s'il faut prendre en compte ou non les primaires du Michigan et de Floride et de quelle façon s'y prendre.

VIRGINIE ROBERT

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