Le RFC serait en négociation sécrète avec le régime à Wadi Barid

Publié le par Hamid Kelley

L’épreuve de la division
Par D.D de N’djamena-matin


Idriss Deby multiplie par ces temps d’accalmie des assauts déstabilisateur au sein de la Résistance Nationale. Les coulisses du palais présidentiel bruissent dès lors d’anecdotes sur les lectures et les orientations politiques du dictateur de N’djamena.


Le mégalo Deby s’est découvert une vocation pour la littérature politique. Vocation tardive ? Vocation  intéressée ? N’empêche ! Il faut bien meubler l’agenda présidentiel. Sur les traces du noble italien mû par l’ivresse du pouvoir, l’autocrate a conjuré la pensée perfide de Nicolas Machiavel : « 
Contente-toi d'obtenir d'un homme son arme, sans lui dire que c'est pour le tuer avec; quand elle sera dans ta main, tu pourras satisfaire ton envie ». Le Discours sur la première Décade de Tite-Live  est une maxime que Deby entend expérimenter pour fragiliser l’unité de la Résistance Nationale.


Des tractations sont menées depuis plus d’une semaine à wadi-barid non loin de Guereda entre
une délégation envoyée par Timan Erdimi du Rassemblement des Forces pour le Changement (RFC) et la clique d’oligarque de N’djamena dirigée par le fameux général Mahamat Saleh Brahim. « Real politik » oblige, la  nouvelle stratégie du pouvoir illégitime tchadien consiste à faire croire à l’opinion nationale et internationale qu’ « on peut discuter avec l’opposition, même si c’est n’est qu’une faction sans grande influence » comme l’a laissé entendre sous l’anonymat un « envoyé spécial » de Deby chargé de ce rapprochement des bords politiquement incorrects.


Le prix de cet équilibrisme politique est connu : Diviser pour mieux asseoir son pouvoir. L’adepte de Machiavel n’a toutefois pas assimilé ses maximes dans leur intégralité. Le mégalo-dictateur oublie que tout  marchandage politique pour perpétuer un régime « craint » se paye tragiquement. Les pages de l’histoire contemporaine se sont écrites dans des révoltes populaires contre ces despotes qui ont enchaîné et gouverné d’une main de fer leur peuple. Les préceptes machiavéliennes sont comme des formules chimiques dans des tubes à essais. Une inadéquation des maximes produit toujours des étincelles. «  l'ambition
des hommes est telle que, pour satisfaire l'envie du moment, ils ne pensent à aucun des maux qui doivent bientôt en résulter ».



Mariage politique de circonstance ou tentative de déstabilisation de la Résistance Nationale? On est en droit de se demander à quel jeu joue réellement le RFC depuis l’assaut sur N’Djamena en février dernier à nos jours dans l’opposition armée? En tout cas, le jeu de cache-cache n’est pas payant dans ces circonstances
le peuple est entrain de sombrer dans la désolation totale. On est opposant ou on ne l'est pas. Le RFC doit donner des explications aux tchadiens. L’idylle entre Deby et Erdimi enfantera  « en ces temps de paix des mercenaires qui dérobent, en temps de guerre, ils désertent »… 

 

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