Pari perdu pour Clinton

Publié le par Hamid Kelley

Par Marianne ENAULT
leJDD.fr


 Dans la bataille du Michigan et de la Floride, le parti démocrate a finalement opté pour un compromis. Chaque délégué élu dans ces deux Etats, sanctionnés pour avoir organisé leurs primaires avant l'heure, disposeront finalement d'une demi-voix lors de la convention du parti à Denver. Une décision en forme de nouveau revers pour Hillary Clinton, qui comptait sur ces suffrages pour rattraper Obama.


Le dernier joker d'Hillary Clinton est parti en fumée. Réunis samedi à Washington, les trente membres du Comité national démocrate ont opté pour une solution de compromis dans le contentieux électoral de la Floride et du Michigan. Ces deux Etats avaient été sanctionnés pour ne pas avoir respecté les dates des primaires fixées par le parti. Ce dernier avait tout simplement décidé que les délégués élus lors de ces scrutins ne participeraient à la Convention de Denver, qui doit voir le candidat démocrate à la présidentielle être officiellement désigné.

Finalement, chaque délégué élu détiendra une demi-voix lors de la Convention cet été. Dans le Michigan, le Comité a ainsi accordé 69 délégués supplémentaires à Hillary Clinton, arrivée en tête lors de ces deux scrutins, et 59 à Barack Obama. Le Comité a également accepté de répartir les délégués de l'Etat de Floride selon les résultats des primaires de janvier, soit 105 délégués pour la sénatrice de New York et 67 pour son rival de l'Illinois. Mais seule la moitié comptera. Si tous iront à Denver, chacun n'aura en effet qu'un demi-vote.

La colère du camp Clinton

Dans un premier temps, l'ex-First lady avait accepté, comme son rival, les sanctions du parti démocrate, choisissant de ne pas faire campagne dans les deux Etats. Mais au fur à mesure des primaires, et alors que Barack Obama augmentait son avance, la candidate avait revu sa stratégie. Ces derniers temps, elle avait fait de la prise en compte des votes du Michigan et de la Floride son cheval de bataille, y voyant son seul espoir de rattraper le sénateur de l'Illinois. Et de marteler qu'avec ces votes, elle est en avance sur son rival, non pas en terme de délégués mais en terme d'électeurs. Pour défendre sa cause, elle n'avait pas hésité à rappeler le grand traumatisme des démocrates américains: la victoire en 2000 de George W. Bush sur Al Gore, alors que ce dernier possédait plus d'électeurs.

Mais la décision du Comité est venue ruiner les derniers espoirs de l'ancienne Première dame. La nouvelle a été accueillie sous les huées dans le camp Clinton. Ce dernier réclamait notamment 73 délégués pour sa championne dans le Michigan, et aucun pour Obama, dont le nom était absent, à sa demande, des bulletins de vote. Son équipe de campagne dénonce un déni de démocratie, et 600 000 électeurs privés de leur vote. Et comme le camp Clinton n'est pas à une bataille près, des responsables de l'équipe de campagne ont déclaré qu'ils se réservaient le droit de faire appel de cette décision. Ils menacent même de porter l'affaire devant la Convention de Denver.

Dans le camp Obama, des cris de joie ont accompagné la décision du Comité. Le sénateur, lui, a déclaré qu'il approuvait la façon dont le litige avait été réglé. Alors qu'il ne reste plus que trois primaires - Porto Rico ce dimanche, puis le Montana et le Dakota du Sud mardi-, Barack Obama se rapproche un peu plus de l'investiture démocrate.

Et dans cet objectif, le sénateur a tenté de lisser un peu plus son image. Samedi, il a annoncé qu'il quittait l'Eglise de la Trinité unie du Christ après plusieurs sermons incendiaires tenus par le prêtre Michael Pfleger. Ce dernier avait notamment accusé Hillary Clinton de racisme, affirmant que la sénatrice de New York considérait que la victoire lui était due parce qu'elle était blanche. Voulant à tout prix éviter une nouvelle polémique - il avait déjà eu du mal à se sortir de l'affaire Jeremiah Wright, du nom de son ancien pasteur qui avait tenu des propos très hostiles sur les Etats-Unis -, Barack Obama a rapidement géré l'affaire, endossant un peu plus le costume de présidentiable. Reste que dans le camp démocrate, l'inquiétude prévaut. La décision du Comité ne fait en effet que raviver les tensions entre les deux camps. Deux camps qui devront pourtant s'unir s'ils veulent l'emporter en novembre face à John McCain.


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