L’insécurité au Tchad encore et toujours

Publié le par Hamid Kelley

L’insécurité inquiète les humanitaires

« L’insécurité, une menace grave pour les humanitaires ». C’est le titre que notre confrère L’observateur donne pour annoncer que « de juillet 2007 à juin 2008, 111 incidents sécuritaires ont eu lieu avec 7 décès ». « La dernière en date remonte au samedi 26 juillet. C’était vers 19h45, lorsqu’à la lisière du quartier résidentiel des délégués du CICR, plusieurs hommes armés de fusils d’assaut ont intercepté deux véhicules humanitaires et ont ouvert le feu sur les personnes à bord, blessant l’une d’entre elles. Certaines de ces personnes étaient vêtues d’uniformes militaires », constate L’Hebdomadaire.

Pour l’hebdomadaire N’Djaména Bi-hebdo, c’est « le ras-le-bol des humanitaires ». Rapportant la conférence de presse donnée le 29 juillet 2008 par le coordinateur des activités humanitaires au Tchad, Monsieur Kingsley Amaning, « certaines organisations humanitaires, à cause de justement de ces incidents, ont été obligées de suspendre ou de réduire temporairement leurs activités ». Du coup, « entre 90 000 et 100 000 bénéficiaires des opérations d’assistance humanitaire sont affectés par l’arrêt et la suspension des activités, soit 20 à 25% ». Annonçant la réaction du gouvernement par rapport aux inquiétudes des humanitaires, notre confrère rapporte que « le ministre de la Défense a déclaré aux humanitaires de ne pas dramatiser les événements survenus le 26 juillet dernier ».

Dans le même chapitre de l’insécurité, le quotidien Le Progrès, dans un entrefilet, rapporte dans sa livraison du lundi 4 août, qu’ à Abéché, « après le passage à tabac du chef d’exploitation de la Société Tchadienne d’Eau et d’Electricité (STEE), Oumar Nadji, pour une coupure d’électricité due à un arrêt subit de l’un des groupes électrogènes alimentant la garnison militaire, c’est au tour d’un fabriquant d’articles en cuir d’être victime d’une bavure militaire. L’artisan Mahamat Nassir a osé refuser le prix dérisoire de 5 000 Fcfa que les militaires lui ont proposé pour la fabrication de pochettes de bazooka ». Dans sa livraison du jeudi, notre confrère titre à nouveau : « A défaut de les barrer, ils coupent les routes », se référant ainsi à la décision du gouvernement de lever les barrières installées anarchiquement sur les routes à travers le pays. « En deux semaines, plus de trois véhicules de transport ont été attaqués par des inconnus sur la route Massaguet-Ngoura », dont la dernière date de fin juillet, « près du village Khichémak, faisant deux morts et cinq blessés ». Pour un chauffeur, rapporte le quotidien, « ce phénomène est la conséquence directe de la levée des barrières. Ceux qui étaient autour des barrières sont frustrés de se voir extraits de leur vache à lait. C’est pourquoi, ils se sont transformés en coupeurs de route ».

source: cefod

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