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L'échec des négociations entre le RFC et le Gvt

Publié le par Hamid Kelley


Les Brèves de N’djaména : Rencontre de Tripoli, échec et mat / Par tchadactuel

Le RFC n’a jamais cru, ni d’ailleurs Deby ; seuls les intermédiaires ont naïvement mais sincèrement cru à la paix entre la rébellion et Deby. Le Gl Adoum Togoy a « convaincu » Deby, mis une forte pression sur les rebelles en mobilisant tous les notables et cadres civils et militaires de la région pour amener le RfC à la table de négociation. Le Rassemblement des Forces pour le Changement est très conscient des risques qu’il prenait vis-à-vis des compagnons de lutte et de l’opinion nationale: ça ressemblait fortement à une retrouvaille familiale, ralliement séparé, etc.

Deby a développé une intense campagne calomnieuse auprès des différents milieux. Dans certains milieux très sensibles et préoccupés des combats du RFC, Deby a fait savoir qu’il est entièrement disponible à faire la paix avec tout le monde mais c’est l’intransigeance de la direction du mouvement qui est l’obstacle principale. Auprès de l’opinion internationale, Deby a fait croire que les rebelles sont les marionnettes entre les mains du Soudan et qu’il faut faire la paix plutôt avec le soudan, eux (les rebelles) n’ont aucune initiative et décision dans ce domaine. Il faut donc mette à nu cette campagne. A Tripoli, devant les représentants de l’ONU, de l’UE, de la Libye et de la délégation gouvernementale composée de nombreux cadres civils et militaires, ainsi que plusieurs notables des régions du Nord et Est, le RFC a fait des propositions pour une sortie de crise durable et acceptable pour toutes les parties.

Pendant presque un mois, le Gouvernement n’a donné aucune suite aux propositions du RFC et comme les différents observateurs commençaient à s’impatienter, Deby a rappelé d’abord le chef de la délégation en la personne de Mahamat Béchir Okormi, en consultation à N’djamena et par la suite tous ceux qui pensaient ramener la paix avec ces négociations, dont l’initiateur de la rencontre, le Gl Adoum Togoy, le dessaisissant ainsi du dossier, à la façon Deby : brutale et sans respect. Le reste de la délégation attendait avec intérêt le retour de leurs collègues. C’est plutôt Abderamane Moussa, le médiateur national qui s’est pointé à la surprise générale de tous !

Après quelques jours de faux fuyant et des tergiversations, le Chef de la délégation, au cours de la dernière réunion, a fait sortir de sa poche un papier plié en quatre, dont personne ne sait ce qui y est écrit mais il a donné quand même lecture : « Deby déclare amnistier tout le monde et que chacun peut rentrer avec l’engagement solennel devant Dieu et devant le peuple, qu’il ne sera pas inquiété ». Malgré le ton solennel avec lequel le message fut livré, ce fut l’indignation sur les bancs des observateurs et même de la délégation gouvernementale. Certains membres de la délégation gouvernementale ont réagi avec virulence, accusant carrément les politiciens gouvernementaux de saboter la rencontre et refuser la paix, tandis que les observateurs exprimaient leur déception face au manque de volonté du gouvernement et ont remercié et même félicité de la disponibilité du RFC à faire la paix. C’est fut la fin !

Des mercenaires tchadiens pour la Guinée Equatoriale – Malgré la situation périlleuse que vit le pays, Deby ne renonce pas à ses aventures de déstabilisation des pays de la sous-région, et ceci en échange des espèces sonnantes et trébuchantes. Selon nos infos, le nain géant pétrolier, la Guinée équatoriale sera le prochain champ de prédilection des gendarmes de Deby. Le Gabon et La Guinée se disputent un bout d’ile jugé comme d’habitude riche en pétrole ; la Guinée ayant des problèmes logistiques pour conserver ce bout d’ilot contre les appétits de son géant ex protecteur gabonais, alors elle s’est tournée vers Deby ; ce dernier enverra un régiment de son armée bivouaquer sur cet ilot pour une période de 6 mois, renouvelable par tacite reconduction. Le coût initial, hors salaire et entretien des « coopérants » est de 20 millions de dollars pour la période. Le Ministre guinéen qui vient de séjourner à N’djaména a apporté une avance de 5 millions de dollars en espèces, « aide fraternelle de la Guinée équatoriale aux frères tchadiens pour la reconstruction de N’djaména dévastée par des mercenaires venus d’ailleurs ». Sur les 5 millions, Deby n’a déclaré officiellement que deux. Le parrain de la sous région, le président Bongo qui a eu à sauver Deby plusieurs fois, appréciera le comportement provocateur et partial de son protégé à son égard.

Beremadji Félix
N'djaména

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