Déby veut profiter du haricot pour avoir de l’huile: il dispose de moyen pour impliquer, tôt ou tard, l’EUFOR dans la guerre au Tchad

Publié le par Hamid Kelley

Refonte des armées françaises: sueurs froides en Afrique


L'Observateur
:
Devant un parterre d’officiers supérieurs de l’armée, Nicolas Sarkozy a présenté, le 17 juin 2008, le Livre blanc de la Défense française. Le document contient les grandes orientations de la défense de son pays pour les dix prochaines années.

Parmi les grandes annonces, on apprend que la grande muette va subir une cure d’amaigrissement d’au moins 54 000 hommes et qu’un effort particulier sera mis sur le renseignement. Dans cet élan de réformes, ce qui intéresse le continent africain est, sans nul doute, le démantèlement de certaines bases militaires et la révision des accords de défense comme promis par Sarkozy lors de son discours en Afrique du Sud.

En attendant que le chef suprême des armées françaises tranche, c’est l’expectative à Abidjan, à Dakar, à Djibouti, à Libreville, à N’Djamena et même sur le reste du continent. Quelle base sera fermée ? Quel sera le contenu des nouveaux accords de coopération militaire ? Personne ne le sait pour l’instant.

Réclamés à cor et à cri par la jeunesse africaine anti-impérialiste, le démantèlement de ces bases militaires et la révision des accords de défense n’ont jamais été, à vrai dire, une exigence longuement mûrie par les pouvoirs en place sous nos tropiques. C’est au gré des circonstances que les rapports sont au beau fixe ou alors s’enveniment avec l’ex-puissance colonisatrice et ses troupes stationnées en Afrique.

En Côte d’Ivoire, on a en mémoire le président Laurent Koudou Gbagbo, parce qu’il n’a pu bénéficier d’un soutien franc et massif du 43e BIMA de Port- Bouët pour mater la rébellion de Guillaume Soro en septembre 2002, et a fait du départ des soldats français une exigence, même si c’est tout juste du bout des lèvres, puisqu’il n’a pas osé franchir le Rubicon en le faisant dans les formes requises entre Etats.

On a aussi vu le président tchadien, Idriss Déby Itno, tresser des lauriers à la France pour l’intervention des militaires du dispositif Epervier qui lui a permis d’être encore aux affaires à N’Djamena. La suite, on la connaît, c’est la grâce inespérée dont ont bénéficié les membres de l’Arche de Zoé.

C’est dire qu’aucun chef d’Etat des pays où sont stationnés des soldats français ne peut jurer, la main sur le cœur, qu’il peut se passer définitivement de ce soutien décisif de l’ancienne puissance colonisatrice. Et dans un contexte de vie chère, aggravée par une sévère crise alimentaire avec en corollaires des risques évidents de troubles sociaux et politiques, plus que jamais, nos rois nègres ont besoin de la France pour se sentir en sécurité dans leurs douillets palais présidentiels.

Le même Déby, qui appelait de tous ses vœux le déploiement de l’EUFOR, la force européenne au Darfour, est déjà en train de retourner sa veste contre elle : face à une rébellion qui a subitement repris du poil de la bête et qui est en train de se lancer à l’assaut, avec succès, de N’Djamena, le premier des Tchadiens n’a pas trouvé mieux que d’accuser cette force de complicité avec les assaillants.

Avec la fulgurante progression réalisée sur le terrain par les hommes du général rebelle Mahamat Nouri, le président Idriss Déby, qui a espéré en vain une intervention de l’EUFOR, se pose aujourd’hui et publiquement des questions sur « la neutralité » et « l’utilité » de cette force, basée à l’est du Tchad. Alors, dans un discours, il a dénoncé l’attitude des soldats européens, qui refusent d’intervenir contre les rebelles. Alors que cette intervention aurait pu, selon lui, « prévenir les meurtres de civils et de réfugiés ».

Pourtant, le mandat de l’EUFOR est clair comme de l’eau de roche : il ne s’agit pas de protéger le régime de Déby, mais bien les réfugiés du Darfour. Mais voilà, Déby veut profiter du haricot pour avoir de l’huile. Et pour sûr, il dispose de moyen pour impliquer, tôt ou tard, l’EUFOR dans cette guerre : il lui suffira d’envoyer un commando déguisé en rebelles kidnapper quelques soldats européens. Mais ce serait un jeu dangereux, car, si son coup foirait, il se mettrait du même coup dans de beaux draps.

Mais la France va-t-elle laisser sombrer le soldat Itno sans lui venir en aide ? Rien n’est moins sûr, car si depuis le début de la rébellion elle a toujours nié, contre toute évidence, toute intervention de ses militaires contre les rebelles, elle a au moins toujours reconnu être utile à N’Djamena dans le renseignement et l’appui logistique. La réforme militaire de Sarkozy prône la mise d’un accent sur le renseignement.

Déby peut alors se réjouir pour l’instant, car le renseignement, c’est l’un des appuis déterminants dont il bénéficie de la part de la France. D’ailleurs, les réformes annoncées par Nicolas Sarkozy doivent inspirer plus d’un chef d’Etat africain. Dans nos pays, pauvres et très endettés, l’armée reste un lourd fardeau budgétaire, car ployant sous le surnombre des effectifs.

Faire des coupes claires dans leurs rangs serait donc la bienvenue. Mais encore faut-il que les princes qui nous gouvernent aient intérêt à le faire ! En effet, il est difficile de réussir une telle réforme dans nos républiques bananières, où les forces armées sont là davantage pour défendre le régime en place que pour assurer la défense du territoire national.

San Evariste Barro

Publié dans Actualités

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Taha Doungouss 20/06/2008 09:15

TCHAD: La démocratie des hommes en armes.

Ce maxime est prononcé par le ministre tchadien de l'agriculture Raymond Naimbaye Lossimian, au cours d'un conseil sultano-gouvernemantal ce vendredi 19 juin 2008. Le but de ce conseil réduit, convoqué à l'iniative de Timane Deby, par Idriss Deby interposé consisterait à intimider et menacer, le ministre de l'agriculture de rentrer dans les rangs ou de mourir.Il faut noter que depuis la mise en place du gouvernement de Youssouf Saleh Abbas, quelques politiciens qui devaient être en principe dans le garage et en pièces détachées ont pris du service au nom d'un accord controversé du 13 août 2007, ou les tchadiens ignorent encore totalement son contenu et à sa portée. Pendant que le pouvoir pensait que la traversée du désert qu'ils ont connu, et les ennuis financiers qui les obligent à la survie, nos membres de la CPDC, doivent danser au rythme de la musique du gouvernement de YSA. C'est à prendre ou à laisser. Mais voilà que Naimbaye Lossimian sort ses gants, et prêt à vivre de l'eau et du pain sec.

Pour rappel, Naimbaye Lossimian est un commis de l'état dans le sens administratif du terme. Il était membre du gouvernement du premier président tchadien François Ngarta Tombalbaye dans les années 60.A cette époque là, l'actuel président Idriss Deby et ce qui lui restait des miettes des colaborateurs étaient encore au banc d'école,et un conseil des ministres est assujeti à des normes et à des procèdures. En effet, depuis qu'il avait le porteuille de l'agriculture malgré lui, Naimbaye Lossimian s'est nettement disntingué en conseil des ministres depuis avril 2008,comme s'il était un ministre d'un pays normal comme le Cameroun, le Mali ou le Niger. De tous les conseils des ministres qu'il avait pris part jusqu'ici, Naimabaye Lossimian a toujours fait des remous. Il menace d'inscrire tel ou tel question à l'ordre du jour du conseil pour un débat ministériel. Par exemple le 12 mai 2008, le conseil de ministre s'est réunie autour d'un seul point à l'ordre du jour et Idriss Deby a décidé unilatéralement de ce qui est convenu d'appeler l'agression soudanaise, ou les conséquences étaient la fermeture des frontières, et la défense de l'écoute de la musique soudanaise qui n'est pas la proprieté du gouvernement soudanais. En tout cas, beaucoup d'éléments démontrent qu'il était furieux et avait souhaité un débat sur la question. Des sources politiques dignent de foi, font prévaloir que le Ministre de l'agriculturte a interpellé son président et son gouvernement a changé des tactiques pour briser carement la glace en regardant la vérité en face.


Ce jour là, 12 mai 2008, après le conseil des ministres, Naimbaye Lossimian vociférait dans les couloirs de la présidence, que le Tchad est dirigée par une junte militaire. La présidence elle même est une caserne et les membres du gouvernement, ne sont ni plus ni moins que des soldats qui éxécutent des ordres.Quant à lui, la solidarité gouvernemental à des limites, et il refuse d'être un ministre soldat.J'imagine à l'instar de Younousmi et Ahamat Bachir qui courent dans tous les sens pour satisfaire les humeurs du chef. Pour ses autres collègues qui l'ont accosté à la sortie Naimbaye Lossimian argumente que le Tchad n'est pas exposé à une agréssion et du moment ou le Tchad n'est pas en mesure d'apporter le fardeau de la preuve d'une agréssion soudanaise, il serait judicieux de traiter la question sans émotions et avec beaucoup des finesses politiques. Selon Naimbaye pourtant membre du gouvernement,il trouve que les conditions d'une agréssion soudanaise se sont pas réunies et cette pillule serait difficile à faire avaler et pour les tchadiens et pour la communauté internationale. Le gouvernement doit trouver un autre mobile pour sensibiliser la communauté internationale et avoir son adhésion. Le problème tchadien,disait-il n'est au Soudan, mais il est au tchad, car tous les chefs des rebelles sont des tchadiens et de sucroit des anciens colaborateurs de Idriss Deby. Avez vous compris quelque chose ?



Taha Doungouss