Le Soudan dément les accusations d'attaque du Tchad

Publié le par Hamid Kelley

N'DJAMENA (AFP) — Le Soudan a démenti mercredi les accusations du Tchad selon lesquelles des soldats et hélicoptères de Khartoum ont attaqué une garnison tchadienne à la frontière des deux pays en soutien à l'offensive de la rébellion tchadienne.

Le porte-parole de l'armée, le général Othman Mohammed al-Agbash, a déclaré à l'agence nationale Suna que les forces armées soudanaises ne jouaient aucun rôle dans le conflit chez son voisin.

"Il n'y a pas de relation entre l'armée soudanaise et l'opposition tchadienne", a-t-il dit à Suna.

Le Tchad a affirmé avoir été attaqué mardi par l'armée soudanaise à la frontière. "Les colonnes de mercenaires envoyés en territoire tchadien ayant échoué à s'implanter dans des points stratégiques, l'armée soudanaise est entrée elle-même en action en attaquant la garnison de l'armée à Adé avec des troupes au sol appuyés par des hélicoptères", a affirmé le gouvernement tchadien.

L'AFP n'a pu confirmer la réalité de cette attaque auprès de sources indépendantes.

Le Tchad estime qu'en "faisant intervenir ouvertement son armée et ses moyens aériens, Khartoum jette ainsi le masque de l'agression contre notre pays". "Cet échelon franchi par les autorités soudanaises a le mérite de clarifier les positions aux yeux de ceux qui auraient encore des doutes sur la responsabilité de Khartoum dans les attaques successives contre le Tchad et notamment dans les combats commencées le 11" juin, insiste N'Djamena.

Le Tchad et le Soudan, qui entretiennent des relations tendues, s'affrontent par groupes rebelles interposés. Après l'attaque, à la mi-mai, par des rebelles du Darfour du Mouvement pour la Justice l'Egalité (JEM) en banlieue de Khartoum, le Soudan avait rompu ses relations diplomatiques avec N'Djamena et l'avait menacé de "représailles".

La France a réaffirmé mardi son soutien aux "autorités légitimes" du Tchad face aux nouvelles attaques de la rébellion, tout en indiquant ne pas avoir "vocation à intervenir militairement".

Le chef d'état-major des armées françaises, le général Jean-Louis Georgelin, a affirmé pour sa part que "l'affaire tchado-soudanaise" n'était "pas du ressort de l'Eufor", alors que le président tchadien a accusé la force européenne de complaisance envers la rébellion.

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