L' affaire pilatus armé au Tchad: une honte suisse

Publié le par Hamid Kelley


Philippe Wacker, Bure (JU) Jeudi 29 mai 2008


Lorsqu'au Tchad un PC-9 suisse lâche deux bombes à fragmentation sur des objectifs dits militaires (rebelles du Darfour), après son retour, les principales victimes auront été à 90% civiles, dont 20% d'enfants (LT du 26 avril). La Suisse fabrique des Pilatus équipés pour transporter les bombes à fragmentation ou à sous-munitions que la firme suisse Ruag fabrique également. Selon les experts, ces bombes déversent la mort en différé puisqu'elles n'explosent qu'à 80 à 90%, répandant sur place des bombinettes se comportant en véritables mines antipersonnel. En explosant, elles ne tuent pas, mais blessent de telle manière que les victimes viennent grossir le nombre des amputés pris en charge entre autres par le CICR.

Ce sont typiquement des armes de lâche utilisées pour protéger une armée en repli (Afghanistan, Liban, etc.) ou pour frapper directement des civils (Irak, Tchétchénie, Tchad).

Pourquoi la Suisse a-t-elle signé les traités d'interdiction des mines antipersonnel d'Ottawa et n'a-t-elle pas ratifié les propositions nées dernièrement à Wellington visant à interdire leur fabrication?

Le vote récent du Conseil des Etats maintenant la vente de ces armes est une honte humanitaire. Il va falloir que le National y mette fin en ratifiant à Dublin le texte mis au point à Wellington. [...]

On croit rêver lorsqu'on sait que le peuple suisse aide financièrement les victimes des bombes à sous-munitions justement mises au point par des compagnies suisses dépendant du département militaire...



Commenter cet article