Rolland Raucoules et ses deux compagnons, qui étaient venus livrer des armes aux rebelles tchadiens, ont dû être enlevés par les services secrets libyens

Publié le par Hamid Kelley

Trente ans après, le frère d'un pilote disparu lance un appel à l'Elysée

Jean-Claude Raucoules, le frère d'un pilote disparu en 1978 en Libye ou au Tchad avec deux autres personnes, sollicite Nicolas Sarkozy pour obtenir des informations sur leur sort auprès de la Libye.

Le frère du pilote d’un avion DC-3 disparu le 28 juillet 1978 au Tchad ou en Libye avec deux autres membres d’équipage a lancé lundi un appel au président Nicolas Sarkozy, pour qu’il obtienne des informations sur leur sort auprès de la Libye.
«Rolland Raucoules et ses deux compagnons, qui étaient venus livrer des armes aux rebelles tchadiens, ont dû être enlevés par les services secrets libyens parce qu’ils refusaient de tenter une opération contre les avions français basés à Djamena», a déclaré à l’AFP Jean-Claude Raucoules, frère cadet du disparu, à l’occasion du 30e anniversaire du départ des trois hommes de l’aérodrome de Rodez.

Selon le quotidien L’Indépendant de Perpignan, qui évoque l’affaire lundi, Rolland Raucoules, né en 1935, ancien activiste de l’Algérie française, grâcié en 1968, avait ensuite eu des activités de mercenaire, successivement comme pilote du dictateur nicaraguayen Anastasio Somoza puis du président du Gabon Omar Bongo. Il aurait aussi travaillé avec les services secrets.

Son frère s’appuie sur le témoignage d’un ancien rebelle, aujourd’hui disparu, Chaïbo Bichara qui affirmait en 1980 avoir vu les trois hommes dans un camp de prisonniers en Libye.

A la faveur du réchauffement des relations franco-libyennes, illustrées par la libération des infirmières bulgares, il a repris les démarches entreprises en vain auprès du président de l’époque Valery Giscard d’Estaing.

Jean-Claude Rancoules a déjà eu deux échanges de correspondance avec la présidence de la République depuis l’été 2007. Le chef de cabinet de Nicolas Sarkozy a d’abord indiqué en octobre que l’ambassadeur de France à Tripoli avait été «instruit de la démarche» de la famille. Le 27 juin 2008, l’Elysée a ajouté que la démarche en direction de la Libye «n’a pas, à ce stade, fait l’objet de réponse de la part de cet Etat».

«Il y a eu les infirmières bulgares, maintenant Ingrid Bétancourt a été libérée, alors je me dis "pourquoi pas?", je supplie directement le Président de la République de faire quelque chose pour qu’on sache enfin la vérité et qu’ils sortent s’il y a encore une seule chance qu’ils soient vivants», a déclaré Jean-Claude Rancoules

LIBERATION

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