Sommet de la FAO : Mugabe, Ahmadnedjad et Wade montent aux créneaux

Publié le par Hamid Kelley

Une première journée très politique / RFI

La conférence de Rome parle des besoins alimentaires des humains dans un contexte d’envolée des prix des denrées agricoles. Mais ce sommet donne également l’occasion à certains leaders politiques de «vider leur sac» devant une tribune internationale. Morceaux choisis avec Mahmoud Ahmadinejad, Robert Mugabe et Abdoulaye Wade.


Par l'envoyé spécial de RFI, David Baché

A l’issue de cette première journée du sommet, le sentiment général et consensuel est tout simplement que l’heure est grave. En fait, une vingtaine de chefs d’Etat et de gouvernement ont pris tour à tour la parole pour s’émouvoir de la crise actuelle. Chacun a rappelé les causes de la crise alimentaire. Chacun a rappelé que les populations les plus pauvres meurent de faim. Et chacun a demandé un effort de la communauté internationale pour, d’une part, trouver des solutions d’urgence, et d’autre part, relancer l’agriculture des pays en développement. Beaucoup de discours et de déclarations d’intention.

On peut signaler tout de même l’intervention du Brésilien Lula venu pour défendre la culture des biocarburants ou encore celle du Français Nicolas Sarkozy qui a promis un milliard d’euros pour l’agriculture sub-saharienne.

Alors la journée d’aujourd’hui mardi aura surtout été l’occasion de manifester une prise de conscience nouvelle qui, peut-être, aboutira d’ici la fin de la conférence ce jeudi, à l’adoption d’un plan plus concret.

Le président Wade s’en prend à la FAO


Abdoulaye Wade, le président du Sénégal, a même été extrêmement virulent. Il s’en est d’abord pris à la communauté internationale qu’il accuse de ne pas tenir les promesses faites depuis plusieurs années en termes d’engagement financier, de dons et d’investissement. Et surtout, il s’en est pris à la FAO elle-même qu’il juge tout simplement inefficace avec « ses 3 500 administrateurs qui vont et qui viennent et ses experts qui ne nous apprennent rien ».

Abdoulaye Wade
, Président sénégalais « Au lieu de nous envoyer des experts qui viennent faire ce que nous savons faire mieux qu'eux [...] qu'on nous donne les choses directement, sur place, et on va essayer ! »

Le président sénégalais a appelé de ses vœux la création d’une institution d’aide unique, basée en Afrique, et qui agirait plus directement pour répondre aux besoins des paysans africains.


La présence de Mugabe


Robert Mugabe a également accusé les ONG œuvrant dans le pays de manœuvres politiques visant à déstabiliser son gouvernement.
Rober Mugabe s’est montré offensif et défensif. Le leader zimbabwéen s’est d’abord défendu des attaques qui avaient été lancées contre lui. Il s’en est pris au Royaume-Uni, ancien pays colonisateur, qu’il accuse en fait de ne pas avoir digéré la redistribution des terres.

Le président zimbabwéen a assuré avoir redonné à 350 000 paysans zimbabwéens des terres jusqu’alors détenues par 4 000 Britanniques. Et c’est en représailles que le Royaume-Uni a imposé avec ses alliés occidentaux des sanctions économiques qu’il juge illégales.

Robert Mugabe,
Président zimbabwéen « En représailles aux mesures que nous avons prises pour donner le pouvoir à la communauté noire, le Royaume-Uni a mobilisé ses amis et ses alliés pour imposer des sanctions économiques illégales à notre pays. »


Intervention du président Ahmadinejad

Ahmadinejad a d’abord élevé dans un long préambule la mémoire de l'ayatollah Khomeiny qui a, selon lui, « mis son pays sur la voie de la lumière infinie, de la vie éternelle et de la compassion ». Et surtout, le président iranien s’en est pris implicitement, mais clairement, à Israël et aux Etats-Unis. Il a notamment dénoncé les politiques agressives qui dévaluent le dollar en toute conscience, favorisant, selon lui, la hausse du prix des carburants pour, je cite, « assurer le coût des guerres et des occupations ».
Mahmoud Ahmadinejad, Président iranien « Les grandes puissances se dressent contre le développement de l'énergie propre, c'est-à-dire le nucléaire. »


Le directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), Pascal Lamy, a estimé qu'il fallait « s'attaquer au problème des subventions qui créent des distorsions » des marchés et donnent un «avantage injuste» à certains pays, les pays riches, qui subventionnent massivement leurs agricultures.


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